Pas d'équilibre avant 2040 : l'avenir du système de retraites s'assombrit


L'avenir s'assombrit: le système de retraites, tous régimes confondus, ne devrait finalement pas retrouver l'équilibre financier avant le début des années 2040 au mieux, selon les dernières prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui pourraient changer la donne pour le gouvernement.

"Après plus de vingt ans de réformes successives, le problème des retraites n'est plus un problème financier", peut-on encore lire dans le programme du candidat Emmanuel Macron.

Un argument fragilisé par le rapport annuel sur les "évolutions et perspectives des retraites en France" que doit adopter le COR mardi.

Selon une version provisoire du document, consultée lundi par l'AFP, le "solde financier du système de retraite" (régimes de base et complémentaires, Fonds de solidarité vieillesse inclus) devrait s'établir à -0,4% du PIB à l'horizon 2021.

Une mauvaise surprise comparée aux prévisions publiées en 2016 - qui tablaient sur un déficit deux fois moindre (-0,2% du PIB) à l'horizon 2020 -. Imputable à la révision à la baisse des hypothèses de croissance du PIB (passées pour 2020 de 1,9% l'année dernière à 1,7%).

Jusqu'alors envisageable pour le milieu des années 2020, le retour à l'équilibre n'interviendrait qu'au début des années 2040, en supposant une croissance des revenus d'activité d'1,8% et un taux de chômage à 7%.

Il serait repoussé au début des années 2050 en cas de croissance à 1,5%, taux en dessous duquel le système resterait "durablement en besoin de financement", note le rapport.

Pour évaluer ces besoins jusqu'à l'horizon 2070, le COR s'appuie sur quatre scénarios de croissance des revenus d'activité (1%, 1,3%, 1,5%, 1,8%) couplés à un taux de chômage de 7% à partir de 2032.

A moyen terme, le "solde financier du système resterait négatif" dans tous les cas "sous l'effet principalement de la baisse des ressources en pourcentage du PIB".

- Des retraités échaudés -

La situation s'aggraverait même dans le scénario le plus optimiste, avec un déficit de 0,7 % du PIB entre 2026 et 2030 en cas de croissance à 1,8%.

En revanche, à plus long terme, on observe une baisse des dépenses, dans trois scénarios.

Plusieurs facteurs permettent d'expliquer ces projections plus pessimistes, comme la récente révision des prévisions démographiques de l'Insee, avec l'abaissement du solde migratoire annuel et l'allongement de l'espérance de vie des hommes, ou les effets plus rapides qu'escompté de la réforme de 2010.

Autre explication : une croissance de la masse salariale des fonctionnaires (où le taux de cotisation finançant les retraites est plus élevé) moindre que la masse salariale totale, qui a un effet minorant sur les ressources du système. Mais traduit également de moindres dépenses pour l’État.

Pris en compte pour la première fois, le compte pénibilité, qui pourrait permettre à 100.000 personnes d'anticiper leur départ à la retraite en 2070, aurait un impact "quasi nul" sur le solde financier du système.

A l'inverse, la liquidation unique dans les régimes alignés (Lura) à compter de juillet devrait "conduire à baisser la pension moyenne des polypensionnés" jouant d'autant sur les comptes.

Pour le gouvernement d'Emmanuel Macron, qui promet d'unifier tous les régimes de retraite sans toucher à l'âge légal de départ ou aux modalités des pensions, l'équation pourrait se compliquer.

D'autant plus que l'augmentation d'1,7 point du taux normal de la CSG (contribution sociale généralisée) ne fait rien pour rassurer des retraités échaudés par le gel de leurs pensions. Et pour qui le COR prévoit une baisse de la pension moyenne relative au revenu d’activité.

Trois leviers sont privilégiés pour assurer la pérennité financière des systèmes de retraites : l'âge de départ, le niveau des pensions et les cotisations.

Il reviendra à une autre instance, le comité de suivi des retraites, de formuler ou non des recommandations à l'adresse du gouvernement, dans un avis à paraître avant le 15 juillet. Ce qu'il s'est gardé de faire depuis sa création en 2014.

© 2017 Agence France-Presse
 
Une internationale

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.
 Bleu Blanc Box

Caroline Gaujour et Bleu Blanc Box : un partenariat haut en couleur !

Si vous êtes lecteur de notre édition stambouliote, peut-être avez-vous déjà entendu parler de Caroline Gaujour ? L'illustratrice installée depuis maintenant plus de deux ans dans la capitale turque a lancé son blog "dessinsdexpat.com" ainsi qu'une bande dessinée où elle retrace en dessins et avec beaucoup d'humour la vie et la condition d'expatrié(e). Elle vient récemment de nouer un partenariat avec Bleu Blanc Box. Cliquez ici pour en savoir plus
Actu internationale
Expat
Expat - Emploi

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.

COACHING - Le sacrifice du conjoint suiveur

Selon une enquête récente auprès de la population francophone expatriée, 49% des conjoints suiveurs en recherche d’emploi auraient le sentiment d’avoir sacrifié leur carrière*. Ce chiffre m’a interpellée, car je trouve cela dommage de voir autant de personnes qui voient leur expatriation comme un sacrifice de leur carrière. 
Expat - Politique
Magazine
En direct de nos éditions locales