EMMANUEL JAFFELIN - "La gentillesse ne rime plus avec faiblesse, mais désormais avec richesse"

La gentillesse comme fondement d’une morale praticable, humaniste et post-moderne, c'est le concept d'Emmanuel Jaffelin. Cet agrégé de philosophie a publié six ouvrages dont quatre sur ce thème. Auteur, conférencier et très présent dans les médias, il enseigne dans un lycée au sud de Paris. Auteur de l’Eloge de la gentillesse, mais aussi d'un Eloge de la gentillesse en entreprise, il revient sur ce concept philosophique capable de tisser du lien social et d'exporter les valeurs d'humanisme à travers le monde. 

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous revenir sur le concept de la gentillesse de manière générale?
Emmanuel Jaffelin
: Quand j'ai commencé à m'intéresser à la gentillesse, elle n'était pas encore un concept ; elle se présentait plutôt comme une notion pétrie d'ambiguïtés, scindée en deux avec un sens négatif et un sens positif. Le sens négatif vise à la considérer comme une faiblesse. Par exemple, dans le film Le père Noël est une ordure (1982), Thierry Lhermitte dit "Je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, Thérèse, elle gentille", sous-entendu elle est naïve, crédule, c’est-à-dire tout sauf intelligente. En même temps, vous remarquez que quand vous rendez un service à quelqu'un en lui tenant la porte, en l’aidant à traverser une rue ou en portant sa grosse valise, il vous dit : "Merci, c’est gentil" en vous regardant dans les yeux. La gentillesse a donc également un sens positif. Après ce constat, j'ai voulu sortir la gentillesse de cette ambiguïté afin de forger un concept porteur d’une vision du monde et conduisant à une sagesse. Je me suis donc intéressé d’abord à l’histoire de ce mot qui est très riche. De manière simple, je dirais que la gentillesse consiste à "rendre service à quelqu'un qui vous le demande". S'il ne le demande pas, vous n'êtes plus dans la gentillesse, mais dans la sollicitude, incarnée par le film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001). Dans ce film, Amélie passe son temps à espionner ses voisins, non pour leur nuire, mais pour les aider à réaliser un désir qu’ils ont, caché, voire secret. Même si cette attitude paraît positive, il s'agit d'une intrusion puisque personne ne lui a rien demandé. 

Ce serait donc une manière de créer des liens entre les gens?
Ah oui ! Nous vivons une époque où le retrait des religions se constate et où le rapport au sacré recule, sans toutefois disparaître... Lire >> la suite sur notre édition de Valence

 

 

 
Une internationale
 Bleu Blanc Box
Actu internationale
Expat
Expat - Emploi

Un pâtissier français détenu en Chine depuis cinq mois

Un pâtissier français, employé à Shanghaï d'une chaîne de boulangeries fermée pour raisons sanitaires, est en détention depuis cinq mois en Chine, a révélé sa famille qui a lancé une pétition pour sa libération, une situation que le Quai d'Orsay suit "avec la plus grande attention".
Expat - Politique
Magazine
En direct de nos éditions locales