Istanbul

PRINTEMPS DES ARTISTES - Valérie Çelebi: "Refléter la grandeur de géants tout aussi laids que familiers"

Le Printemps des artistes (PDA) est une exposition-vente d’œuvres d’art à but caritatif qui se tient chaque printemps. L’objectif est double : faire découvrir au public de nouveaux artistes stambouliotes et récolter des fonds pour des œuvres caritatives. Pour ses 11 ans, l’événement abrité par le lycée Sainte-Pulchérie proposera des rendez-vous avec 11 artistes dont 7 peintres, 2 céramistes et 2 photographes, une vente aux enchères lors du vernissage le 7 avril, des ateliers pour enfants les week-ends et des animations pour les écoles défavorisées du quartier. D’ici à l’inauguration, chaque vendredi, retrouvez dans lepetitjournal.com d’Istanbul l’interview d’un des artistes sélectionnés. Aujourd’hui, la peintre Valérie Çelebi

Lepetitjournal.com d’Istanbul : D'où vient votre intérêt pour l'art, et quelle place l'art occupe-t-il dans votre vie?

Valérie Çelebi: L'art a toujours fait partie de ma vie. J'ai passé mon enfance à dessiner et à jouer avec les couleurs mais ce n'est que des années plus tard, après mon arrivée à Istanbul, que j'ai pu consacrer ma vie professionnelle à la peinture.

Photo personnelle

Pourquoi avez-vous accepté de participer au Printemps des artistes (PDA) ? 

Je suis exposée au Printemps des artistes depuis le début, il y a des années, et j'ai toujours apprécié ce rendez-vous annuel. De beaucoup de manières, cette exposition est un événement très social, une occasion de collecter des fonds pour des oeuvres caritatives, de rencontrer d'autres artistes, de découvrir leur travail et de renouer des liens et des amitiés avec la communauté stambouliote des amateurs d'art et d'autres personnes.

Pourriez-vous nous parler un peu de votre/vos œuvre(s) qui y seront proposées et de la place d'Istanbul dans votre démarche créative?

Les oeuvres exposées cette année concernent l'un de mes thèmes récurrents, "asphyxie", que je suis décidée à étudier en profondeur. Face à ces structures industrielles et ces masses géantes de fer (les tankers qui traversent le Bosphore), avec autant de haine que de respect, je me sens oppressée et "assiégée". Prendre "l'ennemi" à ce point au sérieux, c'est en fait la raison de ma recherche et de mon exploration obstinées. J'essaye de refléter à la fois l'angoisse et l'attrait plastique tout en essayant de montrer les qualités du sujet avec des formes simples et peu de couleurs.

En évitant la lumière et l'ombre, j'use la mise en lumière seulement pour créer du contraste. Autrement dit, la lumière prend sa place parmi d'autres éléments uniquement comme une valeur de couleur rationnelle. La vue incongrue de tankers traversant la ville me frappe chaque jour et j'essaye de refléter la grandeur de ces géants qui, pour beaucoup, sont laids mais tout aussi familiers. Alors que la vie suit son cours, mes émotions s'emballent au passage lent de ces énormes créatures. Et même si je vis ici depuis des années et fais partie intégrante de la ville, je n'ai pas eu à affronter un danger pour réagir à cette contradiction.

 

 

Istanbul (http://lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 17 mars 2017

 

Pour voir les oeuvres de l'artiste: http://www.valeriecelebi.com/pda-2017.html

L’exposition est en accès libre et sera ouverte sans interruption du samedi 8 avril au dimanche 17 avril de 14h à 17h00. Pour toutes les autres informations sur le Printemps des artistes, cliquez ici.

 

(RE)LIRE: 

Özlem Acaroğlu : “Istanbul est mon monde”

Alev Araslı : “Istanbul est un chaos”

Süzet Haklı: "Istanbul est la ville de ma vie"

Timurtaş Onan: "L'art a toujours été ma religion"

Imad Habbab: "Quand je suis arrivé à Istanbul, j'ai tout de suite voulu grimper sur les toits"

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