La réélection la semaine dernière de Barack Obama à la Présidence des Etats-Unis a déclenché quantité de réactions de par le monde, Hong Kong n’étant pas en reste. La longue campagne américaine y a certes été suivie, mais il semble qu’elle ait fait moins souvent la Une qu’il y a quatre ans. Néanmoins, la traditionnelle retransmission en direct de la soirée électorale par la Chambre de Commerce Américaine a attiré de nombreux intéressés, expatriés ou locaux.

La campagne, moins porteuse d’espoirs que la précédente et tournant parfois à l’aigre, n’a pas suscité autant d’intérêt qu’en 2008. Il est vrai qu’avec le XVIIIème Congrès du Parti Communiste Chinois actuellement en cours, Hong Kong a les yeux tournés vers la passation de pouvoir de l’autre côté de la frontière. Beaucoup ont toutefois suivi avec attention cette élection bien différente des méthodes de renouvellement des dirigeants utilisées à Hong Kong ou en Chine.

Hong Kong attentif aux relations sino-américaines
La simulation d’élection organisée par la Chambre de Commerce Américaine a donné Barack Obama vainqueur suivant en cela l’opinion générale à Hong Kong. Bien que l’enthousiasme ne soit plus aussi soutenu qu’en 2008, les Hongkongais restent majoritairement en faveur de l’actuel occupant de la Maison Blanche. Ils apprécient la stabilité et la continuité des relations engendrées par cette réélection. Tant Barack Obama que Mitt Romney ont fait de la fermeté face à la Chine un de leurs thèmes de campagne. Mais certaines sorties du Républicain ont été accueillies particulièrement froidement, notamment au sujet de la manipulation de sa monnaie par la Chine. En cas de victoire de Mitt Romney, ces déclarations ont fait craindre une potentielle montée des tensions ou du moins de l’incertitude quant à la future politique extérieure des Etats-Unis.

De par son statut particulier, Hong Kong est clairement affecté par les relations sino-américaines. Comme le souligne le Chef de l’Exécutif Leung Chun-yin dans son message de félicitations à Barack Obama, Hong Kong "est une destination majeure des investissements américains en Asie. […] En tant que région administrative spéciale de Chine, Hong Kong a un rôle unique à jouer dans l’ouverture et la réforme du marché chinois". C’est pourquoi l’opinion générale hongkongaise était plus favorable à un deuxième mandat du Démocrate plutôt qu’à une plongée dans l’inconnu avec un candidat républicain n’ayant presque aucune expérience diplomatique.

Mais à l’image de la relation complexe de Hong Kong avec la Chine, les espérances des habitants sont parfois diamétralement opposées. Certains attendent maintenant des Etats-Unis qu’ils s’élèvent en contre-pouvoir face à la montée économique de la Chine et à ses revendications territoriales mettant à mal les relations avec ses voisins. D’autres voient dans la réélection de Barack Obama un signe positif pour la coopération des deux premières puissances mondiales pouvant bénéficier à Hong Kong par lequel transite une importante partie des échanges internationaux.

Les relations des Etats-Unis avec la Chine ont évolué entre la prise de pouvoir du Démocrate et sa réélection. 2008 était l’occasion de renforcer la coopération avec la puissance montante asiatique notamment au sujet de la crise financière et du changement climatique. Mais les revendications chinoises de plus en plus pressantes sur les territoires disputés avec des pays alliés aux Etats-Unis ont quelque peu durci les positions américaines.

Les milieux économique et financier dans l’expectative
Malgré un résultat qui répond à ses attentes, Hong Kong reste particulièrement attentif à la situation économique américaine qui a été au cœur de la campagne pendant plus d’un an. La monnaie hongkongaise étant liée au dollar américain, toute fluctuation importante du billet vert serait vivement ressentie ici. Or le Président réélu, s’il peut toujours compter sur l’appui du Sénat, doit continuer à composer avec la Chambre des représentants à majorité républicaine. Sa marge de manœuvre, déjà réduite depuis les élections de mi-mandat en 2010, ne s’est pas accrue après le scrutin de mardi.

Les négociations risquent d’être particulièrement délicates au sujet de la "falaise fiscale". Cet ensemble de mesures budgétaires et fiscales risque d’entrer en vigueur début 2013, à moins que Républicains et Démocrates ne trouvent un accord pour la surmonter. En l’absence de compromis, les 600 milliards de dollars annoncés de coupes dans les dépenses publiques et de hausses d’impôts pourraient à nouveau plonger les Etats-Unis dans la récession. Ces inquiétudes se font déjà ressentir sur le marché hongkongais, reflétées par l’index Hang Seng qui a perdu 3% en une semaine. Si la population a accueilli positivement la nouvelle victoire de Barack Obama, les milieux financiers et d’affaires hongkongais restent dans l’attente d’une réelle amélioration de la situation économique.

Gwen Cleroux (www.lepetitjournal.com/hongkong.html) lundi 12 novembre 2012

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