Vers la fin du conflit en Guyane


Paralysée par plus d'un mois de mouvement social, la Guyane s'approchait vendredi, veille de la présidentielle dans ce territoire, de la signature d'un accord de fin de conflit préalable à la levée des barrages, dont beaucoup avaient déjà disparu dans la matinée.

Le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle) a quasiment finalisé vendredi matin, après des négociations marathon avec les élus et le préfet, un accord, qu'il devrait parapher dans l'après-midi.

"Au bout de dix heures de négociations, on a entre les mains un document en voie de finalisation", a expliqué Davy Rimane, porte-parole du collectif, évoquant "des avancées assez importantes" devant la centaine de manifestants (sur 500 au plus fort de la nuit) qui ont attendu jusqu'à l'aube la fin des discussions devant la préfecture à Cayenne.

A l'issue, ces Guyanais ont entonné la chanson synonyme de leur mobilisation "Lagwiyann levé" (la Guyane levée), et leur cri de ralliement "Dé-ter-mi-nés"!

Pour la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, qui s'était excusée devant la population lors de sa visite, "cette journée est décisive pour la Guyane".

Tous les protagonistes doivent se retrouver à 14h00 (19h00) à la préfecture pour signer le texte de 8 pages, baptisé "Accord de Guyane". Le préfet Martin Jaeger signera au nom de l'Etat, et les quatre parlementaires guyanais, le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) Rodolphe Alexandre, ainsi que le président de l'association des maires, parapheront également le document.

"Je vais signer, en hommage au collectif (...) et parce qu'il y a la levée des barrages. Je crois que les Guyanais sont saturés, sont épuisés par ces barrages", a déclaré M. Alexandre.

"Aujourd’hui sera marqué de la signature de ce qui est la première étape de la mobilisation", a expliqué le collectif vendredi matin dans un communiqué, précisant que "les barrages seront levés à midi". Mais déjà plusieurs d'entre eux l'étaient vendredi matin, a constaté une journaliste de l'AFP.

- Santé, éducation, foncier -

"Pou la Gwiyann dékolé" demande plus de 3 milliards de mesures sécuritaires, économiques et sociales pour permettre au territoire d'outre-mer de rattraper son retard sur l'Hexagone, alors que l'Etat avait dans un premier temps mis sur la table un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros.

Le Premier ministre avait alors parlé de revendications "irréalistes".

Le collectif a finalement obtenu que le gouvernement "acte" les 2,1 milliards supplémentaires demandés, qui seront intégrés dans un "plan d'investissement", notamment sur la santé et l'éducation, selon M. Rimane.

Sur le foncier, l'Etat s'engage "à céder gratuitement 250.000 hectares à la Collectivité Territoriale Guyanaise et aux communes de Guyane", et 400.000 hectares aux Amérindiens et Bushinengués. La question de la "rétrocession totale" des terres sera aussi discutée "lors des prochains états généraux de la Guyane".

Et le collectif a obtenu la garantie qu'il n'y aurait aucune poursuite judiciaire, pénale et financière envers "les signataires de l'accord".

Après une marche qui avait rassemblé des milliers de Guyanais dans un idéal d'unité le 28 mars, la tension s'était accentuée depuis plusieurs jours dans la population, partagée sur l'opportunité de poursuivre les barrages qui ont pénalisé l'économie, cloué la fusée Ariane au sol et entraîné des pénuries de produits, notamment frais.

Le collectif avait fait un pas dimanche en envoyant au gouvernement une proposition de protocole d'accord, complétée par rapport à la version des ministres des Outre-mer et de l'Intérieur, qui s'étaient rendus en urgence en Guyane début avril. Le texte a ensuite été amendé par le gouvernement, puis de nouveau par le collectif.

"Pou la Gwiyann dékolé" avait invité la population à une opération "ville morte" jeudi, "dernier coup de collier" avant la signature, mais qui n'a pas été suivie. Les "500 frères contre la délinquance", ce groupe d'hommes cagoulés et vêtus de noir qui avaient obligé les commerçants réticents à fermer leur magasins lors d'une opération précédente, n'ont pas renouvelé leur geste.

© 2017 Agence France-Presse
 
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