Haïti

FRANCOPHONIE EN HAITI - Mois de mars, mois de la francophonie

Le président Hollande, Abou Diouf se réjouissant de la  victoire de l’haïtienne Michaëlle Jean  à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF)

Et qu'en est-il de la langue française en Haïti? On garde le français ou le créole dans l'enseignement en Haïti? Puisque pour beaucoup l'éducation ne devait se faire que dans la langue vernaculaire! On élimine la langue française déjà encrée en nous, dans notre culture, dans notre éducation depuis plusieurs centenaires? On laisse tomber cette langue esclavagiste pour plus d'un?

Bon sang! Toute une série d'affirmations qui ne sont que le reflet de la difficulté d'apprendre et de maîtriser une langue qui ne fait pas forcément notre quotidien. Et n'en faudrait-il d'autres excuses si on devait avoir l'anglais comme deuxième langue, l'espagnol ou le russe! Je suis juste curieux... Mais je vous donne raison dans toutes vos objections!

 

En fait, je vais voir si je peux me faire quelques excuses moi aussi, ou mieux quelques bonnes raisons de dire que le français, en tant que langue, moyen de communication, et en tant que notre langue officielle, devrait être enseigné de façon plutôt plus structurée en Haïti pour la simple et bonne raison que c'est un « savoir », une utilité! Une deuxième, troisième ou quatrième langue est un « plus » dans quelque soit le curriculum. Par contre, je peux toujours me tromper.

 

C'est une confusion énorme que les gens prennent la France comme une étiquette colonialiste autour des pays ayant l'héritage de la francophonie, au lieu de comprendre que ces pays « symphonisent » plutôt toute une richesse, toute leur diversité à travers la manifestation d'une langue, étant la langue française.

 

Dans tel cas, vous allez toujours trouver des gens qui vous demandent si on peut parler de francophonie dans un pays hispanophone par exemple. On va toujours faire référence au colonialisme en parlant de francophonie, mais vous devriez me dire quel type colonialisme ma francophonie me donne par rapport à un francophone du Québec, un francophone de la Martinique, de la Tunisie puisqu'on parle d'ailleurs de « français haïtien », « français du Canada », de la Suisse, de la Belgique, du Maroc, de la Guadeloupe etc. Quel est mon lien colonial avec ces variantes de la langue française?

Veuillez établir le rapport colonial de la France aussi par rapport à la Belgique, la Suisse pour être des pays francophones. Quel rapport colonial entre la France et les pays de l'Amérique latine qui s'empressent vers la francophonie? Par exemple au Costa Rica, l'apprentissage du français demeure obligatoire à certains endroits, ou encore fortement valorisé dans les cours de langues au choix, obligatoires dans les cursus scolaires en Argentine, au Brésil et au Chili notamment. Dans  la rubrique « Espace francophone des Amériques : essai de dénombrement et de cartographie de 2013 », le géographe Étienne Rivard évaluait à 2 344 261 le nombre de locuteurs de français en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Ces chiffres ne comptabilisant que les ressortissants des pays membres de l’OIF déclarés sur une base volontaire, les étudiants des Alliances françaises et les données sur les étudiants des universités membres de l’Agence universitaire de la francophonie, il y a tout lieu de croire qu’en réalité, ces chiffres seraient beaucoup plus importants [Centre de la Francophonie des Amériques].

 

Compte-rendu, c'est stérile de s'accrocher aux méfaits du passé pour juger l'évolution de l'humanité.  La francophonie et le colonialisme sont des faits basés sur des cycles particuliers de l'histoire. Le présent et le futur se basent sur ces cycles alternés d'histoire avec des récits respectifs qui engendrent et relient l'un l'autre dans le temps. Si on devait tenir compte des temps odieux de l'histoire et garder son inflexibilité, son nationalisme, existerait-elle cette majestueuse Union Européenne aujourd'hui? Aux rancœurs de l'Empire Romaine, aux batailles sanglantes de l'Allemagne face à la France, l'Angleterre etc.? Le temps change plutôt à la civilité!

 

Est-il un problème à l'ère de la globalisation que des pays puissent s'unir à travers une langue, un sport, la technologie et tant d'autres activités aussi saines? Est-il vraiment un problème que le Brésil puisse garder l'héritage de la langue portugaise, et les Antilles britanniques l'anglais?

 

Quel est vraiment le problème si une langue en tant que telle ne sert que de faciliter les échanges entre des êtres humains (encore mieux entre les terriens et les éventuels êtres vivants habitant les possibles planètes que les astronautes de la NASA auront passé trente ans dans la voie lactée pour s'y rendre)? Quel serait le problème d'une bonne maîtrise de toutes les langues, autant qu'on y puisse?

Puisque ce qui pose problème par rapport au bilinguisme en Haïti, c'est l'usage de la langue française, de l'anglais et l'espagnol aussi d'ailleurs, donc un problème purement d'apprentissage, qui ne dépend pas de la langue en soi. Sinon le Canada serait un des plus gros problèmes du monde avec sa grosse superficie déjà, puisque c'est un pays bilingue comme notre chère Haïti! Ce serait un problème avec ces fiers québécois qui ne peuvent lâcher une phrase en anglais et que parfois ils se sentiraient même insultés en leur abordant en anglais; par rapport à une majorité anglophone dans les autres provinces de ce pays! Et n'est-ce pas l'un de plus grand pays du monde? Avec des gens hospitaliers qui aiment parler aux autres, et qui sont souvent très éduqués?

 

En quoi donc une langue bien maîtrisée puisse-t-elle nuire?

 

 Voyons Haïti en tant que pays pilier de la francophonie dans le monde,  la plus vieille nation francophone des Amériques, et du monde noir. C'est une "marque"! C'est une prestigieuse distinction! Et si on parlait de la "Diplomatie de la francophonie": notre Haïti a su participer au fameux vote qui a fait du français l'une des langues officielles de l'ONU; Haïti a aidé à l'introduction de la langue française à l'OEA comme le seul ÉTAT souverain à être membre à l'époque; et grâce à Haïti, le français a été introduit à la CARICOM.

 

Parfois j'écoute, ébloui, des gens qui sont convaincus qu'un pays puisse fonctionner dans la seule préoccupation des priorités de bases, en s'isolant dans leur petit coin de misère dans le cas de mon pays, sans souci de la culture à exploiter et faire booster, sans souci de l'ouverture sur le monde extérieur dans la méga superficie de la globalisation. Mais non! Il nous doit aussi ce qu'on appelle en Diplomatie le « nation branding »!

Chaque pays a un "nom (Haïti par exemple)" et ce nom est une «marque » pour lequel il faut des composantes d'identification qu'on ne retrouve pas dans les seules infrastructures internes! Il faut sortir de la zone de confort bien sûr, et vous verrez autant de bienfaits dans le fait de s'ouvrir aux autres!

 

En résumé, oui, la francophonie nous rend forts! Elle nous entre dans la diversité d'une multitude de pays avec leur culture, leur richesse, leur beauté à travers une langue comme dénominateur commun! Ça nous fait une place dans la globalisation que même Pyong Yong ne peut s'en passer! Oui la langue française, tout comme l'anglais ou l'espagnol, dépendamment du pays avec lequel l'histoire nous aurait liés, c'est un atout; car une langue, deux ou trois langues de plus, ne réduit en rien notre capacité mais nous donne plus de possibilités de nous en sortir.

Le français, comme toute autre langue, est bel et bien une réalité cosmopolite au lieu de cette chaîne que vous croyez qui nous lie à notre passé colonial. Nous vivons un nouveau cycle de l'histoire qu'il faut profiter intelligemment, en regardant vers l'avant.

 Aller, bon mois de la francophonie! Bon mois de mars aux francophones du monde entier!

 Voir l’article de Serge Klang : https://www.facebook.com/Lepetitjournalcom-Ha%C3%AFti-1660933924146627/

 Voir aussi : http://www.lepetitjournal.com/haiti/expat/240685-francophonie-quelle-francophonie-pour-demain

 

 Serge Junior Fécu,

Jeune Ambassadeur de la Francophonie des Amériques (www.lepetitjournal.com/haiti) lundi 6 mars 2017

 

 

 

 
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