AMENDEMENT NUTELLA - La taxe française sur l’huile de palme qui fâche la Malaisie

L’amendement du sénateur Yves Dodigny qui vise à taxer l’huile de palme fait grincer des dents. Les grandes enseignes utilisant ce composant alimentaire (Nutella) tout comme les pays producteurs montent au créneau pour défendre le précieux liquide. La Malaisie, qui regroupe avec sa voisine indonésienne, 90% de la production mondiale se sent particulièrement concernée. Quelle sera la stratégie de défense de ce géant de l’huile de palme ?

Une augmentation de la taxe à 300%
Coup de tonnerre au parlement français ! L’amendement qui vise à porter à 300% la taxe sur l’huile de palme, rebaptisé "amendement Nutella" a été adopté par la Commission des Affaires sociales du Sénat.

Si l’affaire fait tant de bruit dans la presse française, c’est que l’huile de palme est présente dans de nombreux composants alimentaires. Essayez donc de préparer un goûter pour vos enfants sans tomber dessus. Nutella, brioche, corn flakes, plats préparés…. Le liquide se retrouve dans pas moins de 13% des produits disponibles dans les supermarchés et grandes surfaces de l'Hexagone.

Pour le sénateur du parti socialiste, Yves Dodigny, cette taxe ne vise pas tant à changer les habitudes des consommateurs qu’à envoyer un signal "à destination des industries agroalimentaires pour qu'elles substituent à ces huiles de nouvelles compositions plus respectueuses de la santé humaine". Outre la dimension écologique, (la production d’huile de palme provoque la destruction forestière), le parlementaire met surtout en avant la dimension sanitaire. En effet, dans la composition du liquide, l’acide palmitique, un acide gras saturé, est pointé du doigt et dit nocif par de nombreux experts comme l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).

La Malaisie indignée
Avec déjà des difficultés à écouler ses stocks (notre article), la Malaisie a toutes les raisons de s’inquiéter au sujet de cette taxe. Pour mémoire, les deux nations musulmanes voisines représentent 90% de la production d’huile de palme au niveau mondial. L’industrie oléagineuse est cruciale pour le pays, surtout depuis l’entrée en bourse de la FELDA, principal planteur (notre article). Ainsi, dans un communiqué publié le 12 novembre par le Conseil malaisien de l’huile de palme, la Malaisie exprime ses inquiétudes et se dit "très préoccupée par la mesure du sénateur français Daudigny" indiquant que "240.000 petits paysans dépendent de cette activité pour leur survie" et que des "milliers d'emplois sont liés à cette industrie"

Concernant la composante écologique du problème, la Malaisie précise qu’elle s’est engagée à protéger le pays de la déforestation avec "une couverture forestière sur 50 % de son territoire en dédiant 24 % à l'agriculture". Le conseil rappelle alors avec un sous-entendu assez explicite qu’à l’inverse "La forêt ne couvre que 24 % du territoire en France, alors que les terres agricoles en occupent plus de 50 % ".

De même, au sujet de la composante sanitaire, les autorités malaisiennes expliquent que la majorité des graisses saturées consommées en France proviennent d’aliments d’origine animale et non de l’huile de palme. Le communiqué ajoute, non sans une pointe d’ironie que les Français consomment "24 kilos de fromages par habitant et par an ", un régime alimentaire jugé plutôt nocif de l'autre côté du monde.

Enfin, le communiqué évoque le timing inadéquat de cette taxe qui surgit "après le début de pourparlers entre les représentants des producteurs d'huile de palme malaisiens et des représentants français des autorités, de l'industrie et de la société civile pour corriger certains préjugés contre l'huile de palme".  Le texte se conclue sur un avertissement  : "La Malaisie appelle le gouvernement français à rejeter la proposition du sénateur Daudigny. La taxe qu'il suggère constitue une attaque agressive et gratuite contre l'huile de palme".

Débat au sein du parlement français
Si Yves Daudigny, le sénateur PS, affirme aujourd’hui que "l'amendement sera maintenu et a des chances d'être voté", la ministre de la Santé, Marisol Touraine s’est montrée plutôt réservée face à cette taxe, "Il est normal de s'occuper de l'impact sur la santé de l'huile de palme, mais je ne suis pas certaine que ce soit à l'occasion d'un amendement purement financier que l'on puisse engager le débat ". Cette taxe pourrait néanmoins rapporter 40 millions d’euros par an à l’Etat.

L'affaire semble mal engagée pour l'huile de palme malaisienne mais que les gourmands se rassurent cependant, Nutella a de son côté fait savoir qu’elle ne changerait pas la recette de sa pâte à tartiner !

Renaud Voisin (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Mercredi 14 novembre 2012

 
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