Istanbul

SÉLECTION BOCUSE D’OR - La cuisine turque dans la cour des grands

Gürcan Gülmez, sous-chef du restaurant du Four Seasons à Sultanahmet, a remporté samedi la première sélection turque du prestigieux Bocuse d’Or. Son mérou de la mer Egée et son agneau d’Anatolie lui ont offert un ticket pour la finale européenne, en mai 2014 à Stockholm.

Le jury, présidé par le chef turc Mehmet Gürs (restaurant Mikla) et composé de chefs du monde entier, a décerné le trophée ainsi qu’un chèque de 3.000 euros à ce jeune cuisinier, déjà primé dans son pays.

Erol Sardoğan, chef de cuisine du restaurant La Torre à l’hôtel Le Méridien et Volkan Karataş, chef au Ceylan Intercontinental Istanbul, arrivent respectivement deuxième et troisième du concours. Okan Öztürk gagne le prix de meilleur commis.

A l’annonce de sa victoire, Gürcan Gülmez (photo AD), a répété "sa fierté d’être cuisinier" et de remporter la première édition du Bocuse d’Or en Turquie, concours international créé en 1987 par le chef français Paul Bocuse.

Une victoire qui ne doit "rien au hasard" mais tout à "un travail acharné", assure Gürcan Gülmez. Ce professionnel, détenteur d’un brevet technique en cuisine depuis 1999 (lycée professionnel de Mengen), a remporté en 2006 le concours international des jeunes chefs rôtisseurs. La cuisine turque de demain sera "orientée vers le monde tout en gardant son identité", estime le lauréat, qui a bien l’intention de promouvoir ce savoir-faire à Stockholm l’an prochain. Et peut-être, s’il franchit cette nouvelle étape, à la finale mondiale en janvier 2015 à Lyon.

Les chefs turcs s’affirment
L’arrivée du Bocuse d’Or en Turquie coïncide avec celle du SIRHA, le rendez-vous des professionnels de la restauration, des métiers de bouche et de l’hôtellerie. Originaire de Lyon, le célèbre salon a choisi Istanbul, du 7 au 9 mars, pour s’internationaliser. Il voyagera ensuite à Moscou, Genève et Shanghai. Marie-Odile Fondeur, sa directrice générale, énumère les ingrédients qui font de la Turquie une “évidence” pour le SIRHA : un pays émergent, un taux de croissance appréciable, une classe moyenne en développement, une plateforme vers le Moyen-Orient et l’Asie et surtout, une identité culinaire qui s’affirme.

“Jusqu’ici, les chefs turcs n’étaient pas considérés comme des “stars”, à la différence des propriétaires de restaurant”, observe-t-elle. “Mais ils commencent à prendre de l’importance” et ne demandent qu’à “revisiter leur tradition culinaire”, ajoute-t-elle.

Le Bocuse d’Or, qui fait la part belle au savoir-faire local, est une occasion de le prouver. “Le concours a évolué en même temps que son internationalisation. Si vous voulez être sélectionné aujourd'hui, vous devez apporter quelque chose de Turquie. Je veux ressentir un goût d'Anatolie quand j'évalue un candidat”, explique le président du jury, Mehmet Gürs, au petitjournal.com d’Istanbul.

“Le retour de la gastronomie française en Turquie”

A l’occasion du SIRHA, l’Institut Français et le Musée Pera organisent le festival “Delicious Food on Film” (Tadı Damağımda) au Musée Pera de Beyoglu, du 1er au 17 mars. Au programme, une sélection de films français célébrant cuisine et cinéma. Cerise sur le gâteau : l’ouverture, le 6 mars à Istanbul, de l’institution culinaire de renommée internationale Le Cordon Bleu, suite à un accord de partenariat signé avec l’université Özyeğin en juillet 2012.

Le Cordon bleu était présent au SIRHA avec une dizaine d'autres entreprises françaises, sur 150 participants. (photo AD)

“C’est un signe très important de notre volonté d’être présents sur le marché turc”, commente Hervé Magro, consul général de France à Istanbul. Signe aussi, conclut-il, du “retour de la gastronomie française en Turquie. Nous avons trop tardé, il est temps de passer à la vitesse supérieure”.

Aurélie Darblade et Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 11 mars 2013

 
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