Francfort

PAROLE D'EXPAT - "Je ne crois pas que j'aimerais Francfort sans ses gratte-ciel", Mateo Hamann, jeune photographe de 20 ans

Francfort est une ville qui se déploie vers le ciel. Rares sont les villes européennes où les buildings sont aussi prédominants. Depuis son arrivée à Francfort avec sa famille en 2009, le jeune photographe Mateo Hamann révèle la beauté de la ville et donne à voir un autre regard sur la capitale de la finance et ses longues façades d'immeubles.

(Photo SN lepetitjournal.com/francfort)

Né d'un père allemand et d'une mère française, Mateo Hamann manie avec justesse le jeu d'ombres et de lumières, en variant les perspectives. Pour lepetitjournal.com/francfort, il revient sur sa jeune carrière qui s'annonce prometteuse.

Lepetitjournal.com/francfort : Vous êtes né à New York, vous êtes français et allemand. Retracez-nous un peu votre parcours.

Mateo Hamann : je suis seulement resté deux ans à New York avec ma famille et puis on a déménagé vers le nord, près de Boston. On a vécu aux Etats-Unis jusqu'à mes treize ans, à Portland dans l'état du Maine, c'est là que j'ai grandi. Mon père avait fait construire la maison dans laquelle nous avons habité. En 2008, les Etats-Unis ont été touchés par la crise et c'est devenu plus difficile pour mon père qui travaille seul. Nous avons déménagé à Francfort en 2009 car il y avait plus d'opportunités en Allemagne en lien avec la photographie. Je voulais absolument venir en Allemagne car j'aimais déjà beaucoup ce pays et d’ailleurs toute ma famille se trouve en Europe puisque mon père est allemand et ma mère française. J'ai été scolarisé au lycée français Victor-Hugo à Francfort jusqu'en 2011, j’étais alors en troisième, puis j’ai fréquenté l'école internationale de Darmstadt où les cours étaient dispensés en anglais. J’ai passé et eu mon bac là bas. Je me sens plus à l'aise en anglais qu'en français, et je pense aussi en anglais donc c'était plus facile pour moi de préparer le bac en dehors du lycée français.

Votre père a-t-il joué un rôle dans votre vocation ?

Beaucoup de gens pensent cela mais en fait pas du tout. Je sais qu'il y a des parents qui disent à leurs enfants "Il faut que tu fasses ça", mais mon père ne m'a rien dit, ne m'a pas forcé. C’était ma propre volonté. Personne ne m'a appris la photo, je pense qu'on peut tout apprendre tout seul.
Je travaille beaucoup avec mon père, je peux aussi l'aider dans son travail et il peut m'aider. Mon travail sur les buildings lui a aussi permis de me découvrir.

Qu'est ce qui vous a frappé en arrivant à Francfort ? Qu'est ce qui vous plait particulièrement ici ?

J'ai tout de suite adoré les immeubles, j'étais fasciné. J'explorais la ville à vélo au début, à pied aussi. Francfort est une ville internationale, on y rencontre des gens de tous horizons. J'ai l'impression qu'il y a plus de connexions entre les gens ici. Et puis j'aime bien les grandes villes. À New York, j'étais bébé et Portland est une ville plus petite que Francfort.

Est-ce que vous avez commencé la photographie en arrivant à Francfort ? Quels sont vos premiers souvenirs de photographe ?

Non, j'ai commencé un peu en Amérique à 11 ans pour le plaisir. J'ai démarré la photo lors d'un voyage, un tour des États-Unis, pendant sept semaines en voiture avec ma famille. On avait parcouru 11 000 km et là on a pris beaucoup de photos, de très belles images. J'avais un Nikon et un vrai objectif. Quand on a déménagé à Francfort, je me suis plus sérieusement mis à la photographie. J'ai utilisé l'appareil de mon père qui est beaucoup mieux et possède un objectif téléphoto permettant de prendre des images de loin et travailler le zoom.

C'est vrai que vos photos sont d'une extrême précision quant aux détails des buildings que vous montrez, on se sent proche de l'image. Comment choisissez-vous votre positionnement ?

Je suis simplement dans la rue, c'est un travail avec l'objectif ensuite. Je ne me place pas toujours à côté des bâtiments, parfois à 100-200 mètres c'est mieux, d'où cette impression si proche et si loin en même temps. Je préfère zoomer parce que c'est difficile de faire des photos en étant trop près. Je joue avec les immeubles, deux, trois, je les connecte ensemble, sans oublier la lumière qui est un élément important.

(Photo © Mateo Hamann)

Pourquoi des photos de buildings ?

J'adore les lignes et les formes géométriques, je prends aussi d'autres photos dans la vie mais j'aime beaucoup les fenêtres des immeubles anciens ou récents. Je photographie en journée quand la lumière est belle avec mon Canon 6D.

Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir suffisamment exploré cet univers photographique ? Que ferez-vous lorsque tous les buildings de Francfort seront passés par votre objectif ?

J'essaie de faire des photos originales. Quand on regarde les photos de Francfort sur Google, on voit toujours des images de la Skyline avec une vue d'ensemble sur tous les immeubles, mais personne ne fait des photos de façades ou de fenêtres. J'aime m’attarder sur les petits détails.
On ne peut jamais tout photographier, il y a toujours de nouvelles perspectives, une lumière différente. À Francfort, il n'y a pas tant de buildings que cela, c'est vrai, contrairement à New York où ce travail prendrait des millions d'années. Il m'a fallu six ans de 2009 à 2016 pour réaliser mon livre de 96 photos, "Frankfurt". C'était long car il y a plusieurs manières de voir un immeuble, on peut le regarder de tous les côtés, à 360 degrés, de haut à partir d'un hélicoptère, mais aussi d'en bas.

Que voulez-vous montrer par vos photos ?

Que Francfort est une belle ville, notamment grâce à ses buildings. Je ne crois pas que j'aimerais Francfort sans ses immeubles, ça fait partie de son caractère, les gratte-ciel. Certaines personnes qui vivent ici depuis des années et qui découvrent mon travail se demandent où a été prise telle ou telle photo : "c'est quel immeuble ? Je ne reconnais pas". Ça devient un jeu de devinette.

Quel usage faites-vous de l'appareil photo de votre smartphone ?

J'utilise mon téléphone uniquement pour les photos souvenirs, pour la mémoire, ou si je vois quelque chose de beau sur l'instant. C'est vrai qu'on peut faire de belles photos mais le problème c'est que j'utilise un objectif téléphoto qui va jusqu'à 300 mm, qui propose du vrai détail. Et il n'y a pas de portable qui propose un tel zoom, ça ne va pas au-delà de 20 mm avec un téléphone. On peut juste faire des photos de près et ça me limite dans mon activité.

Qu'est ce que vous étudiez en parallèle de votre activité photographie ?

Je continue le projet à Francfort autour de mon livre "Frankfurt". Je suis en pause depuis deux ans mais j'ai beaucoup travaillé aussi. Je vais étudier le cinéma à Amsterdam à la rentrée prochaine, les cours seront en anglais, ce sera pratique. Étudier le cinéma, c'est cool, il y aura beaucoup de cours pratiques. Je serai triste de quitter Francfort mais ce ne sera pas si loin et je sais que je pourrai rentrer au moins une fois par mois. J'aime beaucoup les films, j'aimerai être réalisateur. J'ai commencé par la photographie mais c'est un milieu difficile même si je continuerai toujours car j'adore ça. Mais je trouve qu'il y a plus de possibilités avec un film, c'est plus intéressant. J'ai déjà fait quelques films avec mon père et mon frère ces trois dernières années, pour des hôtels. J'aimerais bien réaliser des publicités pour voitures.

Vous avez trois passeports, avez-vous une préférence ? Dans quel pays aimeriez-vous vivre plus tard ?

Je me sens peut-être plus américain car je suis né là-bas et j'y ai vécu 13 ans de ma vie, mais je n'ai pas de préférence en fait, je suis coupé en trois (Rires). J'aimerais rester en Europe plus tard je pense, il y a beaucoup plus d’avantages à vivre ici. Je me sens aussi plus proche de la culture européenne parce que toute ma famille vit sur le continent.

Comment pensez-vous faire évoluer vos projets photographiques ?

J'aimerais prendre des photos de buildings dans d'autres villes du monde, à Dubaï ou Chicago par exemple, mais j'ai besoin de temps et d'argent (Rires). Peut-être que je me lancerai pour New York mais ce sera difficile !

Interview réalisée par Sarah N. (www.lepetitjournal.com/francfort), lundi 6 mars 2017

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