Haïti

OPINION - Le leader des paysans met la nation en garde contre le président élu

 

Haïti-Politique : Chavannes Jean-Baptiste du Mouvement paysan de Papaye appelle à la vigilance face au prochain pouvoir

Le fondateur du Mouvement des paysans de Papaye (Mpp), Chavannes Jean-Baptiste, exhorte les secteurs démocratiques à la vigilance face au prochain pouvoir du président élu Jovenel Moïse, dont la prestation de serment est fixée au 7 février 2017.

Des signaux montrent clairement que le pays s’achemine vers la continuité du pouvoir de l’ancien président Joseph Michel Martelly du Parti haïtien tèt kale (Phtk), constate Jean-Baptiste.

 Il appelle les secteurs du camp démocratique à faire front commun pour lutter contre les éventuelles dérives du prochain pouvoir.

 Le nouveau président serait prisonnier d’un projet de « recolonisation » du pays, qui est prévu pour être mis en oeuvre au détriment de la production et de la souveraineté nationales, met-il en garde.

Jean-Baptiste plaide en faveur d’une production agricole basée sur une agriculture paysanne agro-écologique alors que Moïse encourage, dit-il, une production agricole industrielle.

Le modèle d’agriculture industrielle, qui fait la chasse aux paysans, détruit la planète, en empoisonnant l’environnement, l’air et la vie des gens, critique-t-il.

Il encourage les acteurs progressistes à lutter en faveur d’un projet de société alternatif.

Le Mpp, entant qu’acteur avisé, attend le moment opportun de prendre les rues au cas où ce projet se mettrait en œuvre, affirme le leader paysan.

L’élection de Jovenel Moise, financée par l’argent sale.

L’élection de Moïse comme président a été supportée par une oligarchie qui utiliserait l’argent sale et la drogue pour parvenir à ses fins, condamne Jean-Baptiste.

La victoire de cette « droite unie » constitue une défaite pour le camp démocratique, due à un manque de « consensus » au niveau de ce secteur, regrette-t-il.

 Le système électoral, tel qu’il existe, aurait facilité les fraudes et l’achat des votes des électrices et électeurs lors de la journée électorale du 20 novembre 2016, déplore-t-il, tout en appelant à un « vrai combat » pour changer cette situation.

Il en a profité pour souligner un éventuel trafic de cartes électorales et relever une faible participation aux élections du 20 novembre 2016 (officiellement, 21%).

Les résultats définitifs de la présidentielle, qui donnent Jovenel Moïse victorieux face à ces concurrents, ont été rejetés par plusieurs secteurs politiques.

Moïse, élu président dans ce contexte difficile, serait sans « légitimité populaire », selon Jean-Baptiste qui croit que cette élection aura de graves conséquences sur le pays.

Il souligne une forte dégradation économique et sociale. Nous vivons dans une situation de désespoir où des jeunes partent notamment pour le Chili à la recherche d’une vie meilleure, déplore-t-il.

Il appelle à une grande campagne d’éducation pour aider à une prise de conscience de l’« état lamentable » de la société.

Tirer des leçons positives du passé afin de définir une stratégie de lutte plus utile, construire les forces pour faire avancer la cause démocratique et travailler pour une transformation de la pyramide sociale sont parmi les recommandations faites par le Mpp.

Sous le titre : « Un leader paysan veut être président » l’agence alter-presse nous apprenait que le leader paysan entendait participer à la course à la présidence en vue de travailler à la souveraineté alimentaire du pays, annonçait l’intéressé lors d’un rassemblement public le 1er mai 2015 à Hinche (Est).

« Chacun doit pouvoir manger à sa faim », lançait Jean-Baptiste sur la place Charlemagne Péralte, au centre de Hinche, au terme d’un congrès de 5 jours du parti Combite des travailleurs paysans pour la libération d’Haïti (Konbit Travayè Peyizan pou Libère Ayiti / Kontrapèpla).

Lors de ce congrès, Chavannes Jean Baptiste a été officiellement désigné candidat à la présidence, selon ce qu’avait annoncé le coordonnateur national du parti Kontrapèpla, l’ancien sénateur William Jeanty, devant la foule rassemblée sur la place publique.

« Le pays à trop souffert, nous avons connu trop de dirigeants qui ne se respectent pas, des gens qui n’ont aucun souci pour le bien être d’Haïti. Il est temps qu’Haïti recouvre sa souveraineté et c’est pourquoi je vous présente un leader paysan pour une Haïti toute neuve », déclarait le responsable.

Sous de chauds applaudissements de l’assistance, Jean Baptiste avait lancé sur la foule des grains de maïs, de pois, de millet, de riz pour montrer son attachement à l’agriculture paysanne.

Le fondateur du Mouvement des paysans de Papaye (Mpp), accompagné de son épouse et de ses trois garçons, avait promis de travailler pour la souveraineté alimentaire du pays.

« Chacun doit pouvoir manger à sa faim », a-t-il dit.

Chavannes Jean Baptiste veut faire de l’environnement, de l’agriculture, de la sécurité, de l’éducation, et de la santé ses principales priorités.

Durant le congrès, 600 délégués de Kontrapèpla réunis au centre de formation de cadres paysan à Papaye (8 kilomètres de Hinche) ont discuté sur leur programme politique et leur stratégie de campagne électorale.

Tous les 27 candidats à la députation et au sénat du parti y étaient.

Au dernier jour du congrès, le vendredi 1er mai, les organisatrices et organisateurs, avant de se diriger vers Hinche, ont réalisé une petite foire de nourriture « manger natif natal ».

Ce sont plusieurs milliers de personnes dont des membres du Mpp et du Kontrapèpla qui ont marché de Papaye à Hinche.

A la clôture des activités, des membres du directoire du Kontrapèpla ont procédé à la distribution des plantules et des semences de maïs et de pois.

 

 

www.alterpresse.org

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Lundi 6 fevrier 2017

 
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