Le conjoint d’expatrié doit repérer rapidement les codes de son nouvel environnement s'il souhaite poursuivre sa carrière à l’étranger. Sinon, il risque de subir les inconvénients liés à sa situation de "suiveur" sans parvenir à en repérer les opportunités, nombreuses mais différentes de celles qu’il a pu connaître en France


Connaître ses priorités est indispensable: recherche-t-on une activité professionnelle pour être indépendant financièrement, pour avoir une activité intellectuelle et des liens sociaux, ou pour assurer un retour réussi en France sur le plan professionnel ?

Garder le cap
Il est difficile en effet de concilier tous ces objectifs en tant que conjoint suiveur. Il faut donc les hiérarchiser et garder le cap quelles que soient les affectations. "Il faut bien réaliser qu’à votre retour en France, les DRH ne valoriseront pas la création d’entreprise lors de votre expatriation, explique Carole, DRH et conjoint suiveur en Asie. On se méfie des gens qui sont sortis du système et ont travaillé en indépendant. Je conseille plutôt de travailler bénévolement dans une association humanitaire, en utilisant ses compétences professionnelles". Être bénévole, oui, mais ne pas oublier de l’être aussi  au profit de sa carrière !

A l’assaut d’un monde nouveau…
A l’étranger, les opportunités pour valoriser sa carrière sont d’un nouveau genre : elles sont liées à la communauté expatriée et au nouveau pays. Le nouvel arrivant peine cependant à les repérer. : “Ce n’est que 3 mois avant de quitter Hong Kong, indique Nadia, que j’ai appris par hasard que l’on pouvait bénéficier de l’aide de l’état pour des cours d’informatique ou de langue, à coûts réduits sur présentation de la carte ID de résident!” De nouveaux codes, mais pas de mode d’emploi pour les connaître! L’expatriation est pourtant l’occasion rêvée de multiplier les compétences, les contacts et de créer un réseau socio-professionnel à l’international.

photo @Corbis

Multiplier les contacts, multiplier les compétences
La communauté des conjoints d’expatriés regorge de personnes compétentes et disponibles : anciens commerciaux, financiers, cadres marketing, etc. Le cadre des associations favorise l’échange de compétences sur le principe "je te donne de mon temps, tu me formes à de nouvelles compétences". L’Association des Français de Singapour (2), forte de ses 2.200 membres, est gérée comme une entreprise. Entre les 220 bénévoles, l’échange de compétences se fait dans tous les sens : maîtrise de l’outil informatique, prise de parole en public, gestion d’évènementiels… Le turn-over des bénévoles est tel que c’est la condition sine qua non pour que l’AFS fonctionne.
A Hong-Kong s’est créé le Club des Créateurs d’entreprise : l’occasion pour les conjoints, qu’ils soient créateurs d’entreprise ou spécialistes dans un domaine, de se rencontrer et d’échanger. La solution à la carrière du conjoint suiveur passe par ce type d’association qui met rapidement au service du nouvel arrivant les informations utiles valoriser son parcours professionnel.

Cependant, si l’expatriation offre depuis longtemps un excellent réseau d’accueil pour pratiquer des activités manuelles, culturelles et s’échanger les bonnes adresses, il est temps qu’un réseau d’accueil à vocation ouvertement  professionnelle  émerge. A l’image de la société française depuis les années 70, les conjoints ont bien changé et leurs aspirations professionnelles également! A Tokyo, l’association Femmes Actives Japon, un modèle du genre (3), réunit des femmes salariées, freelances, en recherche d'emploi ou en veille professionnelle. Le but est de créer un réseau d’échange de toute information utile à un conjoint français souhaitant valoriser son passage au Japon sur le plan professionnel. Pour être efficace, le terrain local doit en effet être décrypté par des personnes de la même culture, ayant les mêmes reflexes que le chercheur d’emploi et comprenant ses besoins.
… Et les conjoints masculins dans tout cela? Qu’ils s’imposent au sein de ces associations très féminines, comme le font progressivement en France les femmes, au sein des conseils d’administrations très masculins des entreprises!…

Communiquer avant, pendant et après l’expatriation
La carrière du conjoint est faite de ruptures: il faut donc lui donner une cohérence par une communication efficace : le conjoint expatrié est son propre “Dir Com”. Valérie, expatriée depuis 8 ans l’a senti de manière innée: “Dès qu’une nouvelle destination se profile, je mobilise mon réseau de copines expatriées: il y en a forcément une qui est passée par ma future localité ou qui y connait quelqu’un susceptible de me guider vers des personnes ressources!” Un réseau, cela s’entretient par une communication active. On ne disparait pas, on garde le contact. Les réseaux LinkedIn, Viadeo, et même Facebook ont leurs limites mais permettent d’entretenir un certain buzz autour de soi. Le conjoint réalisera rapidement que ce réseau à l’international constitue un “carnet d’adresses” précieux. Auprès du réseau en France, il s’agit de montrer que le conjoint suiveur n’a pas passé ses années d’expatriation au bord de la piscine…

Faire ne suffit pas, il faut aussi faire savoir
N’hésitez pas également à solliciter l’entreprise qui vous a expatrié: cette dernière met rarement au service du conjoint des outils véritablement performants pour gérer sa carrière… Mais il n’est pas interdit, de se rapprocher du DRH et de la personne en charge du service le plus proche de son métier: ils possèdent  une connaissance du réseau local, de ses besoins et de ses opportunités qui vous sera très utile. Certaines multinationales participent au programme PartnerJob (4), une plateforme inter-entreprises d’offres d’emplois aux conjoints d’expatrié, un outil efficace. Enfin, une attention toute particulière doit être portée à la rédaction de son CV. Un coach peut faciliter cette démarche. Il aidera le conjoint à réfléchir son parcours professionnel en termes de “compétences développées”, et non plus de manière chronologique, les interruptions d’activité surgissant alors comme un handicap.

Les initiatives pour aider le conjoint dans ses démarches se multiplient; elles ne sont malheureusement ni généralisées, ni harmonisées. La gestion de la carrière du conjoint suiveur reste un domaine très incomplet des Ressources Humaines. Dans chaque cas, il faut associer plateforme inter-entreprises d’offres d’emploi, structure d’accueil locale à vocation professionnelle (du type FAJ) et suivi de coach car un des facteurs clés de succès de cette carrière est le marketing de soi. Le brainstorming gigantesque qui sévit sur la toile internet sur le sujet révèle de manière spectaculaire les frustrations de la pléthorique communauté des conjoints suiveurs.

Stéphanie Talleux (www.lepetitjournal.com) réédition
(1) voir notre article : La carriere du conjoint, rupture ou continuité
(2) www.afsingapour.com
(3)www.femmesactivesjapon.org
(4)www.partnerjob.com
Lire aussi notre article : Expatriation : Quand le conjoint suiveur est un homme...
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