Heidelberg Mannheim

ISCH LIEBEU DICHE – Susanne et Loïc. Quand les signes distinctifs aident au rapprochement

Homme, 1 m 95 cherche femme de grande taille… Femme, 1 m 80 cherche homme plus grand qu’elle… Si leur approche n’a pas été aussi directe, c’est malgré tout sur un site de rencontre réservé aux personnes de grande taille que leur idylle a démarré. Loïc mesure davantage que la moyenne des Français et Susanne du haut de ses 1 m 80 impressionnait ses compatriotes allemands. Comment dans ces conditions trouver chaussure à son pied ? Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim a rencontré le couple qui s’apprête à donner naissance à une petite Aurélie, fruit de leur rapprochement franco-allemand.

(Photo VK lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Ensemble depuis 2007, Susanne et Loïc se sont mariés en 2011. Elle, travaille comme institutrice auprès d’un public d’handicapés mentaux et lui, exerce comme ingénieur qualité chez un constructeur automobile en Rhin-Neckar. Après une relation à distance qui a duré deux ans entre Stuttgart et Munich, ils se sont installés dans la ville pittoresque de Weinheim, souvent décrite dans les guides touristiques comme étant la « perle de la Bergstrasse » ou « le petit Heidelberg » où les deux tourtereaux mènent une vie paisible. L’arrivée de leur petite fille dans quelques jours changera peut-être la donne… Ils ont décidé de l’appeler Aurélie en hommage à la chanson de la chanteuse berlinoise Judith Holofernes du groupe pop rock « Wir sind Helden » dans laquelle celle-ci explique à son amie française la façon très subtile de flirter des Allemands...
Rencontre dans un des nombreux cafés de la Marktplatz.

Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim : quand et comment avez-vous rencontré votre partenaire ?

Loïc : c’était en 2006 sur un site de rencontre allemand pour personnes de grande taille, « grosseLeute.de ».

Susanne : Loïc mesure 1 m 95 et moi 1 m 80 et nous étions les plus petits parmi les grands (Rires). Le site propose des activités de loisirs, des sorties autour du sport, des soirées festives... Nous avons sympathisé, avons fait pas mal de choses ensemble. On se rencontrait lors d’événements organisés par le groupe à Munich où j’habitais à l’époque. Mais j’ai trouvé Loïc trop long à passer du statut d’ami à celui d’amant. J’étais un peu impatiente.

C’est-à-dire ? Combien de temps lui a-t-il fallu pour vous déclarer sa flamme ?

Susanne : un an ! C’est beaucoup !

Dans quelle langue est-ce que vous communiquiez ?

Loïc : en allemand. C’est ma deuxième langue vivante, je le parlais déjà quand je suis arrivé en Allemagne. J’arrive même aujourd’hui à prononcer le mot écureuil que tant de Français germanistes détestent, mais cela m’a coûté des heures et des heures d’entraînement.

Susanne : encore aujourd’hui, nous communiquons principalement en allemand, Loïc parle couramment et moi je ne maîtrise pas encore assez bien le français que j’ai commencé à apprendre en 2007.

Qu'est-ce qui vous a le plus séduit chez l'autre et/ou dans sa culture ?

Susanne : son accent français (Rires). J’ai trouvé ça charmant.

Loïc : j’ai aimé son côté naturel.

Et qu’est-ce qui vous a le moins séduit chez l’autre ?

Susanne : il lui a fallu du temps pour répondre à mes mails.

Loïc : de mon côté, ce que je n’ai pas aimé c’est son habitude de vieille fille : elle faisait du tricot.

Vous vous êtes mariés en 2011 alors que vous habitiez dans deux Länder différents et vivez ensemble depuis 2013 en Rhin-Neckar. Comment avez-vous vécu ces deux années de relation à distance ?

Susanne : j’étais à Munich et Loïc à Stuttgart lorsque nous nous sommes connus. Ce n’était pas toujours facile en raison de la distance mais j’aimais beaucoup ma vie à Munich et ne voulais pas quitter cette ville au début.

Loïc : de mon côté, j’ai quitté Stuttgart et me suis installé à Weinheim car mon employeur était dans la région. Susanne a alors trouvé un travail ici et a fini par s’acclimater à la ville.

(Photo VK lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Vous allez mettre au monde un enfant dans quelques jours. Comptez-vous le faire bénéficier d’une éducation bilingue ?

Susanne : oui absolument, nous lui parlerons chacun dans nos langues respectives.

Loïc : nous attendons une petite fille qui devrait voir le jour le 29 juin et que nous appellerons Aurélie. C’est d’ailleurs un petit clin d’œil franco-allemand, en hommage à la chanson « Aurélie » de Judith Holofernes écrite pour son amie Aurélie de Paris pour l'aider à décrypter les codes des Allemands.

Dans votre vie quotidienne, vos différences culturelles se remarquent-elles et posent-elles parfois problème ?

Susanne : la plus grande différence c’est cette habitude qu’ont les Français de manger un repas chaud deux fois par jour, midi et soir contrairement aux Allemands. Après l’accouchement, je vais prendre un an de congé parental, certaines femmes allemandes prolongent même le congé parental jusqu’à trois ans. J’ai des amis françaises qui ont repris le travail très vite après la naissance.
Aussi, nous les Allemands, faisons beaucoup de choses seuls même si nous sommes en couple, comme des soirées avec les copines, parfois des excursions sans le conjoint… En Allemagne, on peut voir un peu partout des « Frauentreff » (rencontres de femmes) parfois organisées de façon institutionnelle. Loïc avait beaucoup de mal avec ça au début, entre temps j’ai même l’impression qu’il apprécie quand je ne suis pas là (Rires). Les couples français semblent plus fusionnels et organiser presque tous leurs loisirs à deux.

Loïc : en ce qui me concerne, il est vrai qu’à part une soirée whisky avec des copains de temps en temps, je ne participe pas à des « Männerabende » (soirées entre hommes) comme cela se fait souvent en Allemagne.

Susanne : je voudrais ajouter un point important. Je viens de l’est de l’Allemagne. Le système scolaire à l’est est était assez proche de celui de la France, les enfants allaient à l’école maternelle, les cours duraient toute la journée, on avait plus de matières. Aussi, j’ai toujours vu ma mère travailler, alors qu’à l’ouest les femmes restaient bien souvent à la maison pour élever les enfants. Les hommes me semblent ici un peu machos et conservateurs. Je comprends mieux Loïc d’ailleurs que les hommes de l’ouest de l’Allemagne. C’est peut-être la raison pour laquelle je trouve que nos différences ne sont pas très marquées.

Loïc : on n’a jamais autant discuté cependant que depuis que nous savons que nous allons être parents. Nous verrons donc si nos différences cultuelles se manifestent ou en tout cas créent le conflit, après la naissance de notre bébé prévue le 29 juin. Nous aurons peut-être des idées différentes quant à l’éducation de notre enfant. Mais nous sommes prêts à faire des compromis.

Susanne : en effet on a déjà parlé de l’emplacement du lit du bébé. Je le voudrais dans notre chambre mais apparemment ça ne se fait pas trop chez les Français et Loïc s'y oppose.

Et dans votre entourage, avez-vous rencontré des problèmes d'acceptation ou de compréhension de votre couple mixte ?

Susanne : au contraire ! Sa mère et la mienne s’entendent à merveille sans parler la langue de l’autre. Les parents de Loïc viennent de Franche-Comté et ma famille du Erzgebirge au sud de la Saxe à la frontière tchèque. Ma première courte phrase lorsque j’ai appris le français a été « C’est très bon ». Une amie m’a dit que ça suffisait pour se mettre la belle-mère dans la poche (Rires).

Loïc : nous avons été « bien acceptés » par nos belles-familles respectives. Nous fêtons d’ailleurs tous ensemble Noël, une fois en France, une fois en Allemagne où nous louons un appartement pour nos deux familles.

Susanne : mais la discussion chaque année est : faut-il distribuer les cadeaux le 24 ou le 25 décembre ?

Quel est votre endroit préféré dans la région ?

Susanne : chez nous à la maison.

Loïc : à la maison, c’est notre petit nid et havre de paix.

Quel a été son plus beau cadeau ?

Susanne : euh.. Loïc ne fait pas de cadeaux…

Loïc : mais si ! Souviens-toi, je t’ai offert un set de nettoyage pour la voiture. Ça fait dix ans qu’elle l’a et ne l’a pas utilisé. Mais c’est probablement le pire cadeau pour elle (Rires).

Susanne : plus sérieusement, le plus beau cadeau qu’il m’ait fait c’est ce que j’ai dans le ventre.

Loïc : et moi j’ai eu droit à des chaussettes qu’elle a tricotées elle-même.

Vos projets à deux ?

Loïc : accueillir le bébé et dans un an avoir notre propre maison et disposer de plus de place.

Susanne : nos projets se concentrent surtout autour du bébé.

Quel objet pourrait être le symbole de votre relation et pourquoi ?

Susanne : un pin’s.

Loïc : oui un pin’s franco-allemand que j’ai acheté à la communauté franco-allemande lors de la fête de la musique à Darmstadt il y a deux ans.

Si vous deviez définir votre relation en un mot, quel serait-il ?

Susanne : l’humour. On aime rire, c’est plus facile de rire que de se disputer.

Loïc : la spontanéité.

Interview réalisée par Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), mardi 20 juin 2017

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