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Les rebelles libyens estiment que la fin de Kadhafi est proche, en Syrie les chars sont entrés dans Homs, tandis que l'Egypte n'accepte pas les excuses d'Israël d'avoir rompu le traité de paix. Un article de notre partenaire La Tribune.fr
Libye: les rebelles prennent Ajdabiya et Brega, avancent vers l'ouest - © AFP
Libye : Kadhafi au pied du mur
Les rebelles libyens affirment avoir pris le contrôle de plusieurs quartiers de Tripoli à l'issue d'une nuit de combats, et l'avancée d'autres hommes vers la capitale annonce un dernier combat avec Mouammar Kadhafi. Les rebelles libyens auraient atteint la place Verte du centre de Tripoli, d'après des images diffusées par la télévision britannique Sky tôt lundi. L'étau se resserre autour du président libyen, dont la garde personnelle aurait, selon plusieurs médias, déposé les armes. Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Kadhafi, a également été arrêté, a annoncé à l'AFP le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo. Le second fils de Mouammar Kadhafi fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité.
Des explosions et des échanges de tirs ont retenti dans la nuit de samedi à dimanche à Tripoli. C'était le signe du déclenchement de la révolte dans la capitale libyenne, une opération préparée depuis des mois par les rebelles.
Dimanche, des avions de l'Otan ont bombardé la caserne de Bab al Azizia, le complexe fortifié du colonel libyen dans le centre de Tripoli, rapporte la chaîne Al Djazira.
"Nos révolutionnaires contrôlent plusieurs quartiers et d'autres arrivent d'ailleurs, en ce moment même, pour rejoindre leurs frères", a dit à Reuters Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du Conseil national de transition (CNT).
La ligne de front la plus proche de la capitale est à l'ouest, le long de la route côtière. Les rebelles disent avoir pris Djaddaïm et affirment qu'ils sont à une vingtaine de kilomètres de Tripoli, près de Djanzour, dans la banlieue.
Samedi, l'armée libyenne et les rebelles continuaient de combattre samedi pour le contrôle de Zaouïah et Zlitane, deux villes côtières encadrant la capitale, Tripoli. Si les rebelles libyens, soutenus par l'aviation de l'Otan, parviennent à évincer complètement les forces de Mouammar Kadhafi en dehors de ces villes, ils s'ouvriront le chemin vers la capitale après six mois de conflit.
L'insurrection est entrée à Zaouïah le week-end dernier mais n'a pas encore l'entier contrôle de cette localité, la dernière grande ville avant Tripoli, à l'ouest de la capitale. Des rebelles affirment que le principal bataillon des forces de Kadhafi s'est retiré à une dizaine de kilomètres plus à l'est, à Djaddaïm, d'où ils bombardent Zaouïah. Des obus sont tombés sur le principal hôpital à l'aube, le détruisant partiellement.
Sur la place centrale, aux mains des rebelles, des habitants brûlent et piétinent le drapeau national vert, imposé par Kadhafi en 1977. "Kadhafi est fini. Les civils commencent à revenir dans les villes. La Libye est enfin libre", dit l'un d'entre eux, Abou Khaled.
Dans une rue attenante, d'autres habitants se sont rassemblés autour de deux cadavres de soldats de Kadhafi gisant au sol. Des coups de feu et des explosions continuent à résonner non loin de là.
A l'est de Tripoli, les combats sont plus sanglants et l'avancée des rebelles plus lente. Les insurgés et l'armée s'affrontent dans les rues de Zlitane, située à 150 km de la capitale, mais les rebelles sont en difficulté, selon un journaliste de Reuters. Un porte-parole rebelle a fait état de 32 combattants morts et 150 blessés. Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement, a affirmé vendredi soir que l'armée conservait l'avantage à Zaouïah et Zlitane.
Ce siège autour de Tripoli, qui coupe les voies d'approvisionnement de la capitale, a piégé ses habitants et les privent d'accès à l'essence et à la nourriture. Des milliers d'étrangers bloqués à Tripoli vont être prochainement évacués, probablement par mer, a annoncé vendredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le ministre, Omran Aboukraa, se trouve actuellement en Tunisie et n'est pas rentré en Libye au terme d'un séjour en Italie, a dit samedi à Reuters une source officielle tunisienne. Omran Aboukraa a représenté son pays lors de la dernière réunion de l'Opep en juin après la défection du ministre du Pétrole en titre, Chokri Ghanem, qui était en poste depuis de nombreuses années.
Les rebelles affirment quant à eux que le commandant Abdel Salam Djalloud, considéré comme le numéro deux du régime jusqu'aux années 1990, a rejoint l'insurrection dans le djebel Nefoussa, au sud-ouest de Tripoli. Cet ancien compagnon d'armes du Guide était en disgrâce depuis de nombreuses années.
"Il se trouve ici à Zentane. Il est sous le contrôle du conseil militaire", a indiqué Massoud Ali, un porte-parole local des rebelles. Des insurgés ont montré à Reuters une vidéo d'une personne qu'ils ont présentée comme étant Djalloud, présent à leurs côtés vendredi. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, n'a pas dit où se trouvait Djalloud mais a estimé que s'il avait quitté la Libye, ce serait pour négocier une issue au conflit. Kaïm a répété que Kadhafi ne quitterait pas la Libye mais que le gouvernement soutenait toute négociation pouvant permettre la fin des combats. "Mais les Etats-Unis et les autres acteurs clés doivent donner leur feu vert à ces négociations", a-t-il dit.
Des pourparlers ont eu lieu en début de semaine entre les rebelles du Conseil national de transition (CNT) et des émissaires du colonel libyen, en présence de l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin. Ces pourparlers, tenus sur l'île tunisienne de Djerba, n'ont rien donné. Citant les renseignements américains, la chaîne NBC News a rapporté que Kadhafi se préparait à quitter la Libye avec sa famille, peut-être vers la Tunisie, mais qu'il n'était pas sûr qu'il mette ses plans à exécution.
Syrie : Des élections en février
Le président syrien Bachar al-Assad est intervenu dimanche soir à la télévision après l'exigence des pays occidentaux à le voir quitter le pouvoir, tandis que le Comité international de la Croix-Rouge espère visiter "très bientôt" les milliers de détenus. Il s'agissait de la quatrième intervention du chef de l'Etat depuis le
début de la contestation il y a cinq mois qui a fait quelque 2.000
morts.
Le président contesté a explique que des élections législatives seront organisées en février 2012. La situation en Syrie "peut sembler dangereuse (...) mais en fait nous
sommes capables de nous en occuper", a affirmé Bachar al-Assad, qui a menacé de "répercussions" les pays s'ingérant dans les affaires de Damas. "La solution de la crise qui secoue depuis cinq mois le pays devrait être politique", a-t-il martelé.
Des milliers de personnes ont manifesté dans la nuit de mardi à mercredi dans plusieurs villes de Syrie pour réclamer le départ de Bachar al Assad, dont les forces appuyées par des miliciens poursuivent leur répression à Homs, ont rapporté des activistes. Les chars sont à nouveau entrés dans la ville.
De vastes rassemblements ont notamment eu lieu à Bou Kamal et dans d'autres localités de la province orientale de Daïr az Zour, dans le faubourg damascène de Kaboune et dans d'autres villes du pays, ont dit des activistes.
A Homs, où les forces du régime interviennent à nouveau depuis le week-end, 16 nouveaux décès ont été signalés portant à 33 morts le bilan de la répression récemment engagée dans ce foyer de la contestation contre Bachar al Assad.
Parmi les personnes tuées mardi figurent dix participants aux funérailles de dix autres personnes tuées par les forces de sécurité la veille, ont rapporté les Comités de coordination locaux, un réseau d'opposants.
"Nous n'avons pas pu enterrer les martyrs dans le principal cimetière de la ville et nous nous sommes donc rabattus sur un plus petit cimetière près de la mosquée. C'est alors que des miliciens circulant en voiture ont commencé à nous tirer dessus", a déclaré un participant à ces obsèques, disant s'appeler Abdallah, interrogé au téléphone par Reuters.
Il a ajouté que les cadavres avaient été amenés à la mosquée Khaled Ibn al Walid à Khalidiya, un quartier sunnite dans l'est de la ville.
"Khalidiya est totalement assiégé par l'armée. Nous sommes coupés du reste de Homs", a-t-il dit.
Un autre habitant de Homs a déclaré: "Il y a des soldats et des véhicules blindés dans tous les quartiers. Les forces irrégulières qui les accompagnent sont des escadrons de la mort. Depuis l'aube, ils tirent au hasard avec des fusils et des mitrailleuses. Personne ne peut sortir de chez soi."
Des soldats et des chars étaient intervenus une première fois en mai à Homs après des manifestations réclamant la chute du régime dans cette vile située à 165 km au nord de Damas.
Les autorités syriennes ayant expulsé la plupart des journalistes étrangers, il est difficile de vérifier les affirmations des uns et des autres depuis le début en mars du soulèvement contre Bachar al Assad.
Tunisie : altercation avec un groupe armé lybien
Un accrochage a opposé dans la nuit de vendredi à samedi l'armée tunisienne à un groupe armé libyen dans le sud-ouest de la Tunisie, aux confins des frontières libyenne et algérienne, a-t-on appris auprès de la sécurité tunisienne.
La source proche de la sécurité a indiqué que ce groupe circulait à bord de véhicules transportant des armes. Il a été intercepté dans le désert vendredi soir. Les combats, qui se poursuivaient ce samedi, ont fait des victimes, a-t-on appris de même source.
La Tunisie a récemment renforcé sa présence militaire à la frontière en raison notamment des combats entre rebelles libyens et partisans de Mouammar Kadhafi dans l'ouest de la Libye. Les sources de sécurité n'ont pas dit si les hommes armés étaient des rebelles ou des hommes de Kadhafi mais les habitants pensent qu'il s'agit plutôt de partisans du colonel.
Des habitants de Douz, une bourgade dans le désert du Sud tunisien, ont dit à Reuters que des hélicoptères survolaient la région et que des soldats de villes voisines avaient été appelés en renfort pour combattre les groupes armés, dont les véhicules ne portent pas de plaques d'immatriculation.
Un hélicoptère de l'armée tunisienne s'est écrasé près de la frontière en raison d'un problème mécanique, tuant le pilote et son copilote, ont annoncé les autorités.
Egypte : Plusieurs roquettes tirées sur le sud d'Israël
L'Egypte a jugé insuffisants dimanche les regrets exprimés par Israël après la mort jeudi de cinq policiers égyptiens à la frontière entre les deux pays tout en saluant l'ouverture d'une enquête conjointe sur cet incident qui a suscité un regain de tension dans la région.
Les cinq policiers ont été tués alors que l'armée israélienne pourchassait des hommes armés soupçonnés d'avoir perpétré les attaques d'Eilat qui ont fait huit victimes côté israélien jeudi.
L'Etat hébreu a imputé cette série d'attaques aux Comités de résistance populaire (CRP), un groupe armé de la bande de Gaza, et a affirmé que les activistes avaient traversé le désert égyptien du Sinaï.
Pour protester contre le raid meurtrier de Tsahal, le Caire a annoncé samedi son intention de rappeler son ambassadeur en Israël, considérant que la mort des cinq Egyptiens constituait une atteinte au traité de paix bilatéral de 1979.
C'est la seconde fois que Le Caire procède au rappel de son représentant à Tel Aviv. Le précédent date de 2000 lorsqu'Israël avait procédé à d'intenses bombardements sur la bande de Gaza.
Le gouvernement égyptien a également convoqué le chargé d'affaires israélien au Caire pour demander des excuses et réclamer la mise en place d'une enquête conjointe.
Depuis, des militants palestiniens ont tiré une douzaine de roquettes sur le sud d'Israël dimanche laissant craindre une nouvelle intervention de l'armée israélienne dans la bande de Gaza en proie à une reprise des violences depuis trois jours.
"Les forces de défense israéliennes n'hésiteront pas à élargir leur champ d'action pour répondre avec toute la sévérité requise", a dit le général Yoav Mordechai, porte-parole de l'armée, sur Radio Israël.
Les violences ont commencé jeudi lorsqu'un groupe d'hommes armés, originaires de la bande de Gaza selon Israël, ont réussi à gagner la station balnéaire d'Eilat sur la mer Rouge, via le désert égyptien du Sinaï, et ont tué huit Israéliens lors d'une attaque sur une route déserte.
L'armée israélienne s'est alors lancée dans une traque des assaillants et a tué cinq membres des services de sécurité égyptiens et sept hommes armés.
Tsahal mène des raids aériens réguliers dans la bande de Gaza depuis jeudi qui ont fait au moins 15 morts dont cinq civils, indiquent des responsables médicaux.
Israël affirme que plus de 100 roquettes ont été tirées depuis l'enclave contrôlée par le Hamas. Les tirs effectués dimanche depuis le territoire palestinien ont touché une école vide à Beersheba et ont atteint la ville côtière d'Achkelon sans faire de victime.
Selon une source au sein des services de sécurité égyptiens, deux roquettes auraient également été tirées depuis l'enclave palestinienne et seraient tombées près de la ville de Rafah, en territoire égyptien.
Aucune victime et aucun dégât n'ont été signalés. De même source, on précise que ces tirs de roquettes constituent une erreur.
latribune.fr, avec Reuters (mise à jour Damien Bouhours, lepetitjournal.com, lundi 22 août 04h00 GMT)
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