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ISCH LIEBEU DICHE - Marianne et Adrian, la jeune génération franco-allemande !

Une relation détendue et équilibrée. C'est comme telle que Marianne et Adrian, jeune couple franco-allemand, décrivent leur histoire. Ce couple mixte, établi à Mannheim, a tout pour représenter la génération Y d'aujourd'hui.

(Photo © MC)

C'est dans le centre de Mannheim que lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim a donné rendez-vous à ce couple jovial qui vit sous le même toit depuis bientôt deux ans. Marianne, 33 ans, aujourd'hui chargée de projet pour la Klimaschutzagentur (agence de protection du climat) de la ville, a en effet adopté définitivement l'Allemagne en mars 2015 pour rejoindre son compagnon, Adrian, 35 ans, ingénieur commercial chez BASF

Si le début de leur histoire s'est déroulé à cheval entre la France et l'Allemagne, Marianne et Adrian sont maintenant bien décidés à poursuivre leur avenir en Rhin-Neckar. Rencontre avec ce jeune couple franco-allemand qui partage les mêmes attentes et semble très fusionnel.

Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim : quand et comment avez-vous fait la connaissance de votre partenaire ?

Marianne : c'était en 2012, à Heidelberg. A l'époque, on jouait tous les deux à l’Ultimate frisbee, un sport collectif. Je jouais avec le club de Strasbourg où j'habitais, et Adrian s'entraînait avec le club de Heidelberg. Comme chaque année, un tournoi était organisé par chaque club et c'était au tour de mon équipe de Strasbourg d'aller jouer à Heidelberg. Lors des jeux, il manquait des joueurs dans mon équipe et nous avons alors fait un ''pick-up'', c'est-à-dire que les joueurs d'une autre équipe sont venus se mélanger à la nôtre. C'est alors qu'Adrian s'est retrouvé dans la même équipe que moi...

Adrian : ce qui tombait bien, c'est qu'une semaine après cette rencontre, c'était au tour de l'équipe de Marianne d'organiser son tournoi à Strasbourg. Nous nous sommes donc revus rapidement.

Comment avez-vous fait pour trouver un rythme dans votre relation, malgré la distance ?

Marianne : on a commencé au départ par se voir les weekends, car la semaine nous étions chacun occupés par notre travail. On a réussi à se retrouver à peu près toutes les deux ou trois semaines pendant six mois. J'ai ensuite dû quitter Strasbourg pour aller travailler à Mulhouse et j'ai donc été un peu éloignée d'Adrian mais nous avons tout de même gardé un bon rythme. La situation était quand même très pesante. Au bout de deux ans et demi, j'ai alors pris la décision de quitter mon travail et de rejoindre Adrian en Allemagne !

Avez-vous poursuivi l'Ultimate frisbee, qui est en quelque sorte le sport fondateur de votre couple ?

Adrian : on a dû arrêter, mais on y a joué quand même longtemps, pour ma part, treize ans.

Marianne : j'y ai joué durant sept ans, mais j'ai dû malheureusement arrêter à cause d'une blessure.

Qu'est-ce qui vous a le plus séduit chez l'autre et/ou dans sa culture ?

Marianne : l'Allemagne et sa culture ne m'ont en fait jamais attirée. C'est d'ailleurs pour cela que je n'avais pas choisi d'apprendre l'allemand mais l'espagnol durant mes études secondaires. Quand j'ai commencé à sortir avec Adrian, je me disais que ce n'était pas possible de sortir avec un Allemand, que ça ne pouvait pas durer ! (rires). Mais ce qui m'a plu justement chez lui, c'est qu'il n'est pas très allemand. Enfin, disons qu'il est allemand sur certains points... mais ce n'est pas un Allemand très ''normal''. Il n'est pas trop sérieux et renfermé par exemple ! Ce qui me plaît par contre dans la culture allemande, c'est le côté structuré qu'on n'a pas forcément en France, et puis le côté respect aussi. Je trouve que les habitants ici sont bien plus respectueux et plus propres qu'en France.

Adrian : moi, ce qui m'a le plus séduit dans sa culture, ce sont les pains au chocolat...

Marianne : effectivement, à chaque fois qu'il venait à Mulhouse au début, il fallait qu'on trouve une boulangerie pour en acheter !

(Photo ET lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Et le moins ? 

Adrian : ce que j'ai le moins aimé dans la culture française au début, ce sont les restaurants fermés le dimanche en Alsace et également le côté très désorganisé des Français. Il est difficile de trouver ses marques quand il n'y a pas d'organisation. Je trouve en revanche que Marianne n'est pas si désorganisée que ça.

Marianne : dans la culture d'Adrian, je dirais qu'il y a une certaine rigidité que je n'aime pas, une rigidité allemande à laquelle je me suis déjà heurtée à travers les administrations. J'ai remarqué également que la convivialité manquait un peu ici : à Mulhouse par exemple, on s'invitait plus facilement entre amis ou entre collègues chez les uns et les autres ; en Allemagne, c'est plus difficile.  

Dans votre vie quotidienne, vos différences culturelles se remarquent-elles et posent-elles parfois problème ?

Marianne : Adrian se plaint que je mets du bazar dans l'appartement, mais moi je trouve qu'il en met aussi. On a parfois des avis divergents... Nos différences culturelles se remarquent beaucoup également au niveau de l'organisation, même si ce n'est pas non plus oppressant. Pour donner un exemple, Adrian a besoin de préparer sa valise une semaine à l'avance lorsque nous partons en voyage, tandis que moi, je ne la prépare que deux ou trois jours avant. Concernant la cuisine sinon, il n'y a pas de véritable problème culturel étant donné que nous ne mangeons ni vraiment ''français'' ni vraiment ''allemand''.

Adrian : nos différences culturelles se remarquent surtout au niveau des horaires. Il est extrêmement important pour un Allemand d'être à l'heure, tandis que pour un Français, le quart d'heure de retard est assez typique. Mais je suis quand même moins stressé là-dessus depuis que je suis avec Marianne.

Avez-vous rencontré des problèmes d'acceptation ou de compréhension de votre couple mixte dans votre entourage ?

Marianne : je n'ai rencontré aucun problème de ce type dans mon entourage. Ma mère est même sortie avec un Allemand pendant deux ans quand elle était jeune et mon père a vécu pendant treize ans en Allemagne et aime beaucoup ce pays. Du côté de mes amis, il y a eu une ou deux blagues comme ça, mais aucun souci.

Adrian : je n'ai rencontré aucun problème non plus. Mes amis sont internationaux, certains viennent d'Afrique du sud, de Pologne, d'Iran... il n'y a donc eu aucun problème à ce que ma copine soit française.

Justement, pensez-vous qu'il y a plus de couples mixtes aujourd'hui et qu'ils sont mieux acceptés ?

Marianne : je connais beaucoup de couples mixtes. Dans ma famille par exemple, il y a ma cousine qui est mariée avec un Anglais, mon frère avec une Ecossaise depuis plus de cinq ans et mon cousin avec une Américaine. Nous formons une famille internationale ! Je pense que tout cela est dû à notre génération : on échange, on bouge, les rencontres sont beaucoup plus faciles à notre époque... et les couples mixtes mieux acceptés. L'Europe y a joué un rôle aussi.

(Photo © MC)

Et vous, faites-vous également partie de cette génération qui bouge beaucoup ?

Marianne : l'Allemagne n'est pas ma première expatriation. J'ai travaillé cinq ans au Québec avant de venir à Strasbourg en 2012. Je suis originaire de Lyon, mais j'ai également habité dans d'autres villes en France et j'ai fait beaucoup de voyages.

Adrian : j'ai également beaucoup voyagé.

Quelle est votre langue de communication ?

Marianne : notre première langue est l'anglais, nous n'avions pas le choix au début car je ne parlais pas l'allemand et Adrian parlait peu français. Nous avons communiqué en anglais pendant plus de trois ans. Par la suite, j'ai pris des cours d'allemand intensifs en arrivant à Mannheim, et nous nous sommes donc forcés à parler l'allemand pour que je puisse pratiquer rapidement. Mais l'anglais reprend souvent le dessus le weekend, quand on est en mode "détente".

Et si vous prévoyez d'avoir des enfants, quelle sera votre langue de communication avec eux ?

Adrian : nous leur parlerons bien sûr les deux langues. Comme tous les couples bilingues, chacun parlera aux enfants dans sa langue.

Quel est votre endroit préféré à Mannheim ?

Adrian : chez moi !

Marianne : le Neckarstrand, un bar le long du Neckar qui est ouvert l'été. C'est comme une sorte de Paris Plages, avec des chaises longues et des cocktails. C'est super de s'y poser après le travail, quand il fait beau.

Quel a été son plus beau cadeau ?

Adrian : un appareil photo que Marianne m'a offert, très résistant et imperméable à l'eau.

Marianne : ils sont quand même matérialistes ces Allemands (rires) Moi, ce serait plutôt une nuit qu'il m'a offerte dans un super hôtel spa, à Trèves. C'était une surprise.

Vos projets à deux ?

Marianne : nous avons acheté une maison à Mannheim il y a trois mois. On ne peut pas y habiter encore car elle n'est pas encore prête, il y a pas mal de choses à retaper et donc cela va nous occuper pour les prochaines années. Et pour les enfants, on verra par la suite une fois que la maison sera prête !

Vous voyez votre avenir ici alors, en Allemagne ?

Adrian : exactement. C'est plutôt logique, car on a du travail ici.

Marianne : moi je suis en CDD, mais j'ai des chances d'être prolongée. Et puis ça faisait longtemps que j'avais envie d'acheter une maison, et là, l'occasion s'est présentée.

Quel objet pourrait être le symbole de votre relation et pourquoi ?

Marianne et Adrian : le frisbee, qui symbolise notre rencontre !

Si vous deviez définir votre relation en un mot, quel serait-il ?

Adrian : ausgeglichen (équilibrée).

Marianne : facile. Depuis le début, notre relation a toujours été détendue et nous vivons au jour le jour sans jamais avoir eu de prise de tête....

Interview réalisée par Elise T. (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), mardi 17 janvier 2017

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