Heidelberg Mannheim

TRIBUNE - On ne badine pas avec l’Union Européenne

A l’heure où l’Europe se trouve vraisemblablement menacée, lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim s’associe au Lycée Franco-Allemand de Fribourg en Allemagne pour vous faire partager les réflexions de plusieurs de ses élèves sous forme d’une tribune pro-européenne traduite en plusieurs langues soutenue par le conseil des délégués des élèves, le conseil des parents, l'ensemble des professeurs et la direction de l’établissement. En voici la version française.

Chers concitoyens européens,

 “L'Europe est peut-être actuellement à un tournant et nous souhaitons publier une tribune pro-européenne. Le climat actuel est particulièrement anxiogène et nous pensons que nous, les citoyens, devons prendre la parole et faire entendre notre voix.

Nous sommes pro-européens et le proclamons haut et fort !
Nous sommes fiers de faire partie d’une Union de 510 millions de personnes de cultures diverses et variées !
Nous voulons des échanges et pas de murs ! Notre Union Européenne doit être synonyme de liberté, de sécurité et de paix !
Nous voulons une Union Européenne plus démocratique, plus transparente et plus juste socialement !
Nous avons besoin de projets fédérateurs.

On ne badine pas avec l’Union Européenne

“Non à l’UE !” disent-ils. D’accord. Et après ? Le nationalisme ? L’exclusion et l’isolationnisme ? Susciter la haine et fermer les frontières ?

Les mouvements anti-européens ont le vent en poupe et pas seulement en Grande-Bretagne, chez nous aussi. Ils montrent clairement que l'euroscepticisme est devenu une menace pour les valeurs fondamentales de la vie commune européenne. Pourquoi 60 ans après la création de la Communauté Économique Européenne les Européens tournent-ils le dos à une de leurs plus grandes avancées ?

Il est compréhensible que certains des 510 millions de citoyens de l’UE la remettent en question. En effet, notre UE, telle qu’elle existe aujourd’hui, est imparfaite et complexe. Elle avantage fortement les lobbies et tend à abandonner le simple citoyen. L’UE se veut être une unité mais n’est pas capable de mener une politique homogène et cohérente. L’absence d’une telle politique empêche de combattre l’accroissement des inégalités économiques et sociales entre les différents citoyens des différents pays.

Il est inutile de rappeler ici les conséquences d’une Europe divisée et opposée. Ou peut-être le faut-il ? La première moitié du siècle dernier peut servir d’avertissement.

La Communauté Économique Européenne a été fondée il y a 60 ans avec la volonté de garantir et préserver la paix. Or, c’est précisément à une époque comme la nôtre, dans un monde incertain, où des milliers de personnes fuient la terreur et les guerres, que nous devons apprécier à sa juste valeur un si beau cadeau et le protéger à tout prix. Il serait vraiment très imprudent de sous-estimer les dangers qui la menacent.
N’oublions pas que l’UE protège la démocratie, la liberté de presse, d’expression et de religion, pour ne citer que quelques-uns des droits inviolables, dont nous Européens, nous pouvons profiter. N’est-ce pas un privilège de vivre dans un pays dans lequel les principes de liberté et d’autodétermination sont ancrés dans la Constitution ?
Tous les États de l’UE doivent respecter les principes démocratiques, et les États candidats à une adhésion ne peuvent échapper aux processus de réformes qui vont dans ce sens. L’UE contribue ainsi à la diffusion de ces valeurs démocratiques.

En outre, deux des aspects les plus importants sont la libre circulation des personnes et la monnaie commune. Certes, nous sommes loin d’avoir atteint la perfection dans ces domaines et l’euro est souvent sous le feu des critiques. Dans la zone euro, le change de monnaie a disparu, tout comme les coûts de conversion. Nous pouvons voyager dans chaque pays, sans contrôle de passeport, ni même de visa. L’Accord de Schengen, qui assure le passage des frontières, ne contribue donc pas seulement à la dynamique économique, mais aussi à un échange culturel et par là, à la compréhension et à la paix entre les différentes cultures.
Quand nous entendons que d’autres pays veulent dresser des murs, nous ne pouvons que nous indigner. L’Europe a vécu la division dans sa chair, avec un mur. Nous ne voulons pas revivre cela. La remise en cause de la libre circulation des personnes serait un coup dur pour une Europe si libre et si diversifiée !
L’UE n’est pas parfaite. Mais elle protège la paix en Europe.  

Critiquer l’Union Européenne est légitime. La détruire ne l’est pas ! Bien sûr, des réformes et des améliorations sont nécessaires afin de préparer l’UE au futur. Mais ces réformes doivent se faire dans l’unité et la cohérence, et non pas dans le rejet et la discorde.
Il devient plus nécessaire que jamais de consolider l’UE. N’est-ce pas un privilège que de considérer ses voisins comme des amis ? De pouvoir se déplacer librement et sans contrôle ? De ne jamais devoir changer sa monnaie ? Et surtout, de vivre en paix ?
Pour nous, Européens, ces avantages sont devenus une évidence, comme tant de choses de l’UE. Mais cependant, tout pourrait disparaître si nous n’y prenons pas garde.”

Le Lycée Franco-Allemand de Fribourg est un établissement public, binational et biculturel  bénéficiant d’un statut particulier qui trouve ses racines dans le traité d'amitié franco-allemand de 1963. En étant en contact permanent avec des professeurs allemands et français, les élèves profitent pleinement des deux systèmes pédagogiques.
Nous, élèves, parents et enseignants, avons différentes racines culturelles européennes mais aussi du reste du monde. Ceci est une richesse qui nous permet de partager notre héritage culturel et aussi nos traditions. Ici, au Lycée Franco-Allemand, nous vivons et travaillons ensemble. Nos diversités sont des facteurs fédérateurs.

Auteurs : Des élèves du Lycée Franco-Allemand de Fribourg

Publié par la redaction (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), mercredi 15 mars 2017

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