REVUE DE PRESSE - La réélection d’Obama vue par la presse allemande

Au lendemain de l’élection présidentielle américaine, la plupart des journaux allemands titraient sur la victoire du président sortant. Soulagement, satisfaction, espoir et joie. Petit décryptage des réactions après l’annonce de la victoire de Barack Obama

Alors que le président américain sortant a été réélu en remportant une confortable majorité des votes du collège électoral dont l'Etat clé de l'Ohio face à Mitt Romney, les espoirs placés dans ce second mandat sont déjà  bien hauts. Car le travail qui reste à accomplir est titanesque pour cet homme qui, il  y a quatre ans, avait déjà suscité tant d’espoirs. "Félicitation - et maintenant au boulot !", titre le quotidien économique Handelsblatt. "Pas le temps de faire la fête. (...) Ce qui compte désormais pour l'ex-néo-président, c'est de résoudre son gigantesque problème de dette et d'éviter la récession."

91% des Allemands auraient voté pour Barack Obama
De manière générale, la presse germanophone se montre satisfaite de cette réélection et se réjouit du retour d’Obama à la Maison-Blanche. La Frankfurter Allgemeine Zeitung remarque que, s’ils avaient dû voter, 91% des Allemands se seraient prononcés en faveur du président sortant.  Pourtant, le quotidien ne manque pas de souligner que cela relève davantage du domaine de l’affectif que du rationnel. "Rares sont les Allemands qui réalisent que la ligne politique d’Obama correspond à celle de l’aile conservatrice du FDP". (NB : le parti libéral du FDP est aujourd’hui minoritaire sur l’échiquier politique allemand). "La plupart des Allemands ne voient en lui qu’un modèle de liberté engagé pour un monde meilleur."

De son côté, Der Spiegel se demande "ce que l’Allemagne peut attendre d’Obama". Si sa réélection a largement suscité la joie Outre-Rhin, les attentes sont tout aussi considérables. Pour l’Allemagne, trois objectifs figurent sur le cahier des charges du nouveau président américain : parvenir à éviter tout conflit économique entre les Etats-Unis et la Chine, se rendre à Berlin, accorder davantage de poids à  l’Europe considérée comme la grande oubliée de cette campagne présidentielle américaine.
A cet égard, la Frankfurter Allgemeine Zeitung se montre pessimiste indiquant que "tous ceux qui craignent que l'Amérique ne regarde plus qu'à l'Ouest, direction Pacifique, n'ont pas tort". Pour autant, il n'y a pas de quoi désespérer. "L'Europe devra dans les prochaines années combler le vide que laisse la superpuissance affaiblie. Et dans le monde multipolaire d'aujourd'hui, elle devra parfois se chercher de nouveaux alliés."

Le porte-parole des pauvres et de la classe moyenne

La Frankfurter Allgemeine Zeitung dresse une analyse de cette réélection la comparant avec la victoire  d’il y a quatre ans. Pour le quotidien, Obama est devenu le "porte-parole des pauvres et de la classe moyenne" mais n’est désormais plus l’homme capable de réconcilier les Etats-Unis. En 2008, la candidature d’Obama avait bouleversé le comportement électoral de certains électeurs suscitant la surprise. L’élection de 2012, au contraire,  reprend l’ancien schéma électoral avec "un pays divisé en deux entre l’électorat traditionnel du parti démocrate et celui du parti républicain. Avec Obama, les démocrates sont revenus à leur électorat de base : jeunes, célibataires, latinos, femmes, noirs et pauvres". L’électorat blanc issu des régions agricoles qu’Obama avait réussi à séduire il y a quatre ans est retombé dans le giron des républicains.

La Frankfurter Rundschau évoque, elle aussi, un pays profondément divisé. "Quand la moitié de l’Amérique se tait, l’autre moitié danse sur Times Square", commente le quotidien au lendemain de l’élection. "Obama, lui-même, sait, à l’heure de la victoire, qu’il n’est plus celui qui réconcilie."

Un Romney opportuniste et interchangeable qui n’a pas su convaincre
De son côté, le quotidien Die Süddeutsche Zeitung se penche sur les raisons ayant entraîné la défaite du challenger Mitt Romney et le considère comme un manager opportuniste. "Il s’est vendu à son électorat comme un produit commercial, qui, selon les circonstances, peut changer d’emballage, l’objectif étant de plaire à la majorité. Le Romney du Massachussets était libéral, le Romney des républicains résolument conservateur et le Romney de l’Amérique un peu des deux", ironise le quotidien. "Romney s’est épuisé en discours, a tenu une foule de meetings faisant plusieurs fois par jour des allers-retours en avion (...) il a tout donné pour gagner la présidence mais ça n’a pas suffi." Pour la Süddeutsche Zeitung, l’histoire de la défaite du républicain est avant tout une histoire de famille dont le destin politique s’est irrémédiablement soldé par un échec. Le quotidien revient ainsi sur la défaite de Georges Romney aux primaires de 1968, puis sur celle de Mitt Romney aux primaires de 2008 et enfin sur ce nouvel échec de 2012.

Laurie Tierce (www.lepetitjournal.com/cologne) Jeudi 15 novembre 2012


http://www.faz.net/aktuell/politik/wahl-in-amerika/wahlanalyse-obama-als-fuersprecher-der-armen-und-der-mittelklasse-11953232.html
http://www.sueddeutsche.de/politik/mitt-romney-verliert-us-wahl-erfolgloses-familienunternehmen-1.1517207
http://www.sueddeutsche.de/politik/obama-bleibt-us-praesident-moral-und-emotion-ersetzen-das-argument-1.1516844
http://www.sueddeutsche.de/politik/reaktionen-auf-us-praesidentschaftswahl-glueckwunsch-auf-gute-zusammenarbeit-1.1516770
http://www.spiegel.de/politik/deutschland/berlin-erwartet-von-obama-mehr-transatlantische-politik-a-865816.html
http://www.fr-online.de/us-wahl/obama-bleibt-us-praesident-das-beste-kommt-noch,11442534,20813476.html

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