BLACK FRIDAY - J'étais dans le CBD de Joburg (Partie 3)

Les Sud-Africains se sont mobilisés vendredi 7 avril dernier pour parler d’une seule voix contre le président Zuma et ses décisions qui ont plongé le pays dans un grand mécontentement. Selon des rapports, ils étaient environ 60,000 à manifester dans tout le pays : 20,000 au Cap, 10,000 à la marche organisée par le parti d’opposition Democratic Alliance dans le CBD de Joburg, 20,000 à la marche organisée par Save South Africa à Pretoria et 300 à une méditation de groupe à Saxonwold. Lepetitjournal.com publiera chaque jour de la semaine des témoignages de Sud-Africains et étrangers qui ont participé aux manifestions, sur leur expérience et leur ressenti sur les événements récents.


Jo, une Sud-Africaine, décrit ce moment historique : « J’ai ressenti de la fierté. »

« J’ai participé car je crois que plus nous sommes nombreux à manifester dans les rues, à nous rassembler et à nous unir, plus il sera difficile de nous ignorer. J’ai participé à la marche car je ne pouvais pas imaginer regarder mes compatriotes sud-africains protester en mon nom depuis ma zone de confort, chez moi. J’ai participé car le changement est souvent un long processus et que la première étape consiste à répondre présent.

J’ai commencé ma journée par donner un cours de yoga tôt le matin accompagné d’une liste de chansons révolutionnaires. Sur le chemin du retour, des gens et des familles étaient déjà dans les rues agitant des drapeaux, tenant signes et des bannières, le tout dans une ambiance festive. J’ai ressenti de la fierté. J’ai pris la route pour me rendre au centre-ville. J’ai retrouvé ma mère, ma sœur et un groupe d’amis au lieu de rassemblement au Westgate Taxi Hub dans Anderson St. L’idée n’était pas de rejoindre spécifiquement la marche du parti d’opposition Democratic Alliance. A mon avis, toutes les marches organisées étaient importantes.


Il y avait une marée de t-shirts bleus (couleur du parti DA) et dans un premier temps, je me suis demandée si je n’avais pas fait une erreur en participant à cette marche... mais comme nous étions encore en-dehors du groupe, nous avons aperçu des gens que nous connaissions et beaucoup d’autres personnes, qui comme nous, souhaitaient manifester et se faire entendre.


Il y avait une forte présence policière, mais l’ambiance était joyeuse et festive et les policiers semblaient détendus. Je portais un débardeur avec l’inscription « Ahimsa » (qui signifie non-violence en Sanskrit) : c’était mon intention et souhait pour cette journée. Dès 10h30, nous nous étions mis en route depuis Anderson St pour terminer sur Mary Fitzgerald Square. Certaines personnes s’étaient données du mal pour créer leurs signes, leurs bannières et aussi leurs tenues. Il n’y avait pas de tensions raciales, ou de divisions religieuses ou culturelles... Nous marchions tous ensemble pour une cause commune et nous étions heureux d’être réunis dans cet objectif. Même l’annonce de la publicité pour Johnny Walker avait été modifiée en soutien à la marche.


C’était incroyable de participer à ce moment historique du pays. J’étais encore trop jeune pour être consciente de ce qui se passait à l’époque de l’apartheid et je suis reconnaissante à tous ceux qui se sont exprimés contre le régime. Il est donc important maintenant de ne pas rester dans le silence, de s’unir même si je ne pense pas que manifester renversera un gouvernement corrompu... C’est tout de même un très bon début et nous devons continuer à crier, marcher et protester jusqu'aux prochaines élections et là nous aurons l’opportunité de nous faire entendre grâce à notre vote. »

Durant les jours précédents la marche, il y avait beaucoup de débats autour des privilèges des blancs et qui devrait protester et pourquoi. Je crois que plus nous restons unis contre Zuma et son cercle, plus nous aurons une chance qu’il y ait du changement. Nous sommes tous Sud-Africains. Nous sommes tous responsables de notre pays. Comme Gandhi disait : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». »

Crédit photos : vignette et photo du haut Beth Cameron, milieu et bas Kimberley Axon

Retrouvez les autres témoignages...

Black Friday - J'étais à Sandton (Partie 1)

Hassive, une Mexicaine mariée à un Sud-Africain, vit en Afrique du Sud depuis 10 ans. 

« Une responsabilité citoyenne : c’est important de se faire entendre. »


Black Friday - J'étais à Pretoria (Partie 2)

Emily, une Sud-Africaine de 46 ans, originaire du Mpumalanga. 

« Peu de choses ont changé pour les Sud-Africains. »

Magali, une Française mariée à un Sud-Africain, vit en Afrique du Sud depuis 16 ans.

« Mobilisons-nous ! »

www.lepetitjournal.com/johannesbourg Mercredi 11 avril 2017


 

 

 

 
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