Hong Kong

TOP 5 - Les comédies romantiques du cinéma hongkongais

Contrairement aux idées reçues, Hong Kong n’a pas produit que des films d’action. Les amateurs d’histoires d’amour ont eu de très belles occasions de voir des comédies romantiques sur les écrans de la ville. Avec la sortie récente de Love Contractually, où l’on retrouve une des stars majeures du genre, c’est l’occasion de revenir sur 5 des meilleures comédies romantiques que Hong Kong a enfantées.

Ce genre s’est particulièrement développé dans les années 1980. Il coïncide avec l’évolution économique et sociale de Hong Kong. Jusque-là les histoires d’amour n’étaient évidemment pas inconnues mais elles tendaient vers le drame et une chine passée idéalisée. Le développement d’une classe moyenne et l’émergence d’une identité hongkongaise forte virent le cinéma évoluer en conséquence et les romances de bureau dans un Hong Kong moderne devenir un sous-genre populaire. Petite chronologie inversée :

 

Love in a Puff (2010) Edmond Pang

Edmond Pang est le spécialiste des concepts géniaux. Il a raconté comment un groupe d’adolescents prétendait tourner un film pornographique afin de pouvoir faire l’amour avec une star japonaise (AV). Il a illustré une conspiration féminine à l’échelle mondiale pour éliminer tous les hommes (Exodus). Cet ancien écrivain s’est ensuite attaqué à la comédie romantique avec l’approche décalée qu’on peut légitimement attendre de lui dans Love in a Puff. Son fil conducteur, c’est la cigarette, ou plutôt les pauses clopes qui rythment les horaires de travail d’un petit groupe d’employés. C’est au cours d’un de ces moments de socialisation que Cherie (Miriam Yeung) fait la connaissance de Jimmy (Shawn Yue) et le courant passe immédiatement. La force de la comédie romantique version Edmond Pang, c’est sa capacité à capter l’esprit du Hong Kong des années 2010. Omniprésence du téléphone portable, karaoké, hyperréactivité aux nouvelles informations, le film est plein de cette énergie propre à la ville. Les sentiments qui naissent entre Cherie et Jimmy sonnent vrais et on ne peut qu’être conquis par la sincérité de leur relation naissante. Love in a Puff fait partie de ces comédies romantiques qui donnent un grand sourire après leur visionnage. A noter qu’une suite quasiment aussi bonne, Love in the Buff, a été produite en 2012 et qu’un troisième épisode, Love Off the Cuff, sortira dans les salles en avril.  

Needing You (2000) Johnnie To et Wai Ka Fai

Johnnie To s’est imposé sur la scène internationale comme un des maîtres du polar noir. Mais le réalisateur est loin de ne produire que des films du genre. Pour assurer la viabilité commerciale de sa compagnie, la Milkyway, To signe régulièrement des comédies romantiques. Si les résultats sont très inégaux, il lui est arrivé de livrer d’authentiques succès public et critique. C’est le cas de Needing You avec le duo star Andy Lau et Sammi Cheng. Adaptation d’une pièce radiophonique, on y suit Kinki (Sammi), une employée modèle d’une compagnie d’électronique à la vie personnelle catastrophique. Un de ses patrons est Andy Cheung (Andy Lau), aussi efficace dans son travail qu’envers ses nombreuses conquêtes féminines. Sammi Cheng trouve ici le rôle de sa vie, jamais elle n’a été aussi naturelle et attachante que dans le personnage de l’obsessive Kinki. Le film utilise toutes les ficelles habituelles du genre (le couple s’oppose régulièrement avant de finir par admettre ces sentiments l’un envers l’autre) en ajoutant une dimension quasi fantastique (hasard et destin, un des grands thèmes du coréalisateur et scénariste Wai Ka Fai) qui pimente considérablement le récit. Par la suite, Johnnie To réessaiera plusieurs fois de retrouver l’état de grâce atteint avec Needing You en réunissant à nouveau son duo vedette (Love on a Diet et Blind Detective) mais sans succès.

Tom, Dick and Hairy (1993) Peter Chan et Lee Chi Ngai

Tom (Tony Leung Chiu Wai), Dick (Tony Leung Kar Fai) et Hairy (Lawrence Cheng) sont trois amis d’enfance qui partagent un appartement. Chacun d’entre eux a des rapports complexes avec les femmes. Tom est censé se marier avec Joyce (Jay Lau) mais celle-ci est abusive envers lui. Dick est un playboy incapable de s’engager dans une relation sérieuse. Hairy quant à lui se retrouve à chaque fois avec des femmes à la personnalité troublée. Une des forces de Tom, Dick and Hairy, c’est bien sûr son casting quatre étoiles. Avec une telle distribution, il est impossible de ne pas s’attacher aux personnages. Le film parvient également à traiter de la question de l’amour et des relations humaines avec humour et justesse. Peter Chan et Lee Chi Ngai se spécialiseront par la suite dans ce registre quand ils formeront la compagnie UFO et livreront des classiques du cinéma de Hong Kong comme He’s a Woman, She’s a Man et sa suite, des titres qui auraient pu légitimement figurer dans cette liste.

Shanghai Blues (1984) Tsui Hark

Si Tsui Hark est connu pour ses fresques martiales hyper créatives (Il Etait Une Fois en Chine et autres Detective Dee), le réalisateur s’est aussi essayé dans des registres romantiques. Shanghai Blues, le film avec lequel il affirma son indépendance, se situe dans le Paris de l’Orient (reconstitué intégralement à Hong Kong) à la fin de la seconde guerre mondiale. Do Re Mi (Kenny Bee, membre du célèbre groupe pop les Wynners), un ancien combattant, espère retrouver l’inconnue avec qui il avait partagé un moment juste avant l’invasion Japonaise. Juste avant d’être séparé, ils s’étaient promis de se retrouver sous le pont de Suzhou après la guerre. Cette dernière (Sylvia Chang) est toujours à Shanghai et, par un concours de circonstance, se trouve être voisine de Do Re Mi. Fidèle à lui-même, Tsui Hark propose un spectacle extrêmement rythmé, bourré de quiproquos en tout genre et d’hommages au cinéma d’après-guerre (Hollywoodien et local). Cette énergie débordante se fait parfois au détriment des moments les plus tendres du récit mais elle emporte le spectateur dans ce flot continu de bonne humeur.  

Our Sister Hedy (1957) Doe Ching

Un des rares exemples de comédie romantique pré-années 1980, Our Sister Hedy fut produit par la Cathay, un temps concurrente directe de la puissante Shaw Brothers. Le créneau du studio était de viser un public plus « bourgeois » que la Shaw à travers des films situés dans un contexte contemporain et traitant de problématiques modernes. Dans Our Sister Hedy, on suit quatre sœurs et leur veuf de père. Hilda (Mu Hong) est l’ainée, sérieuse et responsable. Helen (Julie Yeh,) la cadette, est séductrice et effrontée. Hedy (Jeanette Lin) est un garçon manquée. Et Hazel (So Fung), la dernière, est fragile et émotive. Vaguement inspiré du Quatre Filles du Docteur March de Louisa May Alcott, le film de Doe Ching (également scénariste) met l’accent sur l’affection qui unit les sœurs entre elles. Mais elles sont aussi à la recherche de l’amour à travers une galerie de prétendants masculins. Paradoxalement, la personnalité forte des quatre sœurs tend à rendre les jeunes hommes comparativement bien fades. En cela, le film est emblématique de sa période de production, une époque où les actrices étaient plus influentes que leurs alter-ego masculins (Bruce Lee et Chang Cheh changeront la donne au début des années 1970). Toutes les interactions entre les personnages sont riches de sentiments et il est impossible de ne pas s’attacher à la fratrie. Par la suite, les comédies romantiques se débarrasseront quasi-intégralement de la dimension familiale pour se concentrer à 100 % aux histoires de couples.

Arnaud Lanuque (www.lepetitjournal.com/hong-kong) - jeudi 2 mars 2017

 

 
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