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L’ALLEMAGNE EN FRANCE – Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France : « La coopération entre la France et l’Allemagne est essentielle »

Ambassadeur d’Allemagne en France, Nikolaus Meyer-Landrut est entré en fonction en 2015 après une carrière dans les affaires étrangères et européennes, et a ainsi vécu plusieurs des crises majeures qui ont frappé Paris, la France, l’Allemagne et l’Union européenne. Profondément conscient du lien qui unit la France et l’Allemagne, et au-delà, de la beauté du projet européen, il nous en dépeint, lors de notre passage à l'Ambassade d'Allemagne à Paris, sa vision dans une interview qui inaugure notre nouvelle rubrique sur l’Allemagne en France.

Nikolaus Meyer-Landrut à l'Ambassade d'Allemagne à Paris

(Photo Héloïse Hardy, lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim : pourriez-vous nous parler quelque peu de votre carrière, ses spécificités et nous dire ce qui vous a poussé à devenir ambassadeur en France en 2015 ?

Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France : ma carrière est assez atypique puisque dés le début, elle a été centrée autour de la question européenne. J’ai travaillé au ministère des Affaires étrangères allemand à partir de 1987, et rapidement je me suis vu confier la charge des affaires européennes. De là, j’ai été envoyé deux fois à la représentation permanente de l’Allemagne à Bruxelles entre 1990 et 2003. Entre 2002 et 2003 j’étais le porte-parole du président Valéry Giscard-d’Estaing lors des négociations du traité constitutionnel européen. Enfin j’ai été chargé des questions européennes à la Chancellerie à Berlin de 2006 à 2015, et à partir de 2011 j’ai occupé le poste de conseiller Europe auprès de la chancelière Angela Merkel. Les relations entre la France et l’Allemagne sont fondamentales pour le projet européen, c’est pourquoi la fonction d’ambassadeur à Paris aujourd’hui me semble être dans la continuité logique de ma carrière. La coopération entre la France et l’Allemagne est essentielle, elle a toujours été importante dans mes différentes fonctions. Je dirais que j’y ai des intérêts professionnels, mais aussi privés : je suis intimement lié à la France depuis longtemps, étant marié à une Française depuis plus de trente ans.

Comment voyez-vous les relations entre l’Allemagne et la France ?

Je dirais que nous sommes proches mais différents. Nous avons chacun notre géographie, notre histoire, notre économie, ce qui ne nous donne pas toujours une vue complète de l’autre pays. Et pourtant nous sommes très proches, c’est pourquoi nous avons besoin pour chaque génération nouvelle d’un vrai travail d’information et d’apprentissage. Je me déplace beaucoup dans les régions de France, et à chaque fois je me trouve face à beaucoup de curiosité et d’intérêt pour l’Allemagne, et je m’en réjouis. Cependant, je suis parfois surpris de constater qu’il y a encore une grande méconnaissance réciproque dans la population sur des questions concernant les institutions de nos deux pays, l’histoire ou la culture. Ce qui m’a intéressé lors de mes déplacements et qui étonne le plus les Allemands qui viennent en France, c’est de voir que malgré une centralisation très forte, la France est aussi très diverse, les villes et les régions ont des spécificités qui leur sont propres.

Quels évènements vous ont le plus marqué depuis votre entrée en fonction ?

L’évènement qui m’a le plus marqué sans aucune hésitation, c’est le 13 novembre 2015. Je me trouvais au match de foot amical France-Allemagne dans le stade de France, aux côtés du président de la République François Hollande et du ministre des Affaires étrangères allemand. C’était un moment terrible que je n’oublierai jamais. On a ressenti directement ce qui se passait. Cela nous a confortés dans notre résolution de travailler main dans la main avec nos amis français et de tout mettre en œuvre pour qu’une telle horreur ne se renouvelle pas. . Ce qui en ressort à mes yeux, c’est que la lutte contre le terrorisme doit se faire d’une manière coordonnée et solidaire.

Que pensez-vous des élections présidentielles françaises et quel lien feriez-vous avec les législatives allemandes de septembre ?

Les élections françaises ont été suivies avec beaucoup d’attention. Nous avons assisté à des retournements de situation et à quelques surprises. Dans cette période qui augure beaucoup de changements dans le monde, nous avons besoin de partenaires fiables. Les deux élections dans nos pays sont d’ordre majeur. Elles ont lieu la même année, c’est un renouvellement de légitimité des gouvernements dans nos deux pays qui nous donnera une perspective de plusieurs années de coopération continue et approfondie.

Qu’augurez-vous pour le futur de l’Europe ?

Quoi qu’il arrive, la construction européenne restera au cœur de la politique allemande. C’est une des réussites les plus importantes en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, elle assure paix et prospérité. Même si les Etats ne sont pas forcément satisfaits face à chaque décision individuelle, ce qui importe c’est l’idée qui nous a tous réunis. L’Union Européenne a perdu un peu de sa crédibilité au regard des crises actuelles, et elle doit regagner la confiance des peuples. Pour convaincre les gens de l’utilité de l’Europe, il faut des réponses pratiques aux problèmes concrets.

Et pour finir, votre ambassade étant située à Paris, quel est votre endroit préféré de la capitale ?

Oh, je dirais la Seine. C’est merveilleux de pouvoir contempler toute l’histoire d’une ville rien qu’en suivant ses bords, c’est la beauté d’une ville ouverte sur son fleuve.

Interview réalisée par Héloïse Hardy (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), samedi 13 mai 2017

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