Heidelberg Mannheim

LÉGISLATIVES 2017 - Pierre-Yves Le Borgn' député sortant et opposant de Frédéric Petit au 2ème tour

A quelques jours de la tenue du second tour des élections législatives pour la 7ème circonscription des Français de l'étranger, lepetitjournal.com s’est entretenu avec les deux candidats en lice, Pierre Yves Le Borgn’, candidat investi par le Parti socialiste et député sortant, et Frédéric Petit, candidat MoDem investi par La République En Marche qui nous livrent un bilan entre deux tours et appellent tous deux à aller voter le 18 juin.

Pierre-Yves Le Borgn'
(Photo VK lepetitjournal.com/heildelberg-mannheim)

Pierre-Yves Le Borgn', 52 ans, est député des Français de l'étranger de la 7ème circonscription depuis 2012. Candidat du Parti socialiste dont il est membre depuis 1988, il habite à Bruxelles. Sa suppléante est Pascale Seux, à Varsovie.

Frédéric Petit, 56 ans, est quant à lui le candidat MoDem investi par la République En Marche. Il a adhéré au MoDem en 2007 et habite à Varsovie. Son suppléant, Olivier Fleckinger est lui à Berlin. Témoignage de Frédéric Petit recueilli à Francfort entre deux tours à lire ici.

Entretien dans notre édition d’Heidelberg-Mannheim avec Pierre-Yves Le Borgn’.

Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim : Monsieur le député, quelle est votre analyse des résultats du 1er tour aux législatives dans la 7ème circonscription et le recul notable du Parti socialiste surtout au premier tour en France ?

Pierre-Yves Le Borgn’ : mon analyse est la même en ce qui concerne le 1er tour du 4 juin dans la 7ème circonscription des Français de l’étranger et celui qui a eu lieu le 11 juin, soit une semaine plus tard en France. Les électeurs qui se sont déplacés ou ont voté par correspondance ou par procuration ont soutenu largement le Parti La République en Marche tout comme lors de l’élection présidentielle et avec un score de 54,3 % dans notre circonscription, le candidat supposé En Marche a une nette avance par rapport au Parti socialiste arrivé 2ème mais loin derrière avec 13,88 % des voix. Dans mon département d’origine, même Jean-Jacques Urvoas, député socialiste sortant dans la circonscription de Quimper-Briec-Fouesnant (Finistère) qui est pourtant quelqu’un qui a fait ses preuves, est largement devancé par la candidate En Marche. L’échec cuisant du Parti socialiste ne me surprend cependant pas. J’en éprouve bien entendu une grande tristesse mais le Parti n’a pas été capable d’assurer convenablement sa politique et nous avons assisté à un spectacle de débandade récurrent sous le gouvernement de François Hollande depuis 2012. Certains électeurs initialement PS se sont tout naturellement tournés vers la France Insoumise et d’autres vers La République en Marche.

Quel regard portez-vous sur le taux important d’abstentions ? La suppression du vote électronique a-t-elle eu une incidence sur les résultats ?

Le scrutin montre une faible participation de l’ordre de 19,1 % et un taux d’abstention qui atteint 74 % dans la 7ème circonscription. Le choix essentiel avait été fait le 7 mai lors du second tour de l’élection présidentielle et il y avait l’impression que le match était inutile.  Cette situation est regrettable. Par ailleurs, nous avons été pénalisés par l’absence de vote électronique. Cette suppression du vote électronique est inadmissible. Beaucoup de potentiels électeurs parmi les Français de l’étranger se sont découragés et ne sont pas venus aux urnes voire même dans leur consulat pour faire établir une procuration. Prenons l’exemple de gens qui habitent à Erfurt ou à Dresde qui doivent se rendre à Berlin pour voter. Certains n’ont pas les moyens de se déplacer, d’autres pas la santé. Il parait normal que beaucoup se soient découragés sauf ceux qui ont vraiment le cœur citoyen à toute épreuve.

Un débat entre les deux candidats aux législatives a été proposé le 13 juin dernier par une radio francophone de Munich. Votre opposant prétend ne pas avoir eu les éléments à temps pour pouvoir intégrer ce débat dans son emploi du temps et que l’émission en question risquant d’être animée par votre directeur de campagne n’annonçait pas un échange neutre. Qu’en est-il ?

C’est faux. Cette radio est une radio animée par des élèves du lycée français de Munich et mon directeur de campagne, Philippe Moreau n’anime plus cette radio depuis trois ans. Par ailleurs, chaque candidat aux législatives pour la 7ème circonscription a été contacté avant le 1er tour, le 20 mai exactement, en prévision du second tour. Monsieur Petit n’a pas lu tous ses mails dans ce cas. L’émission avait lieu à 21h alors que nous étions tous deux à Munich le 13 juin. Même avec un emploi du temps déjà ficelé avec des réunions publiques, nous aurions pu nous retrouver sur le plateau en soirée, ce que Monsieur Petit a refusé. C’est malheureusement une tendance navrante des candidats En Marche de refuser les débats. Le débat est une tradition républicaine et c’est se moquer des Français que de refuser de rencontrer son adversaire. Parfois on perd à un jeu en étant « petit bras ».

Certains articles de presse ont posé la question de la légitimité des députés des Français de l’étranger en regard du taux d’abstention élevé. Une annonce faite notamment par Christophe Barbier, le célèbre éditorialiste de l’Express invoquait même la suppression de ceux-ci. Quelle est votre réaction ?

J’ai lu en effet ces communiqués. Les propos démagos de Monsieur Barbier sont parfaitement grotesques car les Français de l’étranger sont partout et nulle part. Ils sont 2 à 3 millions à vivre à l’étranger. Comme je l’ai souligné précédemment, certains Français de l’étranger sont parfois trop vieux ou trop pauvres pour pouvoir effectuer leur devoir de citoyen dans les conditions actuelles de vote mais ne doivent en aucun cas être privés de ce droit car ils ont des préoccupations qui leur sont propres auxquelles seul un député des Français de l’étranger les représentant à l’Assemblée Nationale peut répondre.

Vous affichez largement votre soutien au président Emmanuel Macron dans votre programme et apparaissez à ses côtés sur votre profession de foi, tout comme votre opposant, Frédéric Petit, candidat MoDem investi La République En Marche. Ne pensez-vous pas que cela risque de créer la confusion chez l’électeur dimanche 18 juin ?

C’est évident ! Je suis cependant dans la majorité présidentielle avec Emmanuel Macron et j’ai voté pour lui aux deux tours. J’ai notamment fait un appel le 30 avril à voter Emmanuel Macron et financé moi-même cette campagne. Je reste le candidat du PS proche d’Emmanuel Macron depuis avril 2016. Le 9 mai dernier, on me proposait la candidature En Marche que j’ai très volontiers acceptée. La liste devait être publique le 11 mai, mais j’ai été victime de la crise qui a eu lieu entre François Bayrou et Emmanuel Macron concernant la liste d'investitures pour les législatives qui s’est finalement conclue par un accord entre le MoDem et La République en Marche. Par ailleurs, la photo de ma profession de foi est issue d’un tête à tête que j’ai eu le 25 mai avec Emmanuel Macron à la Commission européenne. Je me réjouis aussi de recevoir régulièrement des témoignages et messages de soutien de membres En Marche.

Vous êtes avec 13,88 % de voix loin derrière votre opposant qui a remporté plus de 54 % des voix. Vous menez une campagne très active dans la circonscription. Pensez-vous que vos rencontres avec les Français de l’étranger notamment entre les deux tours peuvent inverser la tendance ?

Je me bats pour ça ! Je rencontre des gens qui n’ont jamais voté pour moi, des membres de LR ou UDI viennent vers moi, ils s’attendaient plutôt à un 2ème tour opposant Philippe Gustin (LR) et moi-même. Je reçois des messages d’encouragement qui me touchent. La clé sera la prise de conscience et le sursaut de participation.

Qu’est-ce qui vous distingue de votre opposant ? Pourquoi devrait-on voter pour vous ?

J’ai montré pendant 5 ans de mandat en tant que député de la 7ème circonscription des Français de l’étranger que je vais à la rencontre des gens, je connais très bien la circonscription, j’apporte un soutien réel aux Français de l’étranger, je suis le député des solutions. J’ai travaillé sur les problématiques principales soulevées par les Français de l’étranger et je place parmi mes priorités les solutions à apporter en matière de fiscalité/retraite, d’enseignement dans les lycées français et le développement des filières bilingues dans les autres établissements, l’amélioration et la présence récurrente du service public entre autres. Ceux qui souhaitent un député qui défend leurs droits et leur apporte des solutions concrètes voteront pour moi, ceux qui en revanche s’intéressent à un candidat qui surfe sur l’écume d’un événement politique voteront pour mon opposant dont la profession de foi est un tract national.

Quel message auriez-vous pour nos lecteurs ?

Mobilisez-vous ! Il est important d’accomplir son devoir de citoyen, même si je suis conscient des difficultés d’ordre logistique auxquelles les Français de l’étranger sont confrontés. Quoi qu’il en soit votez !

Interview réalisée par Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), vendredi 16 juin 2017

Retrouvez le programme et les priorités de Pierre-Yves Le Borgn sur son blog ainsi qu’une première interview réalisée par notre édition de Cologne avant le premier tour ici.

Le blog de Pierre-Yves Le Borgn'

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