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ACTUALITE - Berlin : le scandale de l'eau

A Berlin, la privatisation partielle de l’eau de 1999 a été accompagnée de clauses confidentielles garantissant un profit fixe au conglomérat énergétique allemand RWE et au groupe français Veolia. Résultat, les Berlinois paient leur eau chaque année 84 millions d'euros de trop. C’est ce qui ressort des contrats secrets rendus publics le samedi 30 octobre par le quotidien berlinois Die tageszeitung

Selon la coalition SPD-CDU de l'époque, la privatisation devait faire de la compagnie des eaux jugée bureaucratique un exemple d’efficacité. Elmar Pieroth, député chrétien-démocrate (CDU) à la chambre de Berlin, considérait la vente comme le vecteur d'une diversification de l’entreprise qui la mènerait à embaucher et, à terme, à réduire les tarifs pour les utilisateurs. Un argumentaire repris par Klaus Böger des sociaux-démocrates (SPD) et qui ne pouvaient que séduire dans une ville au chômage important (15,9% en 1999, 13,2% aujourd’hui) en comparaison à l'ensemble de l’Allemagne (7,2%).

(Photo : entropiK / Flickr)


Les promesses de l’époque ne furent pas tenues. L’entreprise s’est débarrassée de ces activités déficitaires pour rester exclusivement active dans le domaine des eaux tout en réduisant ses effectifs de 6.265 employés en 1999 à 5.283 en 2010. Des mesures salariales qui ne se sont pas traduites par des baisses de prix. Au contraire, le prix du m³ est passé de 1,88 euros en 1999 à 2,32 euros en 2010, soit une augmentation d'environ 25%.

Le land de Berlin lésé
En obtenant 49,9% des parts de l’entreprise pour 3,3 milliards de marks (environ 1,7 milliard d’euros), RWE et Veolia signèrent un contrat leur garantissant un profit fixe. En conséquence, les gains ne furent pas équitablement garantis entre public et privé. Pour atteindre le taux assuré au privé, la part des bénéfices destinée au public fut réduite. Le Land n’en aurait touché que 35% depuis 1999 alors qu’il possède 50,1% des parts.

L'accès aux contrats a été rendue possible par une nouvelle plate forme lancée en septembre par la tageszeitung. Comparable à Wikileaks, elle garantit l’anonymat à toute personne en possession de documents sensibles désireuse de les communiquer à la presse.

La publication des contrats secrets, dont l’existence était déjà connue, faisait l’objet d’une procédure de referendum d’initiative populaire soutenue par le “Berliner Wassertisch” et 280.000 Berlinois. 170.000 signatures sont nécessaires pour que le Land organise un référendum. Le gouvernement actuel du Land de Berlin, une coalition gauche et extrême-gauche (SPD-die Linke), aurait pris en considération un rachat complet de l’entreprise.

Sergio Marx (Lepetitjournal.com - Allemagne) Lundi 15 novembre 2010

A Berlin, la privatisation partielle de l’eau de 1999 a été accompagnée de clauses confidentielles garantissant un profit fixe au conglomérat énergétique allemand RWE et au groupe français Veolia. Résultat, les Berlinois paient leur eau chaque année 84 millions d'euros de trop. C’est ce qui ressort des contrats secrets rendus publics le samedi 30 octobre par le quotidien berlinois die tageszeitung.

 

 

 

Selon la coalition SPD-CDU de l'époque, la privatisation devait faire de la compagnie des eaux jugée bureaucratique un exemple d’efficacité. Elmar Pieroth, député chrétien-démocrate (CDU) à la chambre de Berlin, considérait la vente comme le vecteur d'une diversification de l’entreprise qui la mènerait à embaucher et, à terme, à réduire les tarifs pour les utilisateurs. Un argumentaire repris par Klaus Böger des sociaux-démocrates (SPD) et qui ne pouvaient que séduire dans une ville au chômage important (15,9% en 1999, 13,2% aujourd’hui) en comparaison à l'ensemble de l’Allemagne (7,2%).

 

 

Les promesses de l’époque ne furent pas tenues. L’entreprise s’est débarrassée de ces activités déficitaires pour rester exclusivement active dans le domaine des eaux tout en réduisant ses effectifs de 6 265 employés en 1999 à 5 283 en 2010. Des mesures salariales qui ne se sont pas traduites par des baisses de prix. Au contraire, le prix du m³ est passé de 1,88 euros en 1999 à 2,32 euros en 2010, soit une augmentation d'environ 25%.

 

 

En obtenant 49,9% des parts de l’entreprise pour 3,3 milliards de marks (environ 1,7 milliard d’euros), RWE et Veolia signèrent un contrat leur garantissant un profit fixe. En conséquence, les gains ne furent pas équitablement garantis entre public et privé. Pour atteindre le taux assuré au privé, la part des bénéfices destinée au public fut réduite. Le Land n’en aurait touché que 35% depuis 1999 alors qu’il possède 50,1% des parts.

 

 

L'accès aux contrats a été rendue possible par une nouvelle plate forme lancée en septembre par la tageszeitung. Comparable à Wikileaks, elle garantit l’anonymat à toute personne en possession de documents sensibles désireuse de les communiquer à la presse.

 

La publication des contrats secrets, dont l’existence était déjà connue, faisait l’objet d’une procédure de referendum d’initiative populaire soutenue par le “Berliner Wassertisch” et 280 000 Berlinois. 170 000 signatures sont nécessaires pour que le Land organise un référendum.

 

Le gouvernement actuel du Land de Berlin, une coalition gauche et extrême-gauche (SPD-die Linke), aurait pris en considération un rachat complet de l’entreprise.

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