

2009 a été l'année de l'or. 2010 pourrait être celle du platine, un métal précieux discret qui attire un nombre grandissant d'investisseurs. Tour d'horizon de la situation économique autour du business du platine, un matériau présent en abondance en Afrique du Sud
(Les pots catalytiques, principalement fabriqués à base de platine)
Le platine attire vraiment les investisseurs ?
Oui, les investisseurs s'orientent aujourd'hui vers ce métal, notamment aux Etats-Unis, grâce aux nouveaux instruments financiers qui viennent d'être lancés Outre-Atlantique. Ce sont des ETF, exchange traded fund, des véhicules qui répliquent l'évolution des cours, offrant ainsi à tout un chacun la possibilité de suivre le cours du platine sans jamais en prendre possession. C'est là que le problème commence, car pour crédibiliser un ETF, son gérant détient physiquement des stocks du métal auquel il est adossé.
Or, le marché du platine est extrêmement étroit. La production annuelle est de l'ordre de 230 tonnes, 8 fois moins que celle de l'or. De plus, si l'or est stocké par les banques ou par les particuliers sous forme de lingot, de pièce ou de bijou, le platine a surtout une vocation industrielle. Plus l'ETF rencontrera du succès, et c'est bien ce qu'espèrent ses promoteurs, plus une partie de la production sera retirée du marché, au grand dam des utilisateurs : les bijoutiers, et surtout les constructeurs automobiles.
Des statistiques qui parlent d'elles-mêmes
La moitié du platine extrait chaque année sert à la fabrication des pots catalytiques. La crise de l'automobile a sévèrement impacté le marché en 2008 mais il s'est spectaculairement redressé en 2009. En un an, l'once a regagné 60 %, tandis que l'or encensé par tous les investisseurs effarés par l'effondrement bancaire n'a vu son cours progresser que de 25 %.
Avec un cours à 1.691 dollars l'once, le plus haut niveau depuis août 2008, les bonnes perspectives de l'industrie automobile laissent espérer une année euphorique pour le métal précieux. Au delà, le marché sera dopé par la demande des nouveaux tigres de l'automobile, la Chine et l'Inde qui s'acheminent vers des standards plus exigeants sur le plan environnemental, rendant incontournable l'emploi des pots catalytiques.
La financiarisation accrue ne va-t-elle pas bloquer le marché ? Les investisseurs se veulent rassurants et expliquent à qui veut l'entendre qu'ils achètent quand les cours sont bas et vendent quand ils s'emballent. Loin de perturber le marché, les nouveaux véhicules financiers devraient au contraire le fluidifier.
Dominique Baillard - lepetitjournal.com/johannesbourg.html - mercredi 20 Octobre 2010



