Heidelberg Mannheim

PORTRAIT DE FRANCOPHONE – Léna, jeune étudiante allemande, « je connais mieux la France que l’Allemagne »

Parce que la francophonie est un vaste réseau, partons à la rencontre de Léna, une jeune Allemande francophone et francophile, qui a décidé d'apprendre le français depuis plusieurs années.  

Léna a 27 ans et vient de finir son année universitaire. Souriante et joviale, nous la retrouvons au café situé dans la cour du château accueillant les étudiants de la ville pour une discussion autour de son parcours, de son rapport au français mais aussi de son futur.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

J’ai passé mon bac en 2010, et ensuite j’ai fait un service civique dans un jardin d’enfant à Mazan en Provence, un tout petit village. J’avais déjà appris le français à l’école mais c’était très rudimentaire, c’était avant l’université et j’avais 14 ans. Mais je n’apprenais pas très bien, c’est surtout durant mon service civique que j’ai pu l'améliorer. Et ensuite, pendant deux ou trois ans je n’ai quasiment pas parlé français. J’avais une coloc française quand j’étais à Hambourg donc je parlais un peu, mais j’ai arrêté par la suite. Je suivais une formation en alternance dans une école professionnelle à Hambourg. Puis j’ai décidé de reprendre mes études à l’université en 2014 à Mannheim. Je fais de l’économie. À ce moment-là, j’ai décidé de recommencer à apprendre le français. On avait le choix entre anglais, italien, espagnol, etc. Et au cinquième semestre j’ai décidé d’aller à l’étranger, j’étais acceptée pour aller au Québec durant six mois. C’était court mais vraiment génial.

Pourquoi ce choix du français ? 

En fait je ne sais même pas trop (rire). J’aimais bien l’apprendre à l’école, et puis c’est un peu par hasard que je suis partie en France faire le service civique. Et là, ça m’a vraiment plu, ce stage était très sympa j’ai rencontré plein de gens fabuleux. 

C’est ce bon souvenir de la France qui vous a poussé à continuer ensuite ? 

Je crois, oui. Le français m’a manqué durant les trois années où j’ai fait ma formation en alternance. Mais encore une fois, je ne sais pas vraiment (rire). 

Et du coup, pourquoi le choix du Québec ? 

Premièrement, parce que j’étais allée en France et j’avais sans doute beaucoup d’attente vis-à-vis de ce que j’avais vécu quelques années plus tôt. J’avais peut-être quelques exigences, je voulais que ce soit exactement pareil, avec les mêmes personnes, etc. Et deuxièmement, je voulais aller ailleurs qu’en France parce que maintenant, à Mannheim, j’habite beaucoup plus près de la France, alors que je viens du nord de l’Allemagne, ce qui est beaucoup plus loin. Je n’avais été en France qu’une seule fois avec mes parents à cause de la distance, et c’était quelque chose de spécial. Maintenant c’est tout près, donc ça l’est un peu moins. 

Et enfin, les études de la culture française à Mannheim restent très concentrées sur l’hexagone. Et les anciennes colonies font partie du monde francophone et j’ai trouvé important de découvrir un autre côté de cette culture qui est peu abordé à l’université. Au Québec, même si la région francophone est tombée sous la domination anglaise, la France et les Français restent très présents dans la vie quotidienne.

Vous vous rendez souvent en France ? 

Oui, j’essaye d’y aller au moins une fois par an pour voir des amis. Je vais à Lille, Paris, Besançon et Lyon, notamment. 

Vous avez eu du mal à apprendre le français ? 

Quand je suis arrivée en France, oui. J’ai eu besoin d’au moins quatre à six semaines avant de le parler couramment, de comprendre ce que disaient les autres personnes. À l’école, je ne peux pas dire que j’ai bien appris le français (rire), c’était des connaissances de base. Je ne parlais pas vraiment, j’étais plus à l’aise à l’écrit. Donc c’est ce qui m’a posé des problèmes au début de mon service civique. Et le fait de pratiquer m’a obligée à développer l’oral. Et quand je suis arrivée au Québec, c’était quand même compliqué au début parce qu’ils ont un accent particulier, avec des mots parfois différents notamment pour les jurons donc il arrivait souvent que je ne sache pas toujours si c’était positif ou négatif. Les gens de la campagne, c’était le plus compliqué. Je comprenais mieux ceux de Montréal ou Québec.  

Vous vous sentez attirée par la culture française ? 

Je n’avais pas trop de contacts avec les Français et la culture au début, c’était juste à l’école durant les cours de langue. Mais on a fait un échange avec une école de la Roche-sur-Yon, et ça m’a vraiment plu. Mais ma famille n’est pas intégrée dans un milieu francophone, ce qui est peut-être dû au fait qu’il y ait moins de Français dans le nord de l’Allemagne, mais ce n’est qu’une impression. 

Sinon, quelque chose qui m’a marquée en France, c’est que vous prenez du temps pour manger, pour discuter le midi. En Allemagne, on mange en trente minutes et on reprend le travail très vite. Je trouve que c’est bien de prendre ce temps pour échanger en dehors, pour se connaître davantage.

Par contre, Paris est beaucoup trop grand (rire). Je ne sais pas combien vous avez d’habitants mais c’est fatiguant comme ville. Et puis les gares aussi, vous avez plein de gares à Paris et si l’on veut changer de train, on doit parfois traverser toute la ville, je ne comprends pas trop cela. Mais sinon, bien sûr j’adore la France. Je pense même que je connais mieux la France que l’Allemagne. Ici par exemple je ne connais pas du tout l’Allemagne de l’Est, mis à part Berlin et le Nord. Et dans le sud, même si j’y fais mes études, je ne connais pas bien les alentours. En France, j’ai vu presque toutes les régions, sauf le centre près de Clermont-Ferrand. 

Vous rencontrez beaucoup de Français ou des personnes qui parlent français ici à Mannheim ? 

Oui, cela m’arrive assez souvent d’entendre des gens parler français. Il y a beaucoup d’étudiants en échange. Avec le système des étudiants allemands qui parrainent des étrangers, j’ai eu un Français et il avait plein d’amis français donc j’en ai rencontré un certain nombre.

Et par la suite, vous comptez travailler en France ? 

Oui pourquoi pas mais je sais qu’en ce moment c’est quand même dur d’y trouver un emploi. J’ai encore le temps, il me reste ma maitrise à faire. Et je ne sais pas encore si mon français sera suffisant, il est assez bon mais je ne connais pas les exigences des employeurs. 

Vous souhaitez travailler dans quel domaine ?  

Je suis intéressée par le développement durable, travailler dans des entreprises pour les aider dans ce sens. Même si cela n’a pas trop de liens avec le français, je pense que parler trois langues, parce que je parle aussi anglais, est toujours un avantage.

(Photo GC © lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

C.G (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), lundi 31 juillet 2017

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