Avant les élections du 25 mars 2012, qui désigneront le chef de l’exécutif du gouvernement, lepetitjournal.com vous propose un portrait de chacun des candidats annoncés. Pour débuter cette série, celui considéré encore il y quelques semaines comme le favori de l’élection : Henry Tang Ying-yen. Pourtant, ce dernier, après avoir défrayé la chronique pour s’être écarté du lit conjugal, a peut-être permis à son principal adversaire Leung Chun-ying de prendre l’avantage dans cette élection qui n’a semble t-il rien de démocratique

Henry Tang, le favori des prochaines élections (Photos : wikimédia)

Celui que de nombreux médias ont présenté comme le favori à la fois de Pékin et des élections, Henry Tang, défraye la chronique depuis début octobre pour avoir eu des relations extra-conjugales. La « casserole » de trop pour ce businessman accompli et homme politique pro-Pékin qui souhaite succéder à Donald Tsang ?

Un Hongkongais pro-RPC
C’est ainsi que se définit l’homme. Avant d’entrer dans la vie politique, à l’instar des jeunes étudiants désireux de parfaire leur parcours scolaire, Tang est parti en occident et est diplômé ès arts de l'Université du Michigan en 1975. Il a également un diplôme de droit à Yale. Tang est un businessman accompli, remportant le prix du jeune industriel de Hong Kong en 1989 et nommé Global Leader for Tomorrow par le Forum économique mondial en 1993.  Marié et père de quatre enfants, il semble un homme politique hongkongais comme un autre.

Pourtant, Tang a des liens étroits bien plus étroits avec les dirigeants de la République Populaire de Chine que ses concurrents. Son père Tang Hsiang Chien est depuis longtemps membre permanent du Comité politique de la Conférence consultative du peuple chinois, l'organe consultatif de l'Assemblée populaire nationale. Le candidat possède par conséquent des soutiens importants en Chine.

Une carrière d’homme d’affaires et d’homme politique accompli

Entre 1995 et 2001, il sert comme président de la Fédération des Industries de Hong Kong. Membre du comité de la Chambre de Commerce de Hong Kong et délégué du Jockey Club, Henry Tang est parfaitement intégré dans la communauté d’affaires, communauté dans laquelle il a fait ses armes avant de se lancer dans la politique.

Henry Tang est perçu par de nombreux hommes politiques hongkongais comme le succéseur naturel de Donald Tsang, l'actuel Chef de l'exécutif.

Membre influent du Conseil exécutif du transfert de souveraineté en 1997, Tang avait d’ailleurs été pressenti pour devenir Chef du gouvernement à l’époque. Considéré comme trop jeune et n’étant pas suffisamment intégré aux cercles du pouvoir, il a dû patienter. Il avait auparavant servi en tant que membre du Conseil législatif pendant sept ans, de 1991 à 1998. Très actif à l’intérieur du Parti libéral, le parti pro-business et  pro-Pékin, il a rejoint le gouvernement en Juillet 2002 dans l’équipe du secrétariat au Commerce, dans le cadre d’une arrivée de nouveaux hommes politiques visant à améliorer la transparence gouvernementale. Promu comme secrétaire au Commerce, à l’Industrie et aux Finances, il remplace le 4 août 2003 Antoine Leung démissionnaire en raison d'allégations d'évasion fiscale.

Le 25 mai 2005, Donald Tsang, le Secrétaire général pour l'administration, démissionne pour briguer le poste de Chef de l’exécutif. Tang assure à l’époque l'intérim de la direction de la zone administrative spéciale de Hong Kong. Pour de nombreux analystes locaux, c’est le tournant de sa carrière qui va lui permettre, en apparaissant comme le second de Tsang, de briguer et d’obtenir le plus haut poste du gouvernement en mars prochain.

Des « casseroles » qui pourraient remettre en question son statut de favori ?
Le nom d’Henry Tang est lié à quelques scandales de mauvaise gestion des finances publiques ou d’abus de bien sociaux. L’affaire la plus célèbre reste « l’Harbour case ». Tang a été impliqué dans la controverse suite au choix d’injecter 100 millions de dollars hongkongais dans la Harbour Fest – projet qui soulèvera de nombreuses critiques par son coût élevé et son côté clinquant - rejetant par la suite tout la responsabilité du projet sur le haut fonctionnaire Rowse et tentant de faire supprimer les extraits des procès-verbaux dans lesquels il se déclarait responsable du projet.

Après avoir fait la une des journaux après ses diverses déclarations faisant malencontreusement rimer « chômage » et « paresse », « jeunesse » et « inconscience », la mésentente entre les jeunes, les chômeurs hongkongais et l’homme du gouvernement a atteint son paroxysme en mars 2010. Un chômeur d’une trentaine d’années a jeté une chaussure sur Tang qui participait à un sommet… sur les problèmes auxquels la jeunesse hongkongaise faisait face.

Quant aux rumeurs sur la vie amoureuse de M. Tang, elles se sont propagées ces derniers jours suite à sa démission en tant que secrétaire en chef afin de se lancer dans la course électorale. Le 4 octobre 2011, Henry Tang a publié une déclaration dans laquelle il a admis avoir fait une erreur dans sa vie sentimentale. Son épouse l’a soutenu, affirmant l’existence des moments difficiles dans leur relation mais le reconnaissant comme un mari aimant et le meilleur candidat pour l’élection. Suite à cette déclaration commune, Rita Fan outsider bien placée dans la course pour l’élection a déclaré le 7 octobre 2011 qu’elle n’était pas au courant de l'infidélité de M. Tang quand elle lui a offert son soutien. Elle a également affirmé que désormais elle n’excluait pas de revenir sur sa décision de ne pas se présenter.

Chip Tsao, chroniqueur qui se veut politiquement incorrect, affirme dans le dernier HK Magazine que Henry Tang sera bientôt intronisé sous la bénédiction de Pékin. Espérons seulement que la réalité ne sera pas aussi caricaturale que l’élection vu par les yeux du chroniqueur et que le choix du prochain chef de l’exécutif dépendra aussi de ses qualités intrinsèques à gouverner le Port aux parfums…

Roman Fruitier (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), lundi 17 octobre 2011

À suivre
Mercredi : Une chronologie hongkongaise du vote
Vendredi : Les candidats à l’élection : Leung Chun-ying

A lire également : À LIRE – « Behind the Mask », HK MAGAZINE

 
Une internationale

BAÏKA – La promesse d’un "voyage à chaque page"

Lancer un nouveau magazine est un pari audacieux. D’autant plus quand on souhaite s’adresser aux plus jeunes et les sensibiliser aux différentes cultures du monde. C’est pourtant le défi que s’est lancé Noémie Monier, éditrice et rédactrice en chef de Baïka, trimestriel dédié aux 8-12 ans qui cherche à travers son magazine à éveiller ses lecteurs à « l’autre », en mêlant fictions, récits mythologiques et documentaires. 
 Trophées des Français de l'étranger 2017
Actu internationale
Actualités de nos partenaires

L’ESDHEM

Préparez-vous à intégrer les Grandes écoles françaises de Commerce et de Management les plus prestigieusesDispensé depuis plus de 20 ans sur les campus SKEMA de Business School de Lille et Paris la Défense et depuis septembre 2016 sur Sophia Antipolis, l’ESDHEM est un programme post-bac unique.
Expat
Expat - Emploi

COACHING - Comment faire en sorte que chaque jour compte ?

Ce matin, comme tous les matins, ça sent bon le café et le pain grillé dans ma cuisine. Je prends le petit déjeuner avec mon mari et mon fils de 7 ans. J’adore ce moment de la journée. Je ne suis pas hyper vivace, par contre mon fils lui, il pète la forme, comme tous les jours !

FRENCH HEALTHCARE – Exporter l’excellence française en matière de santé

Largement envié à l’étranger, notre modèle de santé « à la française » bénéficie d’une solide réputation. La France a su devenir une référence en la matière, rayonnant bien au-delà des frontières de l’hexagone. Pour poursuivre sur cette voie, et apporter plus de lisibilité à ce secteur, Jean-Marc Ayrault vient de lancer le label French Healthcare, « la santé française, une excellence qui s’exporte », une marque unique fédérant tous les acteurs du secteur. 
Expat - Politique

MICHAELLE JEAN – "«J’aime, je partage», c’est parler comme un francophone"

Le 20 mars, c’est la Journée Internationale de la Francophonie. Pour l’occasion, nous avons rencontré une ardente protectrice de la langue de Molière, Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) depuis 2014. Très déçue de voir que la France a opté pour un slogan en anglais pour sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024, elle nous parle avec enthousiasme de ses projets, notamment numériques, pour développer notre langue dans le monde.
Magazine
En direct de nos éditions locales
Frases de la vida frases de la vida frases de enamorados poeme d'amour Joyeux Anniversaire