Kuala Lumpur

INSOLITE - Ils font le tour du monde en famille !

Faire le tour du monde en famille ? Beaucoup y ont pensé sans jamais oser. Après avoir traversé le Vietnam, le Cambodge et la Thaïlande, avoir été confrontés aux ladyboys de Georgetown, affronté les milles pattes des Cameron Highlands, les sangsues et les fourmis géantes du Taman Negara et approché les poissons préhistoriques du lac Bera, Olivier, Anne-Marie et les jumelles Paméla et Laëtitia débarquent à Kuala Lumpur. Rencontre avec ces quatre aventuriers grenoblois.

Un vieux rêve de la Polynésie française
Olivier a toujours aimé la Polynésie française, avant même de la connaître. Son rêve de découvrir un jour ce petit coin de paradis est exaucé lorsqu’il épouse Anne-Marie. C’est là qu’ils partent en voyage de noces. Ce voyage ne fait que renforcer l’attirance d’Olivier pour ce bout de terre au milieu de l’océan Pacifique. Sa femme lui promet alors de l’y emmener pour leurs dix ans de mariage. Elle tient sa promesse ; ils y retournent en 2007 avec Paméla et Laëtitia, les deux jumelles venues agrandir la famille. Olivier ne se lasse pas des îles paradisiaques. De retour en France, il en a souvent la nostalgie. D’ailleurs, il regarde les actualités polynésiennes, et, au grand dam de Madame, écoute même la radio locale, tiaré FM !

Si ça ne tenait qu’à lui, le père de famille pourrait très bien y vivre, mais sans "ses trois nénettes", ça n'a pas de sens. "La Polynésie c’est le paradis sur terre" reconnaît Anne-Marie, "mais je n’y vivrai pas". Ils font un compromis : ce sera six mois de tour du monde, ou plutôt de tour d’Asie, et six mois de Polynésie.

Le stress des préparatifs
Avant de se décider complètement et de l’annoncer à leurs proches, les parents ont longtemps cogité : Comment convaincre les jumelles qui refusent de quitter leurs copines et de se priver de leurs cours d’équitation ? Faut-il vraiment les emmener ? Que faire de la maison ? "Mais comme on fait toujours des trucs pas comme les autres... " rigole Olivier. "On s’est tout simplement dit ‘’on y va’’ " poursuit Anne-Marie.

Les préparatifs ont été durs."Il y avait une pression terrible" raconte Anne-Marie. Comment faire tenir "un an dans les sacs à dos" ? Il leur faut envisager chaque situation, chaque climat pour chaque pays traversé. Les aventuriers ont chacun leur sac de couchage, leur moustiquaire et leur lampe frontale et Olivier transporte une vraie pharmacie ambulante. Attention, ce n’est pas parce qu’on part à l’aventure qu’on transige sur l’école ! Plutôt que d’emmener les kilos de livres du CNED, la famille a réussi à obtenir les fichiers sur informatique. Ils voyagent avec deux ordinateurs et deux disques durs en plus de leurs sept guides de voyage. Olivier n’a pu empêcher sa femme d’emmener sèche-cheveux et autres produits de beauté. Avec tout ça, les jumelles ont chacune un sac d’une dizaine de kilos sur le dos, leur mère le double et leur père environ 24 !

Le challenge "un an dans les sacs à dos" brillamment relevé par la petite famille, c’est maintenant l’heure des adieux. Il y a eu des larmes, beaucoup de larmes. Les jumelles ont même fait un exposé en classe sur leur tour du monde ! Les parents reconnaissent que le début du voyage a été ponctué de petites tensions : arracher à leur environnement, à leurs amis, à leurs habitudes des enfants de 13 ans n’a pas été facile.

Des aventuriers dans l’âme
Après avoir atterri à Hanoï le 17 août, nos Grenoblois ont parcouru le Cambodge, un peu en tuk-tuk et la Thaïlande, un peu à dos d’éléphants, un vrai bonheur pour les deux jeunes cavalières. Leur itinéraire, ils l’ont réalisé avec l’idée de s’enrichir de la spécificité de chaque pays traversé. Anne-Marie s’applique à coudre les drapeaux de tous les pays visités sur les sacs à dos de ses filles. Après la Malaisie où le Petit Journal les a rencontrés, ils iront à la découverte de Singapour, de l’Indonésie puis de l’Australie. Avant de rejoindre le paradis polynésien d’Olivier, ils devraient faire une escale en Nouvelle-Zélande. Pour la fin du voyage, rien n’est encore fixé. Peut-être ne resteront-ils que trois ou quatre mois en Polynésie, peut-être prendront ils un billet d’avion pour le continent américain. Qui sait ?

Pour l’heure, la petite famille prolonge ses séjours au gré de ses envies. Ils n’ont pas d’impératif. Le seul billet d’avion qu’ils aient pris est Paris-Hanoï. C’est donc en bus ou en train que les aventuriers avalent les kilomètres ;"ça permet de faire des rencontres, ce qu’on ne peut pas faire dans les avions " explique Anne-Marie. "On prend le temps de discuter, de se redécouvrir aussi", poursuit-elle. Leur voyage, ils l’ont prévu dans les grandes lignes. Ce sont des baroudeurs, des vrais. Le logement, ils voient sur place. Jamais, ils n’ont réservé à l’avance. "Pas une seule fois", assurent-ils.

Moins réjouissant, mais tout aussi important : et les cours comment ça se passe ? Si nos deux jeunes aventurières semblent plutôt sages, "curieusement, elles se lèvent plus facilement pour faire un trek que pour faire des maths !" s’exclame Olivier. Chaque jour, deux à trois heures sont consacrées au travail scolaire. Les jumelles qui sont en 5e ont 12 séquences du CNED à réaliser au cours de l’année. Les cours sont à gérer comme elles l’entendent, ou plutôt comme les parents l’entendent, mais des contrôles sont à transmettre au CNED, par la poste, à des dates fixes. Lors de leur semaine aux Cameron Highlands, leurs 7 contrôles les ont occupées pendant trois jours complets. Papa et Maman jouent les professeurs. Lorsque l’un fait la classe, l’autre met à jour le blog.

Une arrivée en Malaisie mouvementée et des tas de souvenirs à raconter
Quitter la Thaïlande pour la Malaisie a été toute une aventure pour la petite famille. Après une journée de plongée sur l’île de Koh Tao, ils doivent passer la frontière avant que leur visa thaïlandais n’expire. Au terme d’une journée contre-la-montre dans les transports, ils passent la frontière à 20h, une heure avant que celle-ci ne ferme ! C’est à pied qu’ils franchissent la zone franche de près d’un kilomètre. Arrivés dans la première ville malaisienne après la frontière, impossible de trouver un hôtel. Une convention s’y tient et tout est complet. Direction Butterworth en espérant y avoir plus de chance. Arrivés dans une véritable "cour des miracles" selon Anne-marie, ils finissent par trouver, exténués, un hôtel sur le coup des 2h du matin. Ouf !

Il n’est pas rare que nos quatre aventuriers épatent les locaux. Aux Cameron Highlands, lors d’un trek à la recherche du rafflesia, le guide s’est étonné d’être toujours suivi de très près par ces petits Frenchies. Il faut dire que la montagne, ça les connaît ! Après avoir contemplé la plus grosse fleur au monde, ils se sont adonnés à la sarbacane. Là encore le guide a été très surpris qu’Anne-Marie se montre tout simplement meilleure que lui !

Si nos Grenoblois se sont sentis à leur aise dans la fraicheur des Cameron Highlands, ils ont moins ri, quelques jours plus tard au cœur du Taman Negara. Les quatre téméraires se sont lancé le défi de passer une nuit dans la jungle. Après avoir acheté quelques provisions, ils s'attaquent à la jungle, sans guide… Au terme d’une promenade en pirogue et d’un trek de deux heures, chacun s’est fait attaqué par au moins cinq sangsues. Ils arrivent enfin à l’observatoire où ils comptent passer la nuit. Le temps de brûler avec un briquet les dernières sangsues restées accrochées (ils sont maintenant experts pour s’en débarrasser) et de panser les blessures, ils réalisent le silence pesant qui les a envahi au milieu de la jungle. La petite famille se sent seule et vulnérable. Il pourrait leur arriver n’importe quoi ! Les parents hésitent même à rebrousser chemin mais c’est trop risqué.

La nuit est mouvementée, une vraie nuit d’Halloween avant l’heure entre les hurlements de Laëtitia suite à la découverte d’une araignée grosse comme une main et le réveil en sursaut alors que des rats ("ou autre chose on ne veut pas savoir ! ") déchirent le sac poubelle et grattent à la porte qui ne ferme pas mais qu’Olivier a coincée avec des pierres. Anne-Marie n’a pas dormi de la nuit : "Dans la jungle, la nuit, lorsqu’on passe sa main devant son visage, on ne la voit pas. Je me disais que s’il y avait un serpent ou autre chose, je ne le verrai même pas !". Olivier est lui resté aux aguets la main jamais très loin de son couteau. Le lendemain, la petite famille n’a pas trainé pour plier bagages !

Un coup de cœur pour la Malaisie
Si nos quatre aventuriers téméraires ont vécu dans le Taman Negara la pire nuit depuis leur départ de France, et peut-être même de leur vie, la Malaisie semble être le pays qu’ils ont préféré. C’est "un beau pays avec des gens qui ont une belle mentalité" estime le père.. Anne-Marie renchérit : "C’est un vrai bonheur, les  gens sont accueillants, souriants". En Thaïlande, ils ont été déçus de n’avoir des sourires que lorsqu’ils parlaient affaire. Ils ont su apprécier chaque pays précédemment traversé mais y ont vu des choses difficiles. "Il y a peut-être de trop grandes différences pour qu’on puisse vraiment s’y sentir bien. C’est une expérience de vie ", analyse Olivier, " On se prend de grandes claques dans la gueule. En quelque sorte, on apprend à vivre différemment et ça nous permet de nous rendre compte à quel point nous sommes matérialistes" poursuit ce père de famille. Pourtant, il semblerait que ce côté matérialiste ait un tout petit peu manqué à ces  "citadins", comme ils aiment à le rappeler.

Lorsque les quatre membres de la famille sont arrivés en Thaïlande, ils ont eu l’impression de retrouver la modernité avec ses gratte-ciels, ses immenses centres commerciaux... Ils s’y sont sentis plus à l’aise. Lorsqu’ils arrivent en Malaisie, c’est encore un cran au-dessus, un vrai "luxe". "A Kuala Lumpur, j’ai senti du parfum pour la première fois depuis deux mois et demi" s’exclame la maman, ravie. "Quand j’ai lâché mes nénettes chez H&M, elles sont devenues folles" poursuit Olivier en riant.

Attendez donc de voir Singapour pour le vrai grand écart les amis !

Nous, on a hâte de lire la suite de vos aventures sur http://4sakado1aventure.canalblog.com/

Camille Bondu (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Jeudi 1er Novembre 2012

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