Le président de la République était hier à l'antenne sur TF1 et France 2 pour sa première intervention télévisée depuis février. Nicolas Sarkozy a endossé deux rôles dans la soirée : le pédagogue pour expliquer la crise de l'euro, et le candidat pour attaquer le programme du Parti

 

Nicolas Sarkozy (Photo AFP) n'est pas encore candidat, mais il est déjà en campagne. C'est ce qu'il faut retenir de l'interview politique qu'a accordée le président de la République à Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaut. Et pour essayer de convaincre au mieux les Français, il s'est présenté en protecteur pédagogue.

Le professeur explique la crise
Nicolas Sarkozy a profité de ce rendez-vous médiatique pour expliquer l'accord obtenu jeudi avec ses partenaires européens, qui selon lui, a permis d'éviter "une catastrophe". "La Grèce est dans la zone euro. Donc la totalité de la zone risquait d'être emportée. Il fallait mettre les Grecs en situation de faire des efforts pour rembourser la dette", a-t-il ajouté. Les chefs d'Etat de la zone euro ont trouvé un accord avec les banques pour effacer la moitié de la dette grecque. "S'il n'y avait pas d'accord, le monde entier sombrait dans la catastrophe". Il s'est voulu rassurant sur les prêts qu'accorde la France à la Grèce. "Aujourd'hui, non seulement les prêts de la France à la Grèce n'ont rien coûté mais ont rapporté 200 millions d'intérêts", a-t-il dit. "Si les Grecs font les efforts que nous leur avons demandé, ça ne coûtera rien à la France et ça ne coûtera rien à l'Europe".

Pas de la rigueur mais de la gestion rigoureuse
Alors que le gouvernement l'avait lui-même reconnu, Nicolas Sarkozy a annoncé une baisse des perspectives de croissance pour l'an prochain. "Avec la crise, la prévision est ramenée à 1% en 2012", a-t-il confirmé, contre 1,75% prévu à l'origine. Des décisions seront prises à l'issue du G20 des 3 et 4 novembre prochain pour trouver "6 à 8 milliards" d'euros d'économies ou de recettes fiscales supplémentaires dans le budget 2012. Mais selon Nicolas Sarkozy, il ne faut parler de rigueur. "La preuve c'est que nous n'avons pas connu les manifestations de nos voisins", a-t-il dit, en référence aux "indignés". "Il ne faut pas passer de l'insouciance à la déprime totale", a-t-il ajouté.

Sarkozy attaque le programme du PS
Nicolas Sarkozy a saisi l'opportunité pour remettre en question certaines propositions du candidat du Parti Socialiste, François Hollande. "Quand j'entends dire qu'il faudra embaucher 60.000 enseignants de plus, mais où est-ce qu'on va trouver l'argent ?", s'est interrogé le chef d'Etat. "Il faut moins de fonctionnaires mais mieux payés", a lancé le président.

Et il en a profité pour taper à nouveau sur le dispositif des 35 heures, mis en place par Martine Aubry, alors ministre du Travail. "Quand en 2001, on a fait cette chose étrange, les 35 heures, qui ont ruiné la compétitivité du pays, Mr Schröder (le chancelier allemand, ndlr) faisait le choix de l'emploi et de la compétitivité".

Au sujet des banques, il a voulu marquer son opposition avec le PS, qui demande la séparation des banques de dépôts et des banques d'affaires. "On aurait des banques avec 100% de risques et des banques avec 0% de risque. Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur modèle", a-t-il assuré.
A l'aise dans la critique du PS, Nicolas Sarkozy botte en touche lorsqu'on lui pose la question de sa candidature. Il a seulement annoncé que "le débat" sur sa candidature "sera tranché fin janvier, début février".

Reste qu'hier soir, Nicolas Sarkozy s'est présenté face aux Français comme un homme en campagne.

J.B (www.lepetitjournal.com) vendredi 28 octobre 2011

Voir aussi :

Le Monde - Les 10 leçons de l'intervention de Nicolas Sarkozy
L'Express- L'Express refait le "Sarko show"

 
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