Découvrir un autre pays, se familiariser avec une autre culture, devenir bilingue : voilà résumées les trois motivations qui poussent chaque année des milliers de jeunes français(e)s à partir « au pair ». Un séjour qui ne s'improvise pas. Conseils d’experts et témoignage de Marie-Céline, au pair en Nouvelle Zélande depuis plusieurs mois.

Les séjours au pair ont une longue histoire : il semble que dès le 18e siècle, les jeunes filles de la noblesse anglo-saxonne étaient accueillies dans des familles de la noblesse française, pour apprendre la langue et s’occuper d’enfants. Aujourd’hui, les séjours au pair se sont démocratisés : plus besoin d’avoir du sang bleu pour postuler !

Qu’est-ce qu’un séjour "au pair" ?
La formule permet de se perfectionner en langue tout en s’immergeant dans la vie d’une famille à l’étranger. Attention, il ne s’agit pas d’un séjour de vacances : Comme le souligne Pascal Carré, gérant de Languages and Travel, "un séjour au pair est bien plus qu’un séjour linguistique. C’est une expérience de vie, qui implique beaucoup de responsabilités vis-à-vis des enfants dont on a la charge. Il ne faut pas partir avec les yeux pleins d’étoiles. Le travail des "au pair" implique des horaires chargés, de 20 à 40 heures de baby-sitting par semaine suivant les formules, et une à trois soirées de garde par semaine, pour une à deux journée de repos hebdomadaire".

© moodboard/Corbis

Que fait (ou ne fait pas) un jeune "au pair" ?

Il lui incombe, durant le séjour, de s’occuper des enfants : leur garde, leur repas, le rangement de leurs affaires, leur lessive…. Mais jamais celle du reste de la famille ! Marie-Céline Perroy, partie au pair en Nouvelle-Zélande il y a plusieurs mois, raconte sa journée type : "Le matin, j'aide la mère à préparer le petit déjeuner des enfants et leur repas de midi. Ensuite, je les conduis à l’école. Dans la journée, je range leurs chambres, fais des lessives, étends le linge et fait la vaisselle. Je récupère les enfants à 15h, je joue avec eux, je leur fais faire leurs devoirs et je les accompagne à leurs activités sportives. Le soir, je prépare leur repas, je les fais manger, puis toilette, histoire, et au lit ! Un programme qui peut sembler fatigant, mais je trouve toujours un peu de temps pour souffler. Et aucune journée ne ressemble à une autre".

Quel niveau en langue faut-il avoir pour s’en sortir ?

Sans être impérativement bilingue, il faut être capable de passer un coup de téléphone en urgence en cas de problème ! Avant de partir, Marie-Céline avait passé son TOEIC (Test of English for International Communication) pour évaluer son niveau d'anglais. "Le résultat n'était pas catastrophique : je suis partie avec un accent bien français, le vocabulaire et les phrases de base pour m'en sortir. Malgré tout, au début, la communication n'était pas facile car je manquais de vocabulaire : alors, chaque soir je marquais dans un carnet les nouveaux mots. Maintenant, je les emploie tous les jours !".

Suivre des cours de langue sur place est-il obligatoire ?
Non. Mais il y a du contre et du pour. Certes, l’investissement auprès des enfants ne permet pas toujours de trouver l’énergie pour suivre des cours. Toutefois, certaines agences spécialisées dans le placement des jeunes au pair le recommandent. Ne serait-ce que pour lutter contre l’ennui qui guette parfois les jeunes filles au pair, comme le souligne Pascal Carré : "S’occuper d’enfants toute la journée peut finir par être lassant et ne permet pas forcément d’améliorer son niveau de langue. Sans compter que d’un point de vue relationnel, cela permet de rencontrer d’autres jeunes étrangers de son âge. Depuis trois ans, nous ne proposons que des séjours avec cours intégrés. C’est aux jeunes filles de choisir la formule (hebdomadaire) qui leur convient le mieux : 20 heures de cours et 20 heures de travail dans la famille d’accueil, ou bien 4 heures de cours et une trentaine d’heures de garde…". Les agences qui le proposent travaillent avec des écoles de langue locales chargées de sélectionner les familles d’accueil et d’assurer un soutien auprès des jeunes en cas de problème. Mais de telles formules ont un coût : même si vous êtes toujours nourrie, logée, blanchie, vous devez payer les heures de cours, de 1.000 à plus de 4.000 euros pour trois mois.

Que dit la loi ?
Eu Europe, les séjours au pair sont encadrés par une convention qu’il faut consulter. Aux Etats-Unis, la loi encadre ces séjours et impose d’avoir obtenu le visa J1, qui n’est attribué qu’aux jeunes sélectionnés par des agences de placement au pair habilitées par le Département d’Etat. Pour les autres pays, renseignez-vous auprès des ambassades concernées, en France.
Sandrine Chesnel (www.letudiant.fr) jeudi 15 novembre 2012

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