Thierry Mariani, député UMP de la 11ème circonscription des Français de l'étranger revient pour lepetitjournal.com sur l'organisation de son travail. Il livre également son sentiment sur la politique du gouvernement, en France et pour les Français de l'étranger. Il revient enfin sur le scrutin à la présidence UMP pour les militants résidant à l'étranger

Lepetitjournal.com : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?
Thierry Mariani: Tout s’est très bien passé. Il s’agissait tout de même de ma 5ème "rentrée des classes" à l’Assemblée Nationale… Je suis satisfait car j’ai obtenu les commissions et les présidences de groupe que je souhaitais.
Après 20 ans à la commission des Lois, je viens d’intégrer la commission des Affaires Etrangères, ce qui me semblait nécessaire pour être au plus près des problématiques internationales et ainsi pouvoir m’occuper davantage de ce qui concerne directement les Français de l’étranger. J’ai par ailleurs été reconduit à l’Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ainsi qu’à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Je fais aussi partie de la délégation aux outre-mer, ce qui me semble important étant donné les liens qui peuvent exister entre mes administrés établis dans le Pacifique et ces territoires. Je suis également membre des groupes d’amitié de nombreux pays de ma circonscription. J’en assure la présidence ou la vice-présidence pour certains.
Je suis enfin l’un des deux députés (NDLR avec Philip Cordery, Député PS des Français du Benelux) qui siège à la commission nationale des Bourses et je fais partie du Comité national de l'initiative française pour les récifs coralliens.
Le premier mois de mandat est souvent crucial et je suis ravi d’avoir pu opter pour ces choix qui sont en totale adéquation avec la représentation des Français établis hors de France.

Comment organisez-vous votre travail ?
Depuis septembre, j’ai pu mettre en place mon équipe et prendre mon rythme de croisière. J’organise mes déplacements dans ma circonscription. Pour tout déplacement plus lointain que l’Inde, je m’organise pour partir sur un minimum de 5 jours. Dans tous les cas, je fais en sorte d’être présent les mardi et mercredi à Paris.
Prenons l’exemple de mon dernier déplacement en Inde et en Russie qui a duré 6 jours. J’ai enchainé Chennai, Pondichéry et Moscou avant de regagner Paris. Sur place, j’ai ma « check list » pour les rencontres. J’essaye en fonction des disponibilités de chacun de visiter les établissements scolaires et de m’entretenir avec leur proviseur, de rencontrer les représentants de la chambre de commerce française sur place et les conseillers du commerce extérieur (CCEF). Je passe également au sein de l’Alliance française et/ou des Instituts français. Enfin, je prends contact avec les autorités françaises sur place (Ambassade et/ou consulat). J’ai également mis en place nombre de délégués dans les pays de la circonscription.
J’essaye de me tenir aux engagements que j’avais pris durant la campagne, à savoir réaliser 3 déplacements par mois. Ce qui représente entre 12 et 14 jours à l’étranger tous les mois, le reste étant consacré aux travaux parlementaires.

Quel est votre sentiment général sur le début de mandat de François Hollande ?
Je suis très surpris par l’impréparation de ce Gouvernement. Après 10 ans dans l’opposition, je ne pensais pas que nous assisterions à une telle improvisation.
La session extraordinaire de cet été - les bancs de l’Assemblée étaient quasiment vides - n’a servi qu’à détricoter, supprimer les mesures du précédent quinquennat. C’est ce qui s’est passé sur la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore pour les Français de l’étranger, la suppression de la PEC.
Cependant, il y a également quelques bonnes surprises dans la constitution de ce Gouvernement comme Manuel Valls ou Jérôme Cahuzac. Il faut également se réjouir du maintien d’un portefeuille dédié aux Français de l’étranger (alors même que la gauche criait au scandale quand nous avions créé un poste de secrétaire d’Etat…). Je trouve d’ailleurs que la nomination d’Hélène Conway-Mouret est plutôt un bon choix.
Ce Gouvernement est tout de même caractérisé par une belle cacophonie à laquelle il faut ajouter un manque d’unité. L’aéroport Notre-Dame-des-Landes en est la parfaite illustration.
Ma deuxième impression est que ce gouvernement s’enferme dans un raisonnement franco-français. Il ne semble pas prendre en compte l’environnement hyperconcurrentiel et mondialisé auquel nous sommes confrontés. La plupart des Etats sont en train de réduire leur budget, et les charges qui pèsent sur les entreprises. Il faudrait réellement leur proposer un stage à l’étranger ! Je reviens d’Inde et j’étais effaré des déclarations d’Arnaud Montebourg sur le dossier Mittal. Ce type de sortie est hallucinant, irresponsable voire même suicidaire.

Quel est votre sentiment sur les mesures qui concernent les Français de l’étranger ?
Tout d’abord, la PEC a été supprimée. Les socialistes ont sur ce point tenu leur engagement, mais seulement à moitié. Quand j’avais interrogé à ce sujet le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, il m’avait assuré que le budget alloué serait maintenu. Or je constate qu’il manque 15 millions d’euros pour 2013, soit une baisse de 10% du budget de l’aide à la scolarité. Je persiste à dire qu’il s’agit d’une erreur, d’autant plus que cette décision a été prise pendant les vacances. Certaines familles ont découvert en plein été qu’elles allaient devoir prévoir ce poste de dépense très important. Cette baisse de 10% est un très mauvais signe envoyé aux Français de l’étranger. En ce qui concerne la fiscalité, je trouve profondément injuste et même choquant de faire cotiser les Français de l’étranger à la CSG et à la CRDS. Cela revient à les faire cotiser pour un régime dont ils ne bénéficient pas ! De plus, il faut mettre en parallèle le choix du Gouvernement de supprimer la franchise de 30 euros dans le cadre de l’Aide Médicale d’Etat (AME). Cette mesure va coûter 600 millions d’euros. Le constat est donc clair : ce Gouvernement préfère les sans-papiers en France que les Français de l’étranger, inscrits dans les consulats.

Que pensez-vous de la réforme en cours de l’AFE ?
Là-aussi je suis étonné que dix années de réflexion n’aient pas suffi à la Gauche pour obtenir un projet clair. Je pense, pour ma part, qu’il est nécessaire de réformer la carte électorale pour prendre en compte l’évolution des communautés, notamment dans ma circonscription, en Asie Pacifique.
De plus, il devient nécessaire en parallèle d’établir une distinction entre les Français résidant en Europe – qui sont de moins en moins « Français de l’étranger » – et ceux résidant en dehors de l’Union Européenne. Avec cette réforme, nous retrouvons là-encore une improvisation totale.

Revenons désormais sur le vote des militants UMP des Français de l’étranger, dans le cadre des élections à la présidence du parti. Comment s’est déroulé le scrutin ?
Honnêtement, cela ne s’est pas très bien passé, notamment en raison de l’impossibilité de voter par internet. Ainsi, certaines villes n’ont pas pu voter pour des raisons matérielles. Il faudra en tirer les conséquences pour la prochaine fois. Le minimum serait d’instaurer un vote électronique afin d’éviter toute frustration.
Je ne peux vous donner de résultats précis pour la Fédération des Français de l’étranger car les résultats ont été mélangés avec les résultats des fédérations d’outre-mer.
Concernant les motions, je suis ravi que le courant que je porte, la Droite populaire, ait atteint les 10%, seuil qui va nous permettre de nous organiser en mouvement et de disposer de moyens pour faire vivre le débat à l’UMP. Les Français de l’étranger peuvent donc compter sur un de leur parlementaire à la tête d’un mouvement. D’autant plus qu’Alain Marsaud, député de la 10ème circonscription des Français de l’étranger est également à mes côtés au sein de ce courant.

T.D. - (www.lepetitjournal.com) - mercredi 12 décembre 2012

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Voir également:

Le site du député Thierry Mariani

La fiche de Thierry Mariani sur le site de l'Assemblée nationale

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