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LEGISLATIVES 2017 – Anna Deparnay-Grunenberg, candidate EELV : „Je souhaite encourager le renouvellement du projet européen vers plus d’écologie et de solidarité“

Dans moins de deux semaines, les Français établis hors de France devront reprendre le chemin des bureaux de vote pour élire cette fois leurs députés. A l’étranger, les élections législatives françaises se dérouleront les 4 et 18 juin 2017. Les éditions Allemagne de lepetitjournal.com s’unissent pour présenter à leurs lecteurs, avant le 4 juin, l’ensemble des candidats de la 7ème circonscription qui comprend 16 pays dont l’Allemagne. Nous avons rencontré Anna Deparnay-Grunenberg, candidate EELV (Europe Ecologie les Verts) pour laquelle le changement est le maître mot dans son programme en tant que candidate pour la 7ème circonscription des Français de l’étranger.

(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)

Née en Allemagne de mère française et de père suisse alémanique, ayant grandi dans différentes régions françaises, rurales, montagnardes et citadines, Anna Deparnay-Grunenberg, mariée et mère de trois enfants franco-allemands, a été très tôt sensibilisée aux questions environnementales. Ingénieur eaux et forêts, elle est élue au Conseil municipal de Stuttgart depuis 2009 et préside le groupe des "Grünen". Déléguée consulaire depuis 2014, les préoccupations des Français établis hors de France font partie de son lot quotidien.
Avec son suppléant, Florian Chiron, entrepreneur au service des Français expatriés en Allemagne, basé à Francfort, élu au sein du parti vert allemand des "Grünen", elle propose un programme de « changement » pour la 7ème circonscription qui s’articule autour de grands axes comme l’accès à l’éducation bilingue, le rayonnement de la culture française, la simplification administrative, l’accompagnement à la transition écologique et économique ou encore l’échange de bonnes pratiques entre villes européennes. Européenne convaincue, Anna Deparnay-Grunenberg souhaite, comme elle dit, « changer la donne ».

Lepetitjournal.com/francfort : pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Anna Deparnay-Grunenberg : je suis née à Berlin en 1976 d’une mère française très émancipée, partie en Allemagne à l’âge de 18 ans, et d’un père suisse allemand. J’ai grandi en Ariège, dans un environnement très rural, j’ai connu le milieu montagnard puis les années lycée dans un milieu citadin et bourgeois. Ces styles de vie très variés m’ont permis de savoir gérer les changements. Sensibilisée très jeune aux questions environnementales, j’ai suivi des études scientifiques et passé un diplôme d’ingénieur Eaux et forêts à Freiburg.
Je suis installée avec ma famille à Stuttgart où je m’engage dans la vie politique locale. Je suis élue depuis 2009 en tant que présidente du groupe parlementaire des "Grünen" et travaille chaque jour sur le terrain auprès des entreprises, des citoyens et avec les institutions régionales ou nationales à trouver des solutions concrètes pour une transition écologique effective. Grâce à ce travail de concertation et de coopération, nous avons pu mener des projets d'envergure comme le désinvestissement des fonds publics de la ville selon des critères éthiques et environnementaux stricts. Je suis également déléguée consulaire depuis 2014.
Mon engagement politique résulte de mon parcours très original, un peu atypique. J'ai développé un attachement particulier pour les questions environnementales  et les modes de vies en toutes diversités et au sens plus large à la relation société humaine, culture et nature.
Aujourd’hui je souhaite agir à une plus large échelle sur le comportement de notre société et pour le bien commun dans une Europe pacifiée, solidaire et durable que je défends au quotidien. C'est cette culture de l'écologie comme fonctionnement d'une économie et d'un projet global de société qui me pousse aujourd'hui à vouloir représenter les Français de l'étranger à l'Assemblée nationale.

Être député de la 7ème circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous ? Quels sont vos liens avec cette large circonscription qui compte 16 pays en Europe centrale et orientale ?

En ma qualité de déléguée consulaire et secrétaire générale EELV pour l'ensemble des circonscriptions hors de France, les préoccupations des Français de l'étranger font partie de mon lot quotidien. J’ai su être à l’écoute et et surtout mesurer la richesse des biculturels. Ma candidature à la députation s’inscrit dans une continuité pour pouvoir agir plus largement et faire entendre la voix des Français installés dans la circonscription et accompagner le changement.
Mes liens avec l’Allemagne sont bien entendu très forts puisque j’y vis mais j’aime bouger, m’ouvrir, m’inspirer des autres pays et j’ai ainsi pu me rendre plusieurs fois en Roumanie et en Hongrie pour des projets. Aussi, avec mes parents, nous allions souvent en Serbie, Croatie, Slovénie en raison de l’abondance de la nature.
Si je suis élue, je veux pouvoir prendre la coopération franco-allemande comme modèle et utiliser l'expérience que j'ai acquise pour améliorer la vie de mes concitoyens.

Anna Deparnay-Grunenberg et son suppléant Florian Chiron
(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)

Quelles sont vos trois priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

Une première priorité pour les Français de la 7ème circonscription concerne la fiscalité et la protection sociale. Les Français souhaitant s’expatrier ou vivant déjà hors de France ne sont pas toujours suffisamment informés sur les démarches qu’ils doivent effectuer. Il faudrait pouvoir les orienter vers le tissu associatif qui prend déjà en charge les questions aussi bien d'ordre fiscal que de conseil. Mon suppléant, Florian Chiron, responsable d'un cabinet de conseils pour les expatriés, est l'un de ces acteurs qui participent activement à la réussite de toute expatriation.

Deuxièmement, ce sont les démarches administratives qu’il est nécessaire de simplifier et harmoniser en favorisant une coopération renforcée avec les autorités locales. 90% de la vie administrative des Français est en lien direct avec les institutions du pays de résidence. Nous devons travailler à une meilleure coopération politique bilatérale, et ce, avec chaque Etat de la circonscription. Les Français devraient pouvoir bénéficier de cette simplification et, en cas de besoin, être en mesure d'avoir accès rapidement à un service local capable de les renseigner sur leur situation. Les conseillers et délégués consulaires joueront pour ce faire un rôle central.

Le troisième sujet qui sera au cœur de mon action touche l’éducation et l’enseignement de la langue française dans les seize pays de la circonscription. Comme je le disais, les parents que je rencontre me font régulièrement part de l'accès inégal aux structures d'enseignement françaises. Afin d'offrir à chaque famille la possibilité de développer son biculturalisme, il faut consolider les crédits accordés aux établissements français existants et faire la promotion de l’enseignement du français dans les zones non couvertes par ce réseau. Les initiatives FLAM, les organisations de coopération binationale pour la jeunesse et la labellisation d‘établissement Label Franc Education doivent être soutenues, valorisées et accompagnées.

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant Pierre-Yves Le Borgn’ ? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Selon moi, Pierre-Yves le Borgn‘ a été un député sérieux, qui a, comme il le dit lui-même, défendu les droits des Français de la circonscription. J’ai apprécié ses combats, je salue son rôle de rapporteur sur la COP 21 mais il n’a pas mis suffisamment l’accent sur la transition écologique. J’aurais élevé la voix en ce qui concerne la fermeture de la centrale de Fessenheim qui est très dangereuse, le rejet de boues rouges en Méditerranée, la sortie du diesel, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Je me serais positionnée par rapport à l’accord du libre échange, le CETA.
J’ai aussi trouvé qu’il n’était pas suffisamment axé sur l’idée de l’Europe. Il m’a manqué cet élan positif par rapport à la richesse et la diversité des Français de l’étranger que je vis au quotidien.
De mon côté, j’ai la chance d’avoir le soutien d’une équipe jeune et  dynamique, présente aux quatre coins de la circonscription pour mettre en œuvre notre programme. Nous avons besoin de changements et d’un nouveau souffle citoyen pour faire émerger des solutions innovantes et efficaces.

Quelle a été votre réaction à l’élection d’Emmanuel Macron ? Allez-vous le soutenir ?

Je suis influencée par l’engouement en Allemagne. Cette élection a été un soulagement et je me suis réjouie qu’un président pro-européen soit élu. Emmanuel Macron a des forces certaines, se remet en question et présente une vraie volonté de changement en faisant travailler ensemble des hommes et femmes d’horizons divers. Je voudrais le soutenir vers plus d'écologie et de solidarité au sein de l'Europe et dans l'ensemble de la circonscription tout en restant vigilante et critique sur les techniques qu’il va employer.
Pour que l'écologie, les énergies renouvelables, l'égalité hommes-femmes, la réforme de l'agriculture et tant d'autres thèmes primordiaux trouvent une vraie place dans les discussions parlementaires, il faut des écologistes au sein de la majorité. La nomination de Nicolas Hulot au sein du gouvernement me renforce dans ma démarche !

Interview réalisée par Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort), mardi 23 mai 2017

Le blog d'Anna Deparnay-Grunenberg : http://annadeparnaygrunenberg.aveclecologie.fr/

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