En famille au Brésil : TUDO BOM !

 

De la Cité Merveilleuse aux jungles profondes, des plages mythiques aux bouts du monde tendance, le Brésil collectionne les atouts.  A commencer par son pays immense et son peuple à la joie communicative. Une douceur de vivre très brésilienne qui se prête volontiers à un voyage en famille.

Gunnar Knechtel

Au sud, Rio bohème et Parati sauvage

Dimanche ordinaire sur l’avenida Vieira Souto. Un flux de clichés cariocas coule d’Arpoador à Leblon. Face à l’océan, chacun sa façon de parader : peloton familial, foulée double, jeunes escadrons filant sur leurs longskates, surf sous le bras. Direction la plage. Pas n’importe laquelle : Ipanema, un mythe cousu de sable, d‘eau de mer et d’huile solaire. Les corps sculptés déambulent, se posent et posent sur ce ruban de sable blanc long de 4 kilomètres. Les terrains de volley quadrillent la plage, sauf qu’au pays du roi Pelé, on joue au pied. Acrobatique, ce tennis-ballon donne soif, même au spectateur. Halte au premier kiosque, pour se désaltérer à coups d’eau de coco. À Posto Nove, c’est défilé de bikinis. Attroupement devant l’hôtel Fasano où se retranchent les stars hollywoodiennes en mal de bains tropicaux et de- e- eeoule. Le vrai refuge de tranquillité mérite qu’on s’éloigne de la mer, pour grimper sur la colline de Santa Teresa. Réveillé par la pluie dans les palmiers, le chant des oiseaux et le cri des singes : est-on toujours à Rio ? La réponse est au balcon. Derrière les confitures maison, la ville verte dégouline jusqu’à sa baie : centre historique, Botafogo et derrière le Pão de Açucar, Ipanema n’est plus qu’un souvenir sucré. Une bulle de fraîcheur déjà appréciée par la noblesse portugaise au début du XIXe siècle, Aujourd’hui ce sont les artistes (et les voyageurs avertis) qui s’établissent dans ce quartier à la douce ambiance bohème. 

Zoé Fidji

Pour retrouver la plage, dans une atmosphère plus tranquille, cap à l’ouest. Le long de la Costa Verde si bien nommée, une végétation tropicale plonge dans l’océan. La Mata Atlantica, « forêt Atlantique » qui jadis bordait toute la côte est du pays, a perdu de sa superbe, grignotée par l’appétit des hommes mais Il reste néanmoins quelques joyaux. Parati en est un.De ce petit port, partaient au XVIIIe siècle, les galions portugais chargés de l’or du Minas Gerais. Il n’en reste aucune extravagance mais plutôt une ambiance paisible, ancrée dans les églises décrépies, les façades pourpres, fauves, turquoise et les rues aux larges pavés irréguliers sur lesquels s’invite la mer lors des grandes marées. Déjeuner avec les oiseaux, parcourir le village à vélo, se baigner sous une cascade dans la forêt ou se faire déposer sur une île par un pêcheur : on ne se lasse pas de cet agenda.

Ignazio Sciacca

Au nord Bahia l’Africaine et Boipeba

Première capitale du Brésil, Salvador de Bahia vit au rythme du soleil et des divinités. Ici on oublie sa montre, on suit le tempo des percussions qui résonnent un peu partout et donne à cette ville aux racines africaines une saveur unique. On flâne entre les façades colorées, dans les ruelles pavées du Pelourinho, le centre historique perché dans la ville haute. Restauré en 1992 par l’UNESCO et classé patrimoine culturel mondial, notamment pour son architecture Renaissance, c’est aussi un quartier bel et bien vivant.

Manuel Zublena

Manuel Zublena

D’ailleurs c’est ici que l’on pose ses valises, à la Villa Bahia, composée de deux demeures portugaises des XVII et X IIIe siècles, restaurées par Voyageurs du Monde. Véritable oasis de fraîcheur dans la chaleur moite de Bahia, un patio abrite un petit bassin, privilège rare dans le quartier, apprécié par toute la famille. Les suites déclinent tour à tour les anciens comptoirs d’Afrique, d’Inde, d’Asie. Installé au hamac, sur sa petite terrasse privée, le regard plongeant sur l’ensemble baroque de Săo Francisco, les toits et les clochers, on se laisse bercer par la rue qui bourdonne. Salvador est une fête permanente et chaque pavé résonne. Seule l’odeur des acarajés, ces beignets généreux, fait sortir le voyageur de sa quiétude. On goûte aussi la traditionnelle moqueca, on découvre des fruits amazoniens inconnus. Puis on plonge vers la mer et le quartier bohème de Rio Vermelho, avant de filer à l’église de Bonfim qui donne une messe colorée, pour suivre le pas des danseuses dans leurs robes blanches avant de s’initier en famille à la capoeira. L’envie de plage reprenant le dessus, c’est au sud qu’il faut viser, à Boiepeba exactement, dans l’archipel protégé de Tinharé. Une vingtaine d’îles sauvages que l’on gagne par bateau depuis Bahia, en moins de deux heures, posées sur l’estuaire du fleuve de l’Enfer… un nom sans doute donné par les colons portugais pour dissuader les visiteurs de débarquer sur ce paradis pavé de plages vierges, langoustes et cocotiers. Le secret fut pourtant vite ébruité, en témoignent les ruines du fort du XVII et de l’église du XVIIIe. Bien plus tard, le modeste village de pêcheurs de Morro de São Paulo, devint un refuge festif pour la communauté hippie. Si elle a gardé cette réputation ibizesque, Boipeba préserve surtout son caractère sauvage et hors du temps. Des maisons colorées les pieds dans l’eau, des plages de rêve où l’on trotte à cheval, une mangrove nourricière, l’un des plus vieux monastères du Brésil, et pas une voiture pour troubler la sieste au hamac…

 

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