WORK IN THE CITY JHB - Il faut cultiver votre réseau !

Xavier Leroy Managing Director du cabinet de recrutement international Egon Zehnder en Afrique du Sud a évoqué son parcours et l’environnement économique en Afrique du Sud lors d’une rencontre avec Work In The City Johannesburg le 15 novembre dernier. Ses conseils pour réussir à intégrer le monde professionnel à l’international.


Un parcours international dès l’enfance.

Après des études à Paris il a effectué sa coopération à Johannesburg puis intégré un cabinet de conseil dont il a ouvert le bureau à Hong Kong entre 1995 et 1997. Il a passé ensuite trois ans au Japon, a vécu à New York puis est rentré en France pour Sanofi mais avec l’idée de repartir. En 2005 il rejoint Egon Zehnder. En 2012 il crée à Johannesburg la filiale pour l’Afrique Australe de ce cabinet qui fait partie du club très fermé des leaders mondiaux de l’Executive Search. Son activité se décline en trois principales missions : recruter des dirigeants, évaluer des équipes de direction, et recruter des administrateurs pour les compagnies les plus importantes du pays. Egon Zehnder travaille pour la clientèle du sommet de la pyramide qui peut se permettre de débourser des honoraires conséquents pour ses missions.

Ce positionnement, ainsi que son expérience du pays donnent à Xavier Leroy un angle de vue particulier sur la situation économique en Afrique du Sud. Il nous a donné quelques conseils pour nous orienter dans nos recherches professionnelles.

Quels secteurs d’activité faut-il viser lorsqu’on recherche un emploi à Johannesbourg?

Contrairement aux idées reçues, l’Afrique du Sud n’est pas un pays très industriel. Les compagnies minières qui représentaient en 1994 la moitié du PNB n’en représentent plus aujourd’hui que 5% suite aux démantèlements stratégiques qui ont eu lieu après la fin de l’apartheid. L’industrie compte pour 10% du PNB. C’est le secteur des services et notamment les services financiers qui ont connu les taux de croissance les plus importants, c’est là qu’il faut orienter vos recherches en priorité. L’un des atouts importants dont vous disposez est la maîtrise du français. De plus en plus d’entreprises sud-africaines cherchent à s’implanter dans le reste de l’Afrique, et notamment en Afrique francophone, et très peu de sud-africains maîtrisent notre langue. Il y a un certain nombre d’entreprises d’ingénierie et de conseils en BTP notamment qui sont à la recherche de francophones.

Comment trouver des opportunités d’emploi en Afrique du Sud ?

L’erreur serait de se contenter de répondre à des annonces. Beaucoup d’employeurs publient des annonces mais ont déjà des candidats sérieux pour les postes publiés. La meilleure chose à faire est de développer votre réseau et de vous faire connaître. Il faut faire jouer la force des liens faibles selon l’expression du sociologue Granovetter. On peut obtenir beaucoup plus d’appui dans la recherche d’emploi par des liens faibles que par des liens forts. Quelqu’un que vous ne connaissez pas bien aura moins de mal à vous recommander que s’il vous connaît trop bien. Si vous ne faites pas l’affaire, on lui reprochera moins que si c’est quelqu’un qui est très proche de vous et dont vous auriez dû savoir qu’il ne conviendrait pas. Il faut donc cultiver vos liens faibles en réseautant. Et il ne faut pas se contenter de réseauter dans le milieu francophone, il faut s’ouvrir sur la société sud-africaine, provoquer les occasions de rencontres et raconter votre histoire, dire ce que vous recherchez.

Comment pratiquement ouvrir son réseau ?

Les écoles sont généralement une première possibilité pour les gens qui ont des enfants. Les fêtes d’écoles ou tournois de sport sont une façon de rencontrer d’autres parents. Dans le monde professionnel sud-africain, j’ai identifié trois réseaux importants. Un premier réseau, anglophone, s’est constitué autour des anciens élèves des bons lycées (il y en a tout au plus une dizaine, généralement les internats des Midlands du Kwazulu Natal) dont les pères ont aussi été dans les mêmes établissements. Ces gens ont fait ensuite des études de CPA (Chartered Accountant) à l’Université du Cap (UCT) et sont passés par les cabinets d’audit, puis devenus directeurs financiers, etc. Il y a ensuite un réseau afrikaner, plutôt centré vers le Cap et Stellenbosch, qui s’ouvre beaucoup sur le monde, assez entreprenant. Et enfin un réseau de descendants des immigrants juifs d’Europe centrale arrivés en Afrique du Sud au début du vingtième siècle, qui sont eux aussi des entrepreneurs à l’origine de très belles réussites.

Evidemment dans la communauté française, tout tourne autour du lycée français et on se retrouve entre soi. Si vous êtes invités à un braaï par un sud-africain, n’hésitez pas c’est un moyen de faire croître votre réseau, et de rencontrer des gens qui pourront vous recommander à d’autres, les choses se faisant petit à petit. Il y a certains évènements incontournables où il faut se montrer et qui permettent de rencontrer les gens, les « Art Fairs » par exemple, la FNB Art Fair, la Sanlam art fair, la Nirox Park Winter Sculpture Fair…

Il faut aussi travailler sur votre présentation. Lorsque vous rencontrez des gens dans des évènements sociaux, vous n’avez pas forcément le temps, ou ce n’est pas forcément le lieu de leur dérouler l’intégralité de votre CV. Il vous faut donc avoir tout prêt un « elevator pitch »* qui permet de situer rapidement vos compétences et ce que vous cherchez, et qui donne envie aux gens de vous revoir et d’en savoir plus sur vous.

*Un « elevator pitch » est le discours que vous feriez pour retenir l’attention d’un recruteur que vous rencontrez dans un ascenseur et que vous n’avez que le temps de la course (entre 30 secondes et 2 minutes) pour le convaincre de vous convoquer à un entretien.

Bénédicte Champenois Rousseau www.lepetitjournal.com/johannesbourg Jeudi 1er décembre 2016

A propos de Bénédicte Champenois Rousseau

Installée en Afrique du Sud depuis octobre 2015, Bénédicte est sociologue et a enseigné la sociologie en France notamment à Sciences Po Paris tout en effectuant des missions de recherche pour des organismes de recherché publics ou des organisations non gouvernementales. Ses sujets de predilection: la santé publique, l’éducation et le “women empowerment”. Elle a créé à Johannesburg le réseau professionnel de femmes francophones Work In The City JHB et met en oeuvre son goût pour l’écriture sur son blog Ngisafunda et le blog d’Enko Education 

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