Istanbul

TÉMOIGNAGES – Ils ont vécu à Istanbul à différentes époques

C'est à Istanbul qu'Eric van't Hoff a appris à marcher et que Jean-Marc Soyez a fait ses premiers pas en tant que professeur de mathématiques en sortant de l’université. C’était dans les années 60 pour l’un, dans les années 70 pour l’autre. Ils nous livrent le récit de leurs années à Istanbul, qu’ils n’oublieront jamais...

Quiconque a déjà mis les pieds à Istanbul s’est laissé bercer par le charme du Bosphore. Jean-Marc Soyez, Eric van't Hoff et Laura Le Floch ne diront pas le contraire. Tous trois ont vécu à Istanbul à différentes périodes et gardent de la ville turque de merveilleux souvenirs. "Quand je bois un thé sur le vapur en allant de la rive asiatique à la rive européenne, je me revois quarante ans en arrière…" De 1976 à 1978, ce Niçois a vécu à Istanbul où il était professeur de mathématiques au lycée Saint-Joseph, dans le cadre de son service militaire. "Ce sont les meilleures années de ma vie !", commente-t-il avec une douce nostalgie.

"Je suis arrivé seul, à l’âge de 22 ou 23 ans. Ce n’est pas facile au début de quitter la maison de papa et maman pour la première fois ! Je sortais juste de l’université et je me demandais bien ce que j’allais faire là-bas…" confie-t-il. "A Istanbul, j’ai découvert un autre monde. Moi qui, comme un professeur de maths, était plutôt cartésien ! Mais j’y ai appris la sincérité, l’amitié, la tolérance. Et quarante ans après, je suis toujours en contact avec mes élèves, grâce à Facebook."

Jean-Marc Soyez leur rend désormais visite une fois par an : "La vie a fait que je ne suis pas revenu à Istanbul pendant trente ans. Alors la première fois, ça a été un choc. J’ai quitté un pays en voie de développement et Istanbul a désormais tout d’une mégalopole mondiale. Ça a beaucoup changé. C’est bien que la ville se soit développée mais elle a perdu un peu de son charme, avec tous ces gratte-ciels construits de partout… Heureusement, le Bosphore et la Corne d’Or n’ont rien perdu de leur charme."

"J’ai appris à nager à Kilyos"

Si Jean-Marc Soyez conserve de bons souvenirs de son poste de professeur à Istanbul, Eric, lui, se remémore avec plaisir son passé d’étudiant : "Je suis né à Istanbul en 1960 et j’ai passé ma scolarité à l’école Papillon et au lycée français, avant de déménager à Beyrouth. Je suis néerlandais et mon père travaillait à Istanbul pour la banque hollandaise HBU. J’ai de très bons souvenirs à Istanbul et j’y retourne régulièrement." Celui qui a appris à nager dans la piscine du Hilton à Istanbul, et dans les eaux de Kilyos, a participé en juillet dernier à la course de natation du Bosphore, de 6,5 kilomètres. "J'ai fini deuxième de ma catégorie d'âge. J'ai été pris par le courant contraire le long de l'île de Galatasaray, ce qui m'a coûté la première place", raconte-t-il depuis un petit village près d’Amsterdam, où il vit avec sa femme et leur fils. D’Istanbul, il garde aussi les souvenirs de l’ambiance endiablée des stades de football : "Je suis fan de Beşiktaş, car nous habitions Ayaspaşa. J’ai vu beaucoup de match de foot dans l’ancien stade."

Laura Le Floch (photo personnelle)

Les souvenirs de Laura le Floch, eux, sont plus récents. La Française a passé six mois en Erasmus à Eskişehir. C’était en 2009 : "Je suis tombée amoureuse la Turquie et particulièrement d’Istanbul, où je suis venue régulièrement. Je suis revenue y vivre en 2012 pendant un an, je travaillais dans une agence de design." Suite à une rupture amoureuse, Laura a décidé de retourner en France pour prendre du recul. Mais n’a pas cassé les ponts pour autant avec son pays de cœur. Elle souhaite d’ailleurs créer un magasin hybride à Paris pour promouvoir l’artisanat et le design turc, avec un espace restauration pour faire découvrir la cuisine turque.

"Je garde le souvenir d’un pays d’une incroyable richesse, d’abord sur le plan historique, raconte Laura. Son passé, de Byzance à Constantinople, a développé en moi un imaginaire qui me faisait rêver. L’accueil des gens est incroyable. On est loin de la culture française très individualiste. Le rapport au temps aussi y est différent. On profite de la vie malgré les soucis quotidiens. Même si vivre à Istanbul n’est pas de tout repos non plus, on prend toujours le temps de regarder les bateaux passer sur le Bosphore… "

Propos recueillis par Solène Permanne (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 17 mai 2017

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