Nous retrouvons Raoul, Edouard et Gabriel au Vietnam après leurs 2.000 premiers kilomètres de la traversée du Mékong à vélo. Petit point sur leur aventure généreuse et voyageuse. Souvenez-vous !  Nous les avions rencontrés fin septembre à Hong-Kong. Ils réglaient alors les derniers détails de leur parcours avant leur départ de Shenzhen en direction de la Thaïlande, en 5 mois et 8.000 kilomètres, au profit de la scolarisation des enfants du Mékong.

Trio – crédit : RGE

Des montures éprouvées
La première grande étape de leur périple dans le sud de la Chine a pris fin il y a dix jours. Depuis ils ont fait une pause sur les bords du fleuve rouge à Hanoï, au nord du Vietnam. Une halte de quelques jours pour remettre en forme leurs montures qui ont terriblement souffert des routes chaotiques empruntées dans les provinces du Guangdong et de Guangxi. En particulier "Cadichon", la monture d'Edouard, tombée un jour de pluie, dans le piège liquide d'un nid de poule. Résultat : une jante fissurée après un dérailleur gobeur de tee-shirt séchant sur le porte bagage ! Ils ont visité tous les réparateurs de la ville et ils sont finalement en attente d'une remplaçante en 28 pouces, rareté en Asie, probablement disponible à Saigon.

Liberté de circuler
A Hanoï, ils ont retrouvé des francophones, le plaisir de lire la presse française, mais aussi de se délecter d'un morceau de beurre salé et de converser avec leurs hôtes français sur la situation politique du pays qui les accueille. Un pays dans lequel ils sentent un encadrement rigide, bien plus que ce qu'ils ont pu vivre dans le sud de la Chine où à aucun moment ils n'ont eu à sortir leurs papiers d'identité et où ils n'ont jamais été arrêtés par des policiers, sauf pour faire une photo ! Au Vietnam, ils ressentent une pression imposée par le régime au pouvoir. Des militaires viennent régulièrement à leur rencontre pour savoir où ils se rendent et ils se sentent beaucoup plus observés.

Améliorer le quotidien
Ils en ont profité pour réaliser l'incontournable petite carte de visite qui va leur permettre de laisser un contact à leurs hôtes afin de rester en lien et surtout de ne plus passer des minutes incertaines au fond de leurs sacoches en quête d'un improbable bout de papier. Le goût de l'aventure les porte à reprendre la route, vite, vite. C'est par le train qu'ils rejoindront finalement la ville de Lao Cai dans le nord du Viêtnam, leur évitant deux journées de boulevards en plaine. Cela d'autant plus qu'ils sont tenus par un visa de courte durée et qu'ensuite un parcours assez ardu de montagne les attend pour atteindre le Laos.

Heureux qui comme Ulysse
Ils sont souriants, en pleine forme physique, ne traînent aucun bobo et font une description haute en couleurs et en émotions de leur première grande étape qu'ils ont tenues au rythme de 100 kilomètres par jour. Pour Gabriel, le comble est de ne pas avoir trouvé le temps de lire, ni celui de se reposer tel qu'il l'imaginait avant le départ ! Car les journées sont denses, gorgées de surprises et d’émerveillements. Ils mesurent combien les moments qu'ils sont en train de vivre sont inoubliables,  chargés des rencontres singulières comme celle-ci racontée par Raoul : "Alors que je faisais des photos dans une rue d'un petit village,  j'ai été abordé par une personne qui m'a emmené dans un veille maison à l'intérieure de laquelle il m'a présenté une femme alitée dans une pièce très sombre. Elle avait 103 ans. Il souhaitait simplement que je fasse une photo d'elle ! J'étais très ému et très touché."

Edouard crédit : RGE

Portraits en devenir
C'est au Vietnam qu'ils ont débuté les portraits d'enfants qu'ils veulent mettre en exergue à leur retour à Paris. Ils y ont visité quatre centres qui viennent en aide aux enfants et qui soutiennent leur scolarité. L'association Enfants du Mékong leur a permis d'entrer en contact avec eux et de faciliter les reportages. Ils avaient tous les trois hâte d'entamer ce qui devrait rester comme la pépite de leur projet. Ils se disent "en rodage" mais on les sent pris au jeu du journalisme, réglant chaque fois au plus juste le contenu de leur questionnaire pour que les enfants soient en confiance, qu'ils comprennent le sens de cette rencontre. Ainsi ils essayent, dans la mesure du possible, de les rencontrer chez eux et ils partagent des jeux, des dessins, parlent de leurs vélos, expliquent pourquoi ils font ce voyage afin de créer un lien privilégié.

Des km pour l'école. Crédit : RGE

Voyager autrement, laisser venir
Ils apprécient particulièrement la simplicité de leur voyage et insiste pour que l'on ne les prenne nulle part pour des touristes. Ils se sont même donné quelques règles de base comme ne jamais payer pour dormir la nuit, quitte à somnoler sur un banc. Ne rien monnayer, recevoir, donner, échanger sans aucun rapport marchand, sauf pour s'alimenter si besoin. Edouard avoue qu'ils y vont parfois au culot "Est-ce que l'on peut dormir chez vous ? Le sol nous suffit." Mais ils sont très touchés par l'hospitalité qu'ils ont reçue ainsi que la grande générosité des Chinois qu'ils ont côtoyés.  Ils ont rapidement pris conscience qu'ils étaient souvent les premiers blancs rencontrés par leurs hôtes et ils font toujours très attention à l'image qu'ils donnent. Parfois, un coup de crayon lancé sur une feuille au coin d'une table, des enfants qui rigolent, qui prennent le crayon, poursuivent l'un après l'autre, ajoutant un trait, des éléments au dessin, qui finalement chargé d'objets va se métamorphoser en une leçon de vietnamien. Chacun nomme, Edouard répète un ton trop haut, des rires explosent… Ainsi se tissent des liens inopinés et fabuleux ! "Les émotions sont intenses et non-stop du matin au soir". Voilà ce qui les fait avancer et ce qui leur offre une énergie constamment renouvelée.

Un Chifoumi pour trancher
Aucun doute n'est venu s'immiscer puisque même les difficultés leur amènent de belles rencontres. Par exemple, lorsqu'après sa chute violente Gabriel a du faire une radio pour un diagnostic qui risquait de remettre en cause la suite. Le médecin leur a offert la consultation et la radio ! Ils savent chacun faire des concessions, se rallier au choix du groupe "qui n'est jamais un  deux contre un, car on est un peu comme un tabouret à trois pied, on a besoin de chacun" ! Au pire, ça se joue au "Chifoumi", vous savez "Pierre, feuille, ciseaux" !  Et lorsqu'on leur demande ce qui leur manque le plus, ils répondent en cœur que tout ce qui arrive à eux est d'une telle richesse qu'ils s'en nourrissent sans aucune nostalgie ! Mais en insistant… Gabriel se lance "les choses ne nous ont manquées que lorsqu'on les retrouve. On a choisi de quitter un temps ce que l'on aime, rien ne manque vraiment". Edouard ajoute "un peu de beurre salé, du roquefort et quelques Chocapic, à la place du pied de porc, le matin !" Raoul conclut "ma maman !"

Ils roulent, les enfants vont à l'école
Soutenez leur voyage humanitaire : Visitez leur blog. Vous pourrez y découvrir leurs récits épiques et généreux, admirer leurs photos qui sont splendides ! Visionnez leur premier film, il vous donnera le vertige !  Mais surtout, soutenez leur projet en achetant des kilomètres. Vos dons seront entièrement reversés à "Enfants du Mékong" pour permettre la scolarisation d'enfants démunis de cette région.

Sophie Delorme (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), lundi 5 novembre 2012

Voir aussi notre premier article paru au départ de Hong-Kong :
LE MEKONG A VELO – Raoul, Gabriel et Edouard, aventuriers modernes, cyclistes philanthropes

Rappel des liens :
Le Mékong à vélo ICI
L'association des enfants du Mékong ICI

 
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