NÉPAL – "Le séisme aggrave le risque de trafic de femmes et d’enfants"


Stéphanie Selle, directrice de l’ONG française Planète Enfants, a vécu le violent séisme qui a frappé le Népal. Plus que jamais, le pays a besoin de dons pour couvrir les besoins d’urgence, mais aussi pour lutter contre la traite des femmes et des enfants, particulièrement vulnérables dans le chaos.

Lorsque la terre a tremblé, le 25 avril dernier, Stéphanie Selle a tout simplement pensé qu’elle allait mourir. « Il n’y a pas un endroit où on se sente à l’abri. Même au milieu d’un champ, les répliques sont très dures à vivre ». Passée la frayeur, Stéphanie et les équipes de Planète Enfant sont tout de suite entrées en action. « Notre association est présente au Népal depuis 20 ans dans le domaine de la protection de l’enfance. Nous sommes très ancrés dans le pays et avons des relations étroites avec les autorités. Comme nous travaillons sur fonds propres, grâce aux dons, nous avons pu intervenir très vite. Nous avons mis en stand-by quelques uns de nos programmes pour parer au plus pressé, et distribuer de la nourriture, des médicaments, des tentes et des produits d’hygiène. »

Avec le deuxième séisme du 12 mai, les besoins se font encore plus pressants : « on prend encore un peu de retard. On devait partir faire des distributions dans un village, on a du décaler, pour s’assurer que tout le monde va bien. Le traumatisme et l’angoisse des populations sont énormes. »

L’objectif à court terme de l’ONG est d’établir des ilots de sécurité pour les trois prochains mois, des espaces temporaires, récréationnels et éducatifs, afin d’accueillir les enfants alors que les écoles sont fermées. C’est d’autant plus nécessaire que la mousson arrive. « L’important est de fournir une assistance psychologique aux enfants qui viennent de vivre une expérience traumatisante. Nous devons les aider à évacuer ce trauma par le dessin, la parole. Mais ces « child family spaces » doivent aussi nous aider à repérer les cas de violence ou de trafic car, avec les destructions liées au séisme, les femmes et les enfants sont encore plus vulnérables. Beaucoup de femmes et d’enfants ont tout perdu et sont livrés à eux-mêmes».

Le trafic humain, un fléau au Népal

La lutte contre la traite et l’exploitation des enfants est la mission prioritaire de Planète Enfants. « Ce phénomène est de grande ampleur au Népal, ancré depuis les années 1990. On estime que 10 à 15.000 jeunes filles partent en Inde chaque année dans les réseaux de prostitution. D’autres travaillent à Katmandou. En général, les jeunes villageoises adolescentes sont convaincues par des étrangers que le départ signifie beau mariage et travail. La réalité est bien loin du rêve ». Planète Enfant travaille donc à renforcer les capacités des mères et des familles à protéger les enfants.  La prévention par l’alphabétisation et la scolarisation est essentielle, comme les activités de sensibilisation, afin de former des comités de protection contre les violences dans les villages.

On pense que 2 millions d’enfants de moins de 14 ans travaillent au Népal, beaucoup comme « Kamalari », aide domestique dans des familles plus aisées. « Ils sont rarement bien traités. Malheureusement, ils sont déscolarisés presque tout le temps ». Plus largement, la pauvreté génère des mouvements de migrants vers les pays du Golfe, le Liban la Malaisie... « Environ 10% des Népalais travaillent à l’étranger, souvent sous une forme d’esclavage moderne. Nous nous adressons aux femmes et aux enfants, mais aussi aux hommes pour qu’ils prennent une décision informée, connaissent leurs droits et éventuellement renoncent à leur départ ».

Planète Enfants a créé des Maternelles pour accueillir les enfants de 3-6 ans dont les mères travaillent dans la prostitution. « L’idée, c’est de les protéger car ils sont extrêmement vulnérables aux abus. Nous les aidons à intégrer l’école primaire avec succès. Cela permet d’aider les mères aussi. Nous leur proposons des formations professionnelles, l’accès à un juriste, un psychologue, des ateliers pour rétablir le lien avec l’enfant… ». L’ONG  gère également des Centres d’accueil pour les prostituées qui ont choisi d’arrêter.

Le Népal pourra-t-il se relever ?

Devant l’ampleur de la catastrophe, Stéphanie tente d’être optimiste. « C’est beaucoup pour eux. Le pays est extrêmement pauvre, très montagneux. Avec le changement climatique, les inondations succèdent à la sécheresse. Alors ce séisme en plus... Il faut vraiment aider ceux qui ont perdu leur troupeau ou leur récoltes à remonter une activité. Mais les Népalais ont une faculté de résilience impressionnante. Je reste épatée du sang-froid et du sourire qu’ils gardent. Ils ont une grande force ». 

MPP (www.lepetitjournal.com) lundi 25 mai 2015

SEISME AU NEPAL : faites un don pour l'aide d'urgence et la protection des enfants !

Courez pour le Népal !
Planète Enfants vous invite à participer à La Course des Héros le
21 juin 2015 à Paris.

A l’origine, en participant à la course, VOTRE MISSION était de collecter 250 euros pour offrir à des jeunes népalaises exploitées dans le secteur de la prostitution (prostituées, serveuses, chanteuses, masseuses...) une alternative de vie grâce à la réinsertion professionnelle. En raison de l’urgence, cette somme pourra être affectée à la distribution de produits de première nécessité.

Pour participer et en savoir plus ici

www.planete-enfants.org

 

 
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