Présidentielle: le terrorisme envenime le dernier jour de campagne


La lutte contre le terrorisme a envenimé le dernier jour de la campagne présidentielle, qui s'achève officiellement ce vendredi à minuit, le Premier ministre accusant Marine Le Pen et François Fillon d'avoir fait "le choix de l'outrance et de la division".

Plusieurs candidats -Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron- ont annulé leurs derniers déplacements après l'attentat qui a coûté la vie à un policier jeudi soir à Paris, mais ont saisi l'occasion pour défendre leur projet en matière de sécurité. L'occasion d'ultimes attaques pour la candidate du Front national et celui de la droite.

La présidente du FN a ouvert les hostilités dans une déclaration depuis son QG de campagne parisien. "Depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous perdions" la "guerre qui nous est menée", a-t-elle dénoncé.

François Fillon s'est dit prêt à combattre le terrorisme "d’une main de fer". "Certains n'ont semble-t-il pas encore totalement pris la mesure du mal qui nous agresse", a-t-il critiqué.

Marine Le Pen "cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser", a répliqué Bernard Cazeneuve depuis le perron de Matignon. Quant aux 10.000 créations de postes de policiers promises par François Fillon, "comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité ?", a-t-il fustigé.

Emmanuel Macron s'est dit dans une courte allocution "prêt" à assumer "le rôle premier" du président de la République qui est de "protéger les Français", promettant d'être "implacable dans le combat" pour la sécurité.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a appelé dans une allocution ses concurrents à la présidentielle à respecter leur "devoir de sang-froid" et à "éviter les polémiques grossières et vulgaires".

Le candidat de La France insoumise, qui a souhaité "ne pas interrompre le processus de notre démocratie", a participé vendredi soir à Paris à un "apéro insoumis" en compagnie de l'Espagnol Pablo Iglesias, le leader de Podemos, au cours duquel il a célébré une "Europe des rebelles".

De son côté, Benoît Hamon a annulé un déplacement en matinée mais maintenu un discours à Carmaux (Tarn) en fin d'après-midi. "Nous ne céderons rien" face aux "terroristes" islamistes, ni aux "intégristes antirépublicains entourant" Marine Le Pen, a lancé le candidat PS sur les terres de Jean Jaurès.

- fin des sondages -

François Hollande, qui a annulé un déplacement en Bretagne, a présidé tôt un Conseil de défense, avant de se rendre avec Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl au chevet du policier grièvement blessé dans l'attentat des Champs-Elysées, à l'Hôpital européen Georges-Pompidou, puis à la Préfecture de police de Paris.

"Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a déclaré le Premier ministre à l'issue du Conseil de défense.

Tous les bureaux de vote de la capitale qui auront besoin d'un renfort d'agents de sécurité en seront pourvus, a assuré de son côté la mairie de Paris.

La campagne officielle s'achève ce vendredi à minuit, les médias n'ayant plus le droit de publier ou de diffuser sondages ni déclarations des candidats jusqu'à dimanche 20H00, lorsque les premiers résultats seront annoncés.

Les derniers sondages publiés vendredi, mais réalisés en partie avant l'attentat, donnent toujours une légère avance à Emmanuel Macron (23 à 24,5%) devant Marine Le Pen (22 à 23%), François Fillon (19 à 21%) et Jean-Luc Mélenchon (18 à 19,5%). Mais les écarts sont suffisamment faibles pour que tous les scénarios restent possibles pour la qualification au second tour, d'autant plus qu'environ trois Français sur dix se disent encore indécis.

Benoît Hamon restait sous les 10% d'intentions de vote, et les six autres candidats (Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau et Jacques Cheminade) sous les 5%.

© 2017 Agence France-Presse
 
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