Quand Yves Marre réalise quelque chose, il s’engage à fond. La curiosité et le dépassement de soi sont ses moteurs. De ses exploits dans les airs ou sur les mers à son engagement humanitaire au Bangladesh à bord d’une péniche, portrait d’un expat qui n’a pas froid aux yeux
- Lauréat des Trophées de la présence française à l’étranger qui seront remis au Sénat, le 1er mars dans le cadre de la Journée des Français de l’étranger dont lepetitjournal.com est partenaire

Yves Marre, 57 ans, a grandi à Toulouse, dans une maison toute proche du terrain d’aviation de Montaudron. Là même où Saint-Exupéry décollait et se posait. Difficile dans ces conditions de ne pas se rêver pilote de ligne. Mais à cause d’un problème d’acuité visuelle, le jeune homme a dû se contenter d’être steward chez Air France.
Cela ne l’a pas empêché, après avoir obtenu un contrat à temps partiel, de piloter des engins pour assouvir sa passion. Il a ainsi dirigé un parapente motorisé avec lequel il a été le premier à traverser la Manche.
Il a également participé aux essais d’un ballon dirigeable à pédales pour l’émission Ushuaïa de Nicolas Hulot. Après ces expériences concluantes, il est parti piloter un hydravion en Amazonie.

Entre ciel et mer

A cette époque Yves multipliait déjà les excursions, notamment via des missions humanitaires pour Aviation Sans Frontières, en Centrafrique et en Amazonie colombienne. "Jusque là, Air France avait été très sympa avec moi malgré mes absences de plus en plus longues… Ils ont eu plus d’une occasion de me virer "se souvient-il.
Ayant considéré qu’il avait fait le tour des airs, il a décidé de traverser l’Atlantique en solitaire en 1985.
Appartement parisien vendu, congés sans solde et achat d’un ketch ont lancé cette idée folle : il n’avait jamais navigué auparavant ! Il lui a fallu deux mois, le temps d’être dégoûté de la mer.
Mais la vie à Paris sur une péniche lui a redonné envie de partir… Et pourquoi pas sur cette péniche ? Après avoir étudié la stabilité du fond plat, Yves a réussi à faire Paris-Miami en 38 jours ! Cet exploit lui a ouvert le cercle des mariniers. Apprenant l’existence d’un plan de restructuration des péniches, dont un grand nombre était destiné à la casse, il en a récupéré une en 1993 avec l’appui de Michel Rocard.
Il a mis trois mois et demi pour aller au Bangladesh, où il a fait de l’embarcation un hôpital flottant. Depuis il le gère avec sa femme Runa, rencontrée à Dhaka en 1995. Le couple a développé une centaine de dispensaires et des ambulances fluviales avec leur propre chantier naval ouvert en 2004.
Yves réfléchit à s'investir au Pakistan : "Mais pour le moment c’est au Bangladesh que nous sommes les plus utiles. Il faut assurer. On voit les besoins, on aide dès qu’on peut ".
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 26 février 2008

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