Hong Kong

TSZ SHAN MONASTERY ou le bouddhisme en grande pompe

À Hong Kong, le bouddhisme a envahi la rue de ses statuettes, temples miniatures et tiges d'encens. Mais il existe aussi un bouddhisme caché et plus haut perché, et c'est celui-ci que nous sommes allés découvrir.

En partant de Hong Kong Island, il faut au moins 1h30 de trajet pour arriver aux portes du Tsz Shan monastère. Construit sur les Nouveaux Territoires, les visiteurs doivent s’arrêter à la station Tai Po Market avant de prendre un bus et de marcher une vingtaine de minutes pour arriver à bon port. Si ce monastère est ainsi excentré c’est parce que sa construction nécessitait un vaste terrain - 46 500 mètres carré - propice à la sérénité et à la spiritualité bouddhiste.

Pour « visiter » le Tsz Shan monastery, un conseil, soyez patient. Une réservation est obligatoire et le nombre de visiteurs journaliers étant limité, les quotas sont rapidement atteints. Attendre un mois pour visiter le temple bouddhiste est une moyenne courante.

D’autant plus que le temple a ouvert ses portes au public récemment - avril 2015, après 12 ans de construction. Une construction onéreuse mais entièrement financée par un investisseur de luxe, Li Ka-Shing*, personne la plus riche d’Asie et 19ème personne la plus fortunée du monde d’après le dernier classement Forbes**. L’entrepreneur milliardaire a injecté 1.5 milliards HKD (soit plus de 181 millions d’euros) dans cet immense projet. Mais quel est ce projet exactement et pourquoi un tel succès ?

Une invitation à la purification de l’esprit et à la compassion

Le Tsz Shan monastery a été créé pour préserver l’héritage bouddhiste du « Dharma ». C’est un terme bien connu des initiés qui se réfère à la suppression de la souffrance, pilier de cette philosophie asiatique. Le « Dharma » est plus précisément ce qui guide ou sauve nos esprits de cette souffrance multiforme. Pour y parvenir, en plus du recueillement, le monastère organise des lectures, ainsi que des marches zen, des pratiques spirituelles ou des activités éducatives. L’expérience est globale.

C’est en entrant par le Tsz Shan Gate que l’initiation commence. Chaque bâtiment, chaque statue porte un symbole et une signification que les non-bouddhistes ne pourront comprendre qu’avec l’aide d’un prospectus distribué. Prospectus en main, on apprend donc qu’en traversant tel portail, notre esprit doit se purifier de toute souillure et que notre but ultime est d’atteindre le bonheur et la paix. Cela grâce à la compassion, à l’abandon de ses désirs inutiles et à l’acquisition d’une certaine sérénité intérieure. Parce que c’est un voyage spirituel qui est proposé, un voyage par l’esprit d’où le silence – non respecté - demandé dès l’entrée.

Sous le regard bienveillant de Guan Yin

Ce qui frappera d’abord le « pèlerin » ? Le paysage. Il ne suffit que de quelques pas à l’intérieur de l’enceinte pour que la mer et les montagnes s’offrent aux yeux des visiteurs, leur permettant de se dégager l’esprit autant que l’est cette superbe vue.

Puis, les visiteurs se tournent vers le temple. L’architecture et les jardins sont sobres et élégants, sans surcharge, indiquant silencieusement qu’ils ne sont pas là pour impressionner quiconque mais pour inspirer la sérénité. Cette tendance presque minimaliste se retrouve également dans les couleurs dont trois sont ultra dominantes : le blanc, le marron et le vert. L’ensemble – bâtiments et nature - est parfaitement harmonieux, les végétaux semblant épouser la forme des lieux, les magnifier ou les protéger. L’axe central est ensuite le meilleur moyen d’accéder aux statues de Bouddha dorées et souriantes qui attendent sans impatience les prières hâtives des 400 à 500 visiteurs quotidiens.

Mais Bouddha n’est pas le seul être à l’honneur dans ce temple. Une statue de bronze de 76 mètres, d’une blancheur soignée, se dresse à l’arrière du temple. C’est Guan Yin, considérée comme la déesse de la miséricorde en Chine et cette statue n’est rien de moins que la deuxième plus grande au monde à son effigie. Guan Yin aurait été sur le point de devenir un Bouddha mais elle a préféré s’arrêter en cours de chemin pour distribuer sa sagesse aux hommes. C’est pour cela qu’elle est légèrement inclinée en avant, elle se penche vers la Terre, vers nous.

Temple bouddhiste ou temple du tourisme ?

Bien qu’il soit spécifié sur le site du Tsz Shan Monastery que ce lieu est voué au bouddhisme et à sa pratique et non au tourisme, les comportements des visiteurs laissent dubitatifs. Beaucoup, un appareil photo ou une caméra à la main, inondent le site de photos et s’immortalisent sous tous les angles. Sur les marches prétendant prier, pas loin d’un Bouddha en selfie, sur la terrasse avec le reste de leur groupe… C’est le vrai bémol de cette visite dont on ne sait plus pourquoi les gens sont là. Pour la photo ou pour Bouddha ? 

Olivia Bugault (www.lepetitjournal.com/hong-kong) - vendredi 7 avril 2017

 A Lire également sur Li Ka-Shing :

LI KA-SHING - Le self-made-man qui a conquis Hong Kong et l'Asie

LI KA-SHING - L'homme le plus riche d'Asie dans le viseur de Pékin

** LI KA-SHING - Le milliardaire de Hong Kong redevient l'homme le plus riche d'Asie

  

 

 

 

SANTE - Des semelles orthopédiques françaises maintenant disponibles à Hong Kong !

Ces semelles orthopédiques peuvent vous éviter les problèmes de dos et autres articulations (genoux, hanches…) en vous rééquilibrant. Et pour être bien dans ses baskets, vos pieds ont besoin d’être chouchoutés : Souvent de simples semelles personnalisées, réalisées avec précision et professionnalisme par un podologue spécialisé, rétabliront cet équilibre perdu.
Une internationale

RESEAU PSY EXPAT – Trouver un psy francophone à l'étranger

Comment être accompagné dans sa mobilité si l’on a besoin d’un suivi psychologique ? Créé par deux psychologues expatriées en Asie, Réseau PsyExpat est une plateforme à but non lucratif qui facilite la recherche de thérapeutes francophones partout dans le monde et les échanges entre professionnels
Actu internationale
En direct d'Asie Pacifique
Nouvelle-Calédonie - Communauté

LE LAB-NC – Un magazine participatif

La Nouvelle-Calédonie, plus qu’ailleurs, prépare le nouveau paradigme et elle devrait avoir toutes les chances d’y parvenir. Laboratoire…
Expat
Expat - Emploi

COACHING - Le sacrifice du conjoint suiveur

Selon une enquête récente auprès de la population francophone expatriée, 49% des conjoints suiveurs en recherche d’emploi auraient le sentiment d’avoir sacrifié leur carrière*. Ce chiffre m’a interpellée, car je trouve cela dommage de voir autant de personnes qui voient leur expatriation comme un sacrifice de leur carrière. 
Expat - Politique
Magazine