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A mi-chemin d'une série de réunions décisives pour l'avenir de l'euro, les Européens peinaient toujours dimanche à définir une réponse d'envergure à la crise de la dette qui, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal, menace désormais d'emporter l'Italie et l'Espagne. Alors que Nicolas Sarkozy annonce qu'un accord se dessine sur le FESF et que les travaux avancent bien, Angela Merkel explique que les modalités techniques seront discutées mercredi. L'Italie est désormais dans le collimateur
(photo AFP)
Samedi, plus de dix heures de réunions ont été nécessaires pour arracher un accord sur une recapitalisation du secteur bancaire à hauteur de 100 milliards d'euros, qui avait été pourtant largement acquise au niveau technique cette semaine.
Les travaux ont en revanche peu ou pas avancé sur la formule qui sera retenue pour démultiplier le fonds de soutien à l'euro et pour réduire la montagne de dettes grecques, même si une décote allant jusqu'à 60% des titres détenus par les investisseurs privés est en cours de discussion.
Ces discussions sont menées avec les yeux rivés sur la situation économique de l'Italie qui place les Européens le dos au mur car les instruments actuels de soutien à la monnaie unique ne sont pas suffisamment puissants pour assurer le sauvetage d'un pays de cet envergure.
En prélude au Conseil européen, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont entretenus avec le président du Conseil italien Silvio Berlusconi pendant une demi-heure dimanche matin.
Selon des diplomates, la rencontre a été organisée afin d'accroître la pression sur ce dernier afin qu'il mette en oeuvre de manière plus résolue les réformes annoncées en septembre et rassure les marchés sur sa capacité à maintenir sous contrôle la dette italienne, qui dépasse 120% du PIB.
Une source gouvernementale allemande a indiqué que le chef de l'Etat français et la chancelière allemande avaient souligné "la nécessité urgente de mesures concrètes et crédibles dans les pays de la zone euro", faute de quoi les décisions prises dans les prochains jours n'auront aucun effet.
Angela Merkel avait insisté samedi sur le fait que l'Italie devait réduire sa dette afin de ne pas mettre en péril les mécanismes de soutien à l'euro, "quelle que soit la hauteur de ces murs de protection".
BANQUES
A son arrivée à Bruxelles, la chancelière a prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des décisions définitives lors des sommets européen et de la zone euro organisés dimanche.
Elle doit désormais compter sur l'assentiment des parlementaires allemands pour toute réforme du fonds de soutien à l'euro, ce qui complique les négociations européennes.
Au terme d'un accord trouvé samedi, une soixantaine des plus grandes banques européennes devront se recapitaliser d'ici au 30 juin 2012 à hauteur de 100 milliards d'euros afin de détenir au minimum 9% de fonds propres "durs" core tier one.
Quelque 38% de cette somme, qui pourrait ne pas être publiée officiellement, devrait revenir aux trois pays déjà sous programme d'aide : Grèce, Portugal et Irlande.
Les banques devront par ailleurs marquer leurs titres de dette souveraine à leur valeur de marché et les établissements qui ne se plieront pas à cette série de règles seront interdits de verser des dividendes à leurs actionnaires et des bonus à leurs dirigeants.
Les Vingt-Sept ont par ailleurs évoqué samedi une réactivation des garanties offertes aux banques à l'automne 2008, au plus fort de la crise, pour leur permettre de trouver des financements à moyen et long terme, a-t-on appris de même source.
Selon ce document, trois modèles sont à l'étude, avec différents degrés de coordination européenne entre les mécanismes de garanties.
GRÈCE
Les ministres sont également longuement revenus samedi sur le dossier grec et la manière de rendre la dette grecque soutenable sur le long terme.
Selon un rapport qui servira de base aux décisions des dirigeants de la zone euro, les créanciers privés d'Athènes pourraient devoir accepter une perte allant jusqu'à 60% sur leurs titres souverains.
Les ministres européens des Finances restent toutefois divisés sur le caractère volontaire ou non de la participation du secteur privé au nouveau plan de sauvetage à la Grèce.
Craignant de déclencher un événement de crédit aux conséquences imprévisibles, la France et plusieurs autres pays se montrent réticents à aller au-delà de l'enveloppe de 50 milliards d'euros négociée le 21 juillet dernier avec les banques, comme le réclame Berlin si besoin en forçant ces dernières à faire un effort supplémentaire.
Vendredi soir, Athènes a reçu une bouffée d'oxygène provisoire avec le feu vert européen au versement d'ici mi-novembre de la prochaine tranche d'aide internationale de 8 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce ferait défaut sur ses titres souverains dans les prochaines semaines.
Le FMI doit toutefois encore lui-aussi valider ce versement, qu'il a subordonné à des décisions ambitieuses des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro pour réduire la montagne de dettes grecques.
FESF
Le dernier volet des discussions - la démultiplication du Fonds européen de stabilité financière (FESF) - n'a pour le moment été qu'à peine effleuré par les ministres, qui laisseront le soin de trancher cette questions aux leaders.
Vendredi soir, le ministre de l'Economie, François Baroin, a confirmé que la France continuait de penser que transformer le fonds en banque était la meilleure solution même si Paris n'en fait pas une ligne rouge.
Selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy espère s'appuyer sur un large soutien international pour tenter de convaincre Angela Merkel, à moins de deux semaines du sommet du G20 de Cannes où les partenaires internationaux de l'Europe leurs demanderont des comptes.
Octroyer une licence bancaire au FESF lui permettrait d'avoir accès à des financements de la Banque centrale européenne et de multiplier sa capacité d'action par un facteur allant jusqu'à cinq.
Mais Berlin se refuse à cette possibilité, qui reviendrait à accepter que l'institution de Francfort finance les pays de la zone euro, l'un des dogmes explicitement exclus par les traités européens depuis la création de l'euro.
Les autres membres de la zone euro sont eux aussi divisés, la Belgique ou l'Espagne s'étant prononcés pour un rapprochement BCE-FESF alors que la Slovaquie ou l'Autriche ont indiqué que cette solution n'était plus étudiée.
Les dirigeants européens sont placés sous une intense pression par leurs partenaires internationaux pour agir de manière résolue contre la crise.
Lundi 24 octobre 2011
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