MERUSCHKA GOVENDER - Le virus du voyage

Ne vous fiez pas à son air cool. Meruschka Govender, alias Mzansi Girl, est une des travel bloggers les plus courtisées du pays. Compagnies aériennes, agences de tourisme et autres marques se l'arrachent. Et pour cause, ce petit bout de femme, bonne vivante et passionnée, ne compte pas moins de 20 000 followers sur Twitter. Rencontre.


Meruschka Govender, 36 ans, se décrit comme une “travel activist”. “J'ai toujours été impliquée dans l'industrie du voyage et du tourisme”, explique celle dont l'histoire sonne comme une success story. D'abord employée dans des backpackers, cette native de Durban découvre le tourisme communautaire sur la Wild Coast en 2004. Quatre ans plus tard, elle intégre les services gouvernementaux du tourisme. A cette époque, elle se met à écrire sur Tweeter et se fait repérer par le rédacteur en chef de la version en ligne d'un magazine de voyage très populaire. Elle décline sa proposition d'écrire pour eux, mais commence son propre blog en 2012. Un an et demi plus tard, les premières invitations à des voyages de presse tombent... mais son travail ne lui donne pas assez de congés. Elle lâche tout en septembre 2013 pour se consacrer à son blog à plein temps.

Aujourd'hui Meruschka essaie de diversifier ses sources de revenus. “Ça peut être des campagnes sponsorisées, on me paie pour créer du contenu, faire une vidéo ou poster sur les réseaux sociaux. Je peux aussi travailler en free-lance pour des publications, des agences comme Webfluential, des marques partenaires ou d'autres bloggeurs. Enfin, ça m'arrive de faire du consulting sur les réseaux sociaux pour des marques de voyage”.

Elle prévient sur son site : “Bien que certains de mes voyages sont sponsorisés, je garde le contrôle total de la ligne éditoriale et du contenu publié sur ce site.” Alors comment garder l'équilibre? “J'annonce toujours quand un contenu est sponsorisé. Et j'écris sur mon expérience du produit. C'est ce qui compte au final : je suis allée là, j'ai fait ça. C'est un échange de bons procédés. Quand j'ai écrit sur Madagascar, j'ai prévenu que ce n'était pas une destination facile et accessible à tout le monde, même si, personnellement, j'avais adoré.”

“Le côté polyvalent est un vrai défi”

La Mzansi Girl rejette par ailleurs l'image du bloggeur qui voyage et se la coule douce. “Ce n'est pas si glamour que ça en a l'air. Contrairement à ce que pensent les gens, ce ne sont pas des vacances ! Certes, je vends un mode de vie et je raconte à quel point c'est super, mais nous avons des emplois du temps bien remplis. C'est très fatigant. On a tendance à tirer sur la corde, alors quand on rentre à la maison, on tombe malade. Il faut pouvoir suivre rythme avec les amis, on rate des anniversaires... On a des revenus très instables, certains clients prennent deux mois pour payer. Et puis, il faut être son propre patron, à la fois manager et comptable. Si tu oublies d'envoyer une facture, on ne risque pas de te payer. Parfois, des clients veulent offrir des vacances gratuites en guise de rémunération. Il faut les convaincre de te payer et estimer ta propre valeur, ce qui n'est pas évident. Il faut te vendre toi-même, corriger ton contenu toi-même, prendre toi-même des photos. Le côté polyvalent représente un vrai défi. Sans parler de la maîtrise des nouvelles technologies, qui changent tout le temps.”

Quels conseils donnerait-elle à ceux tentés par l'aventure du blog de voyage ? “Je conseillerais de commencer sans essayer d'en tirer profit, mais juste de voir comment ça marche et d'apprendre à connaître son public. On ne décroche pas des séjours gratuits tout de suite. Il faut y mettre beaucoup de temps et d'effort pour construire quelque chose. Ecrivez sur votre propre expérience, même passée. Il faut nouer des contacts sur les réseaux sociaux, bâtir une communauté de personnes qui vont partager votre contenu. Nouer des contacts avec d'autres bloggeurs, se montrer à des événements. Et vous devrez trouver une niche, par exemple le voyage en VTT, parce qu'on ne peut pas être expert en tout. Donc, choisissez un domaine dans lequel vous ferez autorité.”

Le voyage, une affaire de famille

Le virus du voyage lui est tombé dessus dès l'enfance, quand ses parents l'emmenaient ses frères et elle en road trip. “Mon père courait des marathons, donc on programmait nos week-ends et vacances en fonction de ses courses à travers le pays.” Si elle a voyagé essentiellement en Afrique du Sud, elle se souvient de quelques voyages marquants à l'étranger : une virée à l'île Maurice et un voyage en bus au Zimbabwe avec ses grand-parents, un séjour de trois semaines avec ses parents en Europe. Une grand-mère voyageuse nourrit ses rêves à travers souvenirs et cartes postales. Et des lectures achèvent d'alimenter sa soif de découvertes.

Merushka se réjouit d'ailleurs de l'importance croissante du tourisme pour ses compatriotes. “Il faut éduquer ses enfants au voyage. C'est important pour notre économie et pour nous-même de réaliser à quelque point l'Afrique du Sud est pays contrasté et, à mon avis, l'un des plus beaux au monde. Notre nation connait de nombreux problèmes et le voyage peut être vecteur de compassion et de compréhension. Ici, regrette-t'elle, on a tendance à se prendre pour les meilleurs, du coup on ne se donne pas assez la peine de visiter les pays voisins, alors que c'est si facile”.

Au-delà de l'activité de bloggueuse, le voyage représente pour elle tout un mode de vie. “Vous ne pouvez pas dire 'On n'a pas d'argent pour voyager', ce n'est qu'une question de priorité. Bien sûr, vous aurez besoin du minimum, mais une fois que vous avez des revenus, vous pouvez choisir entre le portable dernier cri ou économiser pour voyager. Une fois que vous aurez attrapé le virus, vous choisirez vos priorités.”


Retrouvez ses découvertes et voyages sur son blog www.mzansigirl.com

PC www.lepetitjournal.com/johannesbourg Mardi 21 février 2017


 

 
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