Francfort

ISCH LIEBEU DICHE – Cédric et Virginia, de l’Allemagne à la Roumanie pour construire une famille

Il est français, elle est roumaine, ils se sont connus à Francfort et vont se marier dans quelques jours à Brăila, à l’est de la Roumanie pour y faire un bout de chemin, prendre un tournant professionnel et surtout y construire une famille. Cédric et Virginia ont livré leur témoignage à lepetitjournal.com/francfort avec beaucoup d’enthousiasme, d’humour et de simplicité.

Virginia était conseillère logistique dans une entreprise internationale, Cédric lui, travaillait comme conseiller technique sur la fabrication de machines. Ils ont chacun lâché leur job sécurisant et plutôt bien payé, leur vie bien réglée et leurs supers copains Français et Allemands à Francfort, pour démarrer une nouvelle aventure en Roumanie mais surtout pour bâtir leur avenir et construire une famille, la pierre angulaire de leur relation.

Le chiffre 28 semble leur porter bonheur. Rencontrés un 28 juillet, le 28 août ils se rendent chez les parents de Virginia en Roumanie, le 28 septembre ils décident d’emménager ensemble à Francfort, le 28 juillet, ils accueilleront leur premier enfant… Entretien avec les futurs mariés.


Lepetitjournal.com/francfort : quand et comment avez-vous rencontré votre partenaire ?

Cédric : c’était en août 2015 via le site de rencontre Tinder. J’y ai fait quelques connaissances, il y a des personnes parfois étranges ou farfelues sur le site et selon moi, tomber sur la bonne personne via ce réseau tient du miracle.

Virginia : non c’était le 28 juillet 2015 exactement ! On a eu de la chance car il y a tout de suite eu alchimie entre nous, on s’est écrit un soir pendant quatre à cinq heures. J’habitais dans le quartier Gallus de Francfort et Cédric vivait à Sossenheim. Dès le lendemain, nous nous sommes donné rendez-vous au bord du Main. Il est venu avec sa guitare et une bouteille de vin. J’ai d’abord pensé… ouais, encore un gars qui essaie de m’impressionner (Rires). Mais il a joué « Je l’aime à mourir » de Francis Cabrel, ma chanson préférée, et j’ai craqué. C’est sans conteste le plus beau moment de toutes mes rencontres.

Cédric : ensuite tout est allé très vite. Nous sommes allés voir sa famille en Roumanie un mois après notre rencontre et fin septembre de la même année, nous nous installions ensemble à Francfort.

Virginia : c’était tellement évident, tellement logique.

Dans quelle langue avez-vous dialogué sur le chat et lorsque vous vous êtes vus pour la première fois ?

Virginia : on a d’abord "chaté" en espagnol, il a cru que j’étais espagnole au début, probablement à cause de mes cheveux noirs. Puis lorsque je lui ai annoncé que j’étais roumaine, il a proposé de poursuivre la conversation en allemand, la langue de notre pays d’adoption à tous deux. Mais comme j’aime les défis, je l’ai amené à communiquer en français avec moi. J’ai appris le français il y a quelques années, car la première fois que j’ai visité Paris, tout le monde me répondait en français. Cela m’a irritée, j'ai alors pris des cours, je me suis acharnée et j'ai maîtrisé l'essentiel de la langue en dix mois.

Cédric : j’ai d’ailleurs été impressionné par ses talents linguistiques dans plusieurs langues.

Cédric et Virginia avant leur emménagement à Francfort

Qu'est-ce qui vous a le plus séduit chez l'autre et/ou dans sa culture ?

Cédric : déjà la veille de notre rencontre, j’ai été séduit par son humour, elle a beaucoup d’humour. Elle, en revanche, ne semblait pas trop séduite (Rires). Je la voyais bien m’observer et m’analyser lors de notre première rencontre. Elle a dû se dire, « encore un Tinder guy qui se la joue ».

Virginia : mais si j’ai été séduite ! J’étais simplement un peu prudente et sur la réserve au tout début. J’ai aimé son côté chaleureux, très simple et naturel, on se racontait des blagues, on se sentait bien comme si on se connaissait depuis longtemps. Aussi, j’ai apprécié que Cédric vienne chaque jour me voir chez moi, même si parfois ce n’était que pour dix minutes pour discuter, savoir si j’allais bien. J’ai eu quelques expériences où il fallait parfois attendre plus d’une semaine pour avoir des nouvelles de l’autre. Avec Cédric, on a découvert qu’on avait des points communs, la même mentalité et je l’avoue, on s’est un peu moqué des Allemands.

C’est-à-dire ? Pourquoi ont-ils fait l’objet de railleries ?

Cédric : pour ma part, j’ai vécu 7 ans et demi en Allemagne. La rigueur au travail c’est bien, c’est normal, mais dans la vie de tous les jours, c’est quand même pénible !

Virginia : je trouve les Allemands ennuyeux surtout en couple. Disons que tout me semble réglé comme du papier à musique. Il n’y a pas beaucoup de place pour la fantaisie.

Et qu’est-ce qui vous a le moins séduit chez l’autre ?

Virginia : quand j’ai vu qu’il pouvait vite s’énerver comme mon père !

Cédric : elle était tout le temps au téléphone.

Dans votre vie quotidienne, vos différences culturelles se remarquent-elles et posent-elles parfois problème ?

Cédric : c’est plutôt notre rapport à la religion qui diffère. Je suis catholique et elle est orthodoxe, mais surtout très croyante. Elle est aussi une férue d’astrologie. C’est normal, il y a probablement davantage de diseurs de bonne aventure en Roumanie qu’en France (Rires). Elle m’a d’ailleurs tout de suite demandé quel était mon signe astrologique. Heureusement j’ai réussi le test !

Virginia : je ne saurais dire quelles sont nos différences culturelles. Nous découvrons davantage nos points communs et nombreuses similitudes que nos différences. En ce qui concerne la langue par exemple, il y a beaucoup de mots ou d’expressions propres ou figurées très proches, le roumain est une langue latine comme le français. Ces ressemblances nous amusent et nous rapprochent encore davantage. On a constaté par contre plutôt des différences avec les Allemands. En Allemagne, il sera inconcevable de voir dépasser la roue d’un vélo du coffre de la voiture, en Roumanie c’est monnaie courante, dans certaines régions de France aussi je pense. Aussi, tout comme chez les Français, la famille et les « potes » me semblent plus soudés.

Avez-vous rencontré des problèmes d'acceptation ou de compréhension de votre couple mixte dans votre entourage ?

Cédric : oui et non. Mon père, ça lui est égal que je sois avec une femme d’une autre nationalité. Ma mère en revanche n’était déjà pas très enthousiaste quand je suis parti en Allemagne alors lorsque j’ai connu Virginia, elle a eu quelques craintes, elle me sentait m’éloigner davantage. C’est plus en raison de la distance qui nous sépare qu’à cause de la nationalité de Virginia.

Virginia : en ce qui me concerne, je n’ai jamais eu d’histoire d’amour avec un Roumain avant alors mes parents étaient plutôt bien préparés et se fichaient de savoir si mon copain était français, allemand ou d’une autre nationalité.

Aujourd’hui, quelle est votre langue de communication ?

Virginia : on parle en majorité en français.

Cédric : comme j’arrive à me débrouiller maintenant en roumain, nous avons aussi nos langues secrètes quand nous ne souhaitons pas que les gens dans la rue autour de nous comprennent : le roumain en Allemagne et l’allemand en Roumanie.

Première conduite du tracteur en Roumanie

Vous avez déménagé début août 2016 en Roumanie. Pour quelle raison avez-vous quitté Francfort alors que l’Allemagne est souvent considérée comme l’Eldorado en matière d’emploi ?

Cédric : initialement, j’ai fait le choix de l’Allemagne pour le travail, j’ai été conseiller technique sur la fabrication de machines pendant plusieurs années puis j’ai fait la connaissance du père de Virginia lors d’une visite à la famille en Roumanie. Il a 61 ans, est ingénieur agronome et possède une belle exploitation agricole de colza, blé, orge, maïs et soja. Il m’a raconté sa vie et expliqué avec un brin d’amertume que de ses deux filles, aucune ne s’intéresse à la reprise future de son affaire. En février 2016, ça a fait tilt. Je me suis dit que je pourrais reprendre l’exploitation avec Virginia. Nous avons démissionné de nos postes respectifs à Francfort fin avril 2016 et le 1er août nous nous sommes installés à Brăila en Roumanie.

Virginia : j’ai d’abord cru à une blague quand Cédric m’a fait part de son idée. Il s’est beaucoup documenté, a mûri le projet, nous avons alors réalisé un business plan et fin mars 2016, nous étions sûrs de vouloir nous lancer. Le 28 juillet 2016 était notre dernier jour en Allemagne. Nous sommes salariés pour l’instant et reprendrons l’exploitation progressivement.

Vous vous mariez dans quelques jours. Souhaitez-vous avoir des enfants, et si oui comptez-vous les faire bénéficier d’une éducation bilingue ?

Virginia : oui, nous nous marions le samedi 29 avril exactement ! Nous avons abordé le thème des enfants dès le début de notre relation. On en veut tous les deux plusieurs et assez vite. D’ailleurs j’accouche du premier le 28 juillet 2017.

Cédric : nous parlerons dans nos langues maternelles respectives à notre enfant, français et roumain, pour qu’il bénéficie d’une éducation bilingue mais aussi allemand afin qu’il ait très tôt des notions. Apprendre et maîtriser plusieurs langues dès le plus jeune âge est un réel atout pour l’avenir.

Quel était votre endroit préféré à Francfort ?

Virginia : les bords du Main car c’est là qu’a eu lieu notre première rencontre. On y reviendra très volontiers.

Cédric : le petit parc de Gallus car elle habitait dans ce quartier et nous y avons passé beaucoup de temps.

Pensez-vous revenir un jour à Francfort ?

Cédric : ce n’est pas du tout exclu. Francfort est une ville verte, ni trop grande, ni trop petite, qui me correspond. J’y ai aussi des tas d’amis.

Virginia : on tente d’abord notre chance en Roumanie, ensuite on verra, notre prochaine étape peut aussi bien être la France, nous sommes ouverts.

Quel a été son plus beau cadeau ?

Virginia : je ne sais pas trop, il ne fait pas vraiment de cadeaux. On va dire la bague de fiançailles !

Cédric : elle m’a préparé un gâteau pour mon anniversaire en septembre 2015 sur lequel elle avait minutieusement dessiné chaque lettre de « Bon anniversaire » en le saupoudrant de chocolat. Elle y a passé une bonne heure, j’étais comme un enfant.

Vos projets à deux ?

Virginia : la famille à construire peu importe où.

Cédric : notre mariage le 29 avril, dans quelques jours seulement, et surtout l’enfant à venir.

Quel objet pourrait être le symbole de votre relation et pourquoi ?

Virginia : le bol breton. Les Français ont presque tous un bol breton avec leur prénom inscrit dessus. Je n’ai pas trouvé mon prénom mais un bol avec l’inscription « ma biche » acheté au Mont Saint-Michel.

Cédric : à part la biche et le bol breton, je n’en vois pas d’autre.

Si vous deviez définir votre relation en un mot, quel serait-il ?

Virginia : l’humour.

Cédric : l’humour avant tout.

(Photos CJ/VV)

Interview réalisée par Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort), mardi 25 avril 2017

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