TWITTER – 1,5 million de messages pour sauver les classes préparatoires

 

Ce lundi, la communauté turcophone sur twitter s'est fortement mobilisée en envoyant plus d'1,5 million de tweets se référant au mot-clé #dershanemolmasaydı ("si ma classe préparatoire n’avait pas existé”). Ils protestent contre la disparition redoutée des dershane, ces établissements d'enseignement privé qui préparent les écoliers et lycéens aux examens

Photo lilpete_1, Flickr/CC

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a récemment annoncé son intention de les supprimer d'ici 2013-2014. Selon lui, le système des dershane serait devenu insoutenable pour le système éducatif turc. Les élèves se consacreraient trop aux classes préparatoires lors de leurs dernières années de lycée, au détriment des cours. Autre alternative envisagée : transformer ces structures en écoles privées à part entière.

Or le poids de ces dershane est considérable. L'an dernier, d’après un rapport de l’Union des chambres et bourses de Turquie (TOBB), les revenus générés par le secteur auraient dépassé 1,8 milliard de livres turques. On comptait 4.055 structures offrant des services de tutorat privé en Turquie, pour une fréquentation de plus de 1,2 million d’élèves.

Une vague de protestation
Une campagne sur Twitter a été lancée lundi par sosyalmedya.in, un site de surveillance des réseaux sociaux. Le but était de mesurer les réactions du public aux projets du gouvernement. Un total de 187.362 d’utilisateurs, la plupart hostiles, ont posté 1.672.477 tweets à ce sujet, faisant de #dershanemolmasaydı l’un des “top tweets” (TT) mondiaux. Les arguments les plus récurrents fustigeaient la manière dont, selon eux, le plan envisagé allait surtout handicaper les familles les plus modestes.

Le système éducatif turc repose principalement sur un système d'examens. “L’industrie” des dershane prépare les élèves à ces épreuves de sélection. Les élèves brillants issus de foyers modestes se voient offrir des bourses pour y étudier.

“Sans les classes préparatoires, je ne serais pas ingénieur”
Un utilisateur affirme ainsi que “si les classes  préparatoires n'existaient pas, il me serait probablement impossible d’étudier dans le département des relations internationales de l’Université de Boğaziçi”. Plus virulent, un autre utilisateur de la province de Tunceli (est du pays) clame que “si les classes préparatoires n'existaient pas, je serais probablement dans les montagnes (avec le PKK, ndlr) au lieu d'être un ingénieur."

Les experts sont plus partagés. Pour la plupart d’entre eux, si la suppression des dershane est réalisable à court ou moyen terme, le gouvernement devra apporter rapidement une alternative à ces services privés. A moins qu’il ne choisisse de revoir de A à Z le système d’examens…

Tanguy Quidelleur (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) jeudi 15 novembre 2012

Note: N'hésitez pas à participer au débat dans les commentaires en dessous de cet article.

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