Hong Kong

THIERRY MARIANI – Visite en Chine du Sud du député de la 11è circonscription

Thierry Mariani, député de la 11è circonscription des français de l’étranger était en visite en Chine du Sud la semaine dernière pour y rencontrer la communauté française. L’occasion pour lepetitjournal.com de l’interroger lors de son passage à Hong Kong.

Thierry Mariani, député de la 11è circonscription des Français de l’étranger
Crédit photo : SM

Lepetitjournal.com : Vous venez d’effectuer une tournée de quelques jours en Chine du Sud, pouvez vous nous parler de cette visite pour expliquer votre façon de travailler ?
Thierry Mariani :
Lorsque j’ai été élu, je m’étais engagé à venir à Hong Kong au moins deux fois par an. C’est la première fois que je reviens depuis que je suis élu député mais la troisième fois en douze mois puisque j’étais venu en mars en visite officielle lorsque j’étais ministre des Transports, j’étais ensuite venu dans le cadre de la campagne législative en mai où je m’étais également rendu à Canton et Shenzhen et je reviendrai encore en 2013.
Je passe entre 12 et 14 jours par mois à l’étranger et le reste du temps en France où je siège à l’Assemblée Nationale puisque l’intérêt d’un député c’est avant tout d’y être. Par définition, je suis tous les mardis et mercredis à Paris mais j’ai profité de cette semaine un peu exceptionnelle pour effectuer ce voyage. L’Assemblée Nationale ne reprenait ses travaux que lundi 14, j’avais un peu plus de temps et j’achève un périple de six jours avec Catya Martin, ma suppléante, au cours duquel nous nous sommes rendus à Canton, Shenzhen et Hong Kong.

Au cours de cette visite, nous avons pu rencontrer les communautés de Canton et Shenzhen qui ont parfois l’impression d’être oubliées par rapport à Shanghai, Pékin ou Hong Kong.
A Canton, nous avons vu les services du consulat, la chambre de commerce, l’Alliance française. Nous avons passé une matinée à l‘école de Canton pour laquelle va se poser un problème de relocalisation et enfin, nous avons rencontré la communauté française locale au restaurant Alsace Village.
De même, à Shenzhen, nous nous sommes rendus à la chambre de commerce où j’ai rencontré une délégation de chefs d’entreprises puis je suis allé visiter l’usine d’une entreprise chinoise qui m’avait invité, Hua Wei.

A Hong Kong ces derniers jours, nous avons rencontré le consul et l’ensemble des services du consulat. Nous avons visité le nouveau site de l’Alliance Française à Shatin. Je me suis également rendu au campus de Chai Wan du lycée Français et j’ai passé un peu de temps avec une classe de CM2 parce que l’école a été sélectionnée pour faire partie du parlement des enfants où le petit Marco représentera la 11è circonscription le 8 juin à Paris. J’ai passé environ une heure et quart avec les élèves, pour répondre à leurs questions avec des élèves intéressés et visiblement bien préparés par leur enseignante.
Au programme, nous avons également vu la Chambre de commerce, les représentants des associations UFE, Hong Kong Accueil et l’élu ADFE, M. René Aicardi. Nous avons participé à un repas avec les sympathisants de l’UMP ainsi qu’à un certain nombre de rencontres privées. Une permanence parlementaire était prévue vendredi soir au consulat.

Il ne faut pas oublier une rencontre avec la présidente du Comité Exécutif (COMEX) et l’administrateur du lycée français ainsi qu’un rendez-vous organisé avec M.Arnaud Barthélémy avec qui nous avons rencontré M.Jasper Tsang, le président du Legco, le conseil législatif de Hong Kong SAR.

Comme on ne peut tout faire et rencontrer tout le monde en une seule visite, la prochaine fois, j’irai aussi à Macao. Je souhaite également inclure à mon prochain programme de visite une rencontre plus formelle avec les conseillers du commerce extérieurs.

Quelle perception avez-vous de la communauté française à Hong Kong ?
C’est l’une des communautés des plus dynamiques. Une communauté en croissance et dans la circonscription, c’est la ville qui enregistre le plus de français avec Shanghai.
Elle est très bien intégrée, se plait et est en général heureuse à Hong Kong même si le coût de la vie peut y être relativement élevé.
Il n’y a pas de graves problèmes à l’exception peut-être, à terme, celui de la scolarisation des enfants parce que l’ensemble des établissements sera bientôt saturé. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai rencontré la présidente du COMEX du lycée français de Hong Kong. Nous avons bien sûr parlé du projet d’élargissement, elle m’a fait part de l’avancée du projet et notamment des participations attendues de l’Etat.

Sachant qu’il y a également des projets d’agrément sur d’autres structures …
Oui, trois écoles bénéficient déjà des programmes FLAM. Deux écoles ont fait une demande d’homologation et une troisième le fera l’année prochaine.
Je souhaite d’ailleurs inclure la visite de ces écoles à mon prochain voyage dans la région.

Vous avez rencontré les communautés françaises des autres pays de votre circonscription, quelles sont les préoccupations majeures de ces Français de l’étranger ?
Sur Hong Kong c’est essentiellement l’école. Sur l’ensemble de la circonscription, ce sont plus des inquiétudes sur la manière dont sont de plus en plus perçus les expatriés vus de métropole. Une perception des expatriés qui suite à une ou deux affaires médiatiques tend de plus en plus à la caricature. On s’aperçoit qu’un certain nombre de parlementaires, confondent expatriés et exilés fiscaux. Quant à certaines des propositions totalement infaisables de retirer le passeport à ceux qui ne paieraient pas leurs impôts en France, c’est grotesque, méconnaitre la réalité internationale et l’intérêt d’avoir des communautés à l’étranger. Ces parlementaires devraient savoir que la France a signé la convention du conseil de l’Europe qui nous interdit de créer des apatrides.

Que pouvez-vous faire concrètement pour améliorer cette image ?
Avec mes collègues de l’UMP, nous avons fait un certain nombre d’interventions dans la presse pour essayer de relativiser les choses et expliquer que tout le monde n’est pas immigré fiscal mais il est vrai que le climat n’est pas facile. D’abord parce qu’il y a toujours une ou deux affaires médiatiques emblématiques pour ceux qui veulent caricaturer la communauté expatriée et deuxièmement parce que quand on regarde les autres de loin, on les trouve toujours plus heureux, on croit qu’ils sont sans problème. C’est vrai que la France traverse une vraie crise, que le chômage frappe de plus ne plus et que certains s’imaginent que tout est simple à l’étranger mais c’est loin d’être le cas. 
Nous avons donc un travail pédagogique à faire.
Une autre difficulté vient du gouvernement qui contribue à cet "expat bashing" notamment au travers de dispositions qui ont été votées. Ainsi, pour la scolarisation dans les lycées de l’étranger, dans le budget 2012 il y avait 93,6 millions d’euros de bourses et la prise en charge (PEC) représentait un peu moins de 32 millions. Sur le budget 2013, il y a 110 millions de bourses soit 15 millions d’euros en moins globalement pour la scolarité des expatriés alors que c’est une population en croissance. Malgré les promesses, la suppression de la prise en charge qui existait pour la scolarité dans les lycées n’a pas été transférée sur les bourses.

Le gouvernement a nommé une ministre déléguée des Français de l’étranger, Mme Conway Mouret. Lors de sa visite à Hong Kong en octobre elle a indiqué que son action allait porter sur trois axes : le réseau consulaire, l’enseignement français à l’étranger et la représentation des Français à l’étranger. Que pensez-vous de l’action qui est menée, quels sont vos commentaires ?
Je me réjouis de l’évolution des choses à ce niveau là parce que 2,5 millions de Français à l’étranger, cela vaut bien un membre du gouvernement chargé spécifiquement de cette population et de ses problèmes.
Sur le choix de la personne, j’ai un a priori positif car Mme Conway Mouret connait le dossier, elle a été elle-même élue, c’est quelqu’un d’agréable et que l’on connait. Mais au delà des qualités de la ministre tout dépendra des moyens qu’on lui donnera. Globalement, il y a des intentions louables que je peux partager mais il y aussi des signes qui montrent que ça commence mal avec déjà 15 millions de moins pour la scolarisation, l’une des trois priorités. Ce qui a déjà été fait pour les bourses va dans le mauvais sens.

Sur le réseau consulaire, c’est trop tôt pour juger. Il est évident que la France a un réseau consulaire qu’il faut réformer parce qu’il y a de plus en plus de français dans certains pays comme en Asie Pacifique alors qu’il y en a de moins en moins dans d’autres régions comme l’Afrique. Et puis dans certains pays européens, les français ne diminuent certes pas, mais les problématiques n’ont rien à voir avec les communautés hors Union Européenne.

Sur la réforme de l’AFE, c’est trop tôt aussi pour juger, j’attends la présentation d’un texte. L’extension du corps électoral pour élire les sénateurs, je pense que c’est une bonne chose : ils étaient élus par 155 membres, on passerait à 442, je n’y suis pas hostile et même plutôt favorable mais je pense aussi que ce serait une erreur de déshabiller l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger) a proprement dite.

Le report d’élection des représentants AFE pour la deuxième fois est-il acceptable ?
Il y a déjà eu des reports pour d’autres élections en France, par exemple pour des maires qui ont fait sept ans au lieu de six pour des raisons de similitudes de dates électorales ou pour des élections cantonales.
Je pense qu’il n’y a pas assez de français qui participent à ces élections et si on veut qu’elles soient mieux connues, il faut qu’elles soient plus simples et pour ça l’idéal serait qu’elles aient lieu dans la monde entier à la même date et non pas par moitié tous les trois ans. Donc s’il s’agit de réformer pour permettre un renouvellement généralisé dans le monde entier tous les cinq ou six ans, pourquoi pas. Ca permettra de faire connaitre cette élection qui est importante d’autant que la plupart des élus font un travail intéressant. Si c’est pour maintenir le système de renouvellement par moitié, cela n’a aucun sens.

Vous êtes maintenant député des Français de l’étranger, au-delà de la dimension géographique, avez-vous un statut à part et comment êtes vous perçu au sein de l’Assemblée ?
Il n’y a pas de différence de statut, je perçois les mêmes indemnités et les mêmes moyens que les autres députés. Sauf sur les voyages pour lesquels nous sommes traités comme les députés de l’outremer et pour lesquels j’ai forcément plus de moyens, c’est la seule différence. Comme pour l’outremer, les députés de l’étranger disposent ainsi de la valeur de 12 aller-retour par an pour leur circonscription, sur la base d’un aller retour entre Paris et la ville la plus éloignée de la circonscription. Pour ma part, c’est calculé sur la base de 12 aller-retour Paris-Sydney et c’est à peu près suffisant.
Quant à la perception par les autres députés, nous avons surtout beaucoup de questions sur la façon dont nous nous organisons et fonctionnons … c’est plus de la curiosité dans la mesure où tout le monde me connait déjà à l’Assemblée.

Votre circonscription va de Kiev à Auckland, est-ce qu’il n’y a pas une certaine aberration géographique sur le découpage de cette circonscription ?
C’est surprenant voire même incompréhensible au niveau géographique mais tout à fait explicable au niveau juridique. En réalité, il faut rappeler comment s’est fait le découpage : le conseil constitutionnel a dit que chaque circonscription devait avoir à peu près le même nombre de Français. Le découpage n’est donc pas géographique mais basé sur le nombre de Français. La densité de Français est telle que la Suisse a une circonscription à elle seule alors que les principales communautés de cette zone sont beaucoup moins importantes et donc forcément la circonscription est très étendue.
Du coup, cela demande beaucoup d’organisation mais mon idée est de venir à Hong Kong au minimum deux fois par an.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose pour conclure ?
Je reste sur un crédo qui n’est pas celui actuellement véhiculé en France. La France a la chance d’avoir des communautés expatriées, il faut les valoriser et Hong Kong en est un très bel exemple puisque c’est là que la France réalise son deuxième excédent commercial français. Cet excédent serait-il aussi important si nous n’avions pas une communauté française expatriée aussi forte et aussi bien représentée ici ? Je ne le pense pas.
Quand j’avais milité pour la création de ces députés des Français de l’étranger auprès de Nicolas Sarkozy et quand je me suis investi personnellement et directement c’est parce que j’étais convaincu de l’intérêt de cette communauté.
Je suis également convaincu que Hong Kong a une place privilégiée. A Hong Kong, soit par mes venues régulières, soit par la présence permanente de ma suppléante Catya Martin, je pense avoir de bons relais pour cette population en Chine du Sud.

Propos recueillis par Sophie Mabru (www.lepetitjournal.com/hontkong.html) mercredi 16 janvier 2013

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