Hong Kong

EXPOSITION - Marc Progin, la Mongolie dans la peau

Du 13 avril au 9 mai, la Mongolie est à l’honneur à la Galerie Latitude 22n à Chai Wan. C’est une odyssée et un retour dans le temps à l’époque de civilisations éteintes que Marc Progin - photographe, poète et aventurier - nous propose en photos.

Marc Progin n’est pas un amoureux des voyages, c’est un amoureux d’un voyage. Son pays, c’est la Mongolie. Chaque année, par toutes saisons, il prend son vélo pour traverser cette immense et superbe étendue désertique. Là-bas, 30% des 2.8 millions d’habitants qui peuplent cet espace trois fois plus grand que la France sont nomades. Ainsi, ils ne s’arrêtent jamais que pour repartir et, là où ils passent, la terre n’appartient à personne ou à tout le monde. C’est grâce à cette particularité ancestrale que Marc Progin a pu poser sa tente partout sauf en ville.  

« Sunrise to Sunset » : là où tout a commencé

Marc Progin était horloger de métier. Mais la retraite arrivée, il a quitté la profession pour cultiver ses passions : aujourd’hui, il est poète, photographe et aventurier. De très beaux « titres » qu’il a acquis grâce à sa fureur des voyages, son aptitude à penser le monde et une excellente condition physique.

A 70 ans passés, Marc est vif et solide mais rien d’étonnant, son cursus sportif est impressionnant. Son sport, c’est la course à pieds, mais plutôt que de faire le tour du quartier, c’est par portions de 100 kilomètres qu’il va se défouler. Depuis plus de 30 ans, il accumule les médailles dans cette catégorie, le trail. En 1999, il participe au premier ultra-marathon mondial organisé en Mongolie. La course « Sunrise to Sunset » longe le lac Khousgol, deuxième plus grand lac de Mongolie, sur 100 km. Pour accéder pour la première fois au point de départ, un hélicoptère le transporte. C’est en admirant le paysage, à 800 mètres d’altitude, que sa passion pour la Mongolie où il n’avait jamais mis les pieds jusque-là est née. Depuis, elle ne l’a plus quitté.

La Mongolie par tous les temps et par tous les vents

En vélo ou en chameau, par tous les temps et par tous les vents qui peuvent être d’une violence inouïe nous explique-t-il, il avance. « Je voyage à la boussole » et « Je me trompe tous les jours ». La steppe, les déserts de dunes, les déserts montagneux… Ces lieux sans fins perdraient les plus aguerris. Et Marc est aguerri. Les deux mois précédant ses voyages sont invariablement consacrés à leur préparation. Avec minutie, il trace son propre itinéraire. « Je ne pars pas si je ne suis pas prêt », voilà qui est dit.

Cela vaut mieux parce que ses périples peuvent s’étaler sur une distance de 3500 km. Avec une cadence moyenne de 100 km par jour à vélo, il lui faut alors plus d’un mois pour en voir le bout.

Seul face à la Mongolie

Ces périples sont aussi et peut-être avant tout un voyage intérieur, nous dit-il, une méditation sur soi. Pendant des kilomètres, des heures et des jours, il est seul face au désert, seul avec lui-même. Comme une cure au brouhaha d’aujourd’hui, ces voyages mais aussi ses lectures – Rousseau en premier – lui ont appris à penser différemment. « Plus vous avancez, plus votre esprit s’élargit » explique-t-il.

Ces paysages et cette solitude l’inspirent et c’est en alexandrins qu’il aime relater ses aventures et ses sensations. La photographie n’est venue qu’ensuite parce que ses amis voulaient qu’il témoigne en image de ses excursions extraordinaires. Et comme tout ce qu’il semble entreprendre, c’est un succès. Ces photos sont un hommage à couper le souffle à la Mongolie, à la nature et aux nomades.

« The Spatial Odyssey back in times »

Après « Grandeur, Beauté et Simplicité » en 2006 et « Nomades, Caravanes et Migrations » en 2013, Marc Progin expose de nouveau à la Galerie Latitude 22n à Chai Wan. A partir du 13 avril, « The Spatial Odyssey back in times »  vous fera remonter le temps à la recherche de civilisations éteintes.

Les photos de cette exposition retracent le périple à dos de chameaux que Marc a effectué en trois fois à travers plusieurs régions mongoliennes. A une vitesse de 6km/h, les dix chameaux surchargés aux bosses remplies de nourriture ont transporté Marc et ses trois confrères aventuriers sur des milliers de kilomètres.

Lors de ses précédents voyages, Marc avait relevé tous les lieux où il avait repéré des traces du passé. Et pour ne pas tricher, c’est en hiver qu’il a décidé d’y retourner, sous des températures pouvant atteindre les -50°, car à l’époque de ces anciennes civilisations qu’il est parti retrouver, le froid dominait. Sur sa route, il a redécouvert et photographié des ruines, des pétroglyphes, des stèles, des pierres à cerfs et autres traces d’antan, signes d’une vie nomade remontant jusqu’à 10 000 ans avant J. C. Et le soir, après avoir installé sa yourte - habitat nomade également utilisé depuis longtemps dans la région - c’est le ciel qu’il immortalisait. Parce que les étoiles et la lune nous disent quelque chose du temps également.

Olivia Bugault (www.lepetitjournal.com/hong-kong) - mercredi 12 avril 2017

Informations pratiques
Galerie Latitude 22N - Unit 16 B, Man Foong Industrial Building, 7 Cheung Lee Street, Chain Wan (Exit B2, Chain Wan MTR Station). Du 13 avril au 9 mai, mardi au vendredi de 10h00 à 17h00, samedi 11h00 à 17h00. 
Vous pouvez également visiter le site www.progin.com

 
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