Hong Kong

CHIEF EXECUTIVE ELECTION : les jeux sont faits ?

Les trois candidats à l’élection du chef de gouvernement de Hong Kong multiplient les interventions et les débats avant le vote du 26 mars. Mais Carrie Lam continue d’apparaître comme la grande favorite après avoir récolté 580 nominations début mars, soit trois fois plus que ses concurrents Jonhn Tsang et Woo Kwok-hing. 601 voix sont nécessaires pour remporter l’élection… seulement 21 de plus, si rien ne change, pour la candidate pro-establishment.

Carrie Lam Cheng Yuet-ngor bénéficie d’une très large avance. Lors de la clôture des nominations, la candidate pro-establishment se présentait avec 580 nominations des membres du comité électoral. Ce comité, au total 1194 membres, devra élire le 26 mars prochain le chef de gouvernement de Hong Kong à la majorité absolue. Il est appelé à se prononcer lors d’un scrutin secret. Le vote redémarra à zéro et les nominations précédemment conférées ne seront pas prises en compte.

Lors des nominations (voir notre article Une élection du chef du gouvernement sous multiples influences), Carrie Lam a obtenu un soutien très large des partis pro-Pékin et des membres des sous-secteurs politiques et des affaires. John Tsang a été soutenu par le camp pro-démocrate et a atteint 165 nominations avec les représentants de l’informatique, de la médecine et massivement de l’enseignement. Woo Kwok-hing semble avoir bénéficié des voix restantes des pro-démocrates pour sécuriser sa nomination. Parmi les autres candidats, Regina Ip s’est retirée, faute de voix suffisante, et l’expérience du referendum d’initiative populaire n’a pas permis à « Long Hair » de se présenter.

Un revirement très improbable

La campagne électorale évidemment continue bien que l’écart soit très marqué. Un débat réunissant tous les candidats s’est tenu pour la première fois, dimanche 12 mars, à l’invitation des universités de Hong Kong, sans échange direct entre eux, simplement des questions-réponses. Le deuxième débat, cette fois télévisé, aura lieu le 14 mars. Les membres pro-démocrates et pro-Pékin du comité électoral organiseront le troisième et dernier, dimanche 19 mars.

Que recherchent les candidats et comment peuvent-ils encore influencer les membres du comité ? D’abord, alors que certains sous-secteurs appelaient tous leurs membres à voter pour un candidat, plusieurs d’entre eux se sont abstenus en vue du vote définitif. Au total, 265 membres appelés ou non à voter n’ont pas participé aux nominations. Ainsi, le célèbre tycoon hongkongais Li Ka-Shing a refusé de révéler à la presse ses intentions de vote, de nommer un candidat et a expliqué qu’il participerait uniquement au vote final.

Ils semblent en majorité attendre le vote à bulletin secret. En effet, à la différence des nominations qui sont publiques et officiellement répertoriées avec chaque nom, parti et sous-secteur, les votes des membres du comité électoral le jour de l’élection seront secrets et à huis-clos. Le gouvernement a même dû rappeler, suite à certaines rumeurs, les conditions dans lesquelles se dérouleront le vote et notamment l’interdiction d’enregistrement vidéo, l’absence de marquage des bulletins et la conservation en lieu sûr des urnes pour pour prévenir toute influence extérieure.

John Tsang et Woo Kwok-hing misent donc sur ces derniers votes, et mieux encore sur des changements entre les nominations publiques et les votes secrets. Car en plus de se partager les voix démocrates (326 membres), ils ne peuvent pas compter sur ces voix seules pour gagner.

Le candidat introuvable pour mener les réformes politiques

Dans leur programme, chacun des candidats s’engagent à réaliser les réformes économiques et sociales très attendues. Le choix des membres du comité électoral sera plutôt clair sur ce volet. En termes de gouvernance, il y a aussi peu de surprise. Carrie Lam se présente comme le candidat du courage, capable de trancher, John Tsang comme celui de la concertation et Woo Kwok-hing comme le plus ouvert aux idées démocrates. Mais à la différence des deux autres, Woo Kwok-hing doit se défendre contre les attaques le qualifiant d’inexpérimenté.

Le point épineux reste le dossier des réformes politiques, sujet majeur de cette élection après l’échec retentissant de l’instauration du suffrage universel en 2014, et ce dernier ne semble pas trouver de candidat idéal.

Dire que Hong Kong est divisé depuis plusieurs années relève de l’euphémisme. Les réformes démocratiques, les conditions dictées par Pékin, l’image de la Chine et du pouvoir central chinois, de ses interférences sur le sol hongkongais (disparition des libraires en 2015 et de Xiao Jianhua plus récemment) ont accentué les clivages. Idéalement, le candidat parfait devrait être en mesure de regagner la confiance des hongkongais, d’être capable de parler aussi bien aux pro-démocrates et qu’aux pro-Pékin, et surtout de satisfaire à la fois Pékin et Hong Kong. 

Cette triple équation n’est pas loin d’être insoluble. En tout cas, aucun des candidats ne fait l’affaire. Carrie Lam reste très marquée par le soutien de Pékin (Bureau de Liaison et lobbying des « loyalistes »), trop pour avoir la bénédiction des hongkongais. Son mandat serait définitivement entaché par cette influence, donc douteux pour les hongkongais, ce qui rendrait toute réforme impossible. John Tsang garde lui son statut de favori dans l’opinion (48% des sondages en sa faveur contre 34 % pour Carie Lam et 11% pour Woo Kwok-hong*), mais avec un soutien très limité de Pékin. Woo Kwok-hing est encore plus contesté aux yeux de Pékin. Pour arranger les choses, certains brandissent la menace que Pékin refuse l’élection si l’un des deux derniers candidats étaient élus et que la situation mène à une crise institutionnelle.

* sondage réalisé par HK01 et KHUPOP du 5 au 9 mars 2017

Marc Schildt (www.lepetitjournal.com/hong-kong) - dimanche 12 mars 2017

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