Mardi 11 septembre 2012, Hélène CONWAY-MOURET, Ministre déléguée en charge des Français de l’étranger, a accordé à notre rédaction internationale, un entretien exclusif. L’occasion d’aborder les grands chantiers à mener pour cette rentrée 2012.


Lepetitjournal.com : La suppression de la prise en charge (PEC) a suscité de vifs débats : quels sont les retours que vous avez eu à gérer ? Comment le ministère entend dorénavant accompagner les familles ?

Hélène Conway-Mouret : La suppression de la PEC était une promesse électorale de François Hollande. Cette prise en charge était injuste parce qu’elle n’était soumise à aucune condition de ressources. D’autre part, dans le contexte économique actuel le coût d’une telle mesure ne pouvait être pérennisé : 7% des élèves utilisaient 25% du budget. Enfin, l’augmentation constante d’enfants scolarisés, imposait, à budget constant, de redistribuer les crédits de l’Etat vers les familles les plus nécessiteuses. Il ne s’agit donc pas de réaliser des économies mais d’aider ceux qui en ont le plus besoin.

La DFAE et l’AEFE travaillent actuellement à la redéfinition des critères d’attribution des bourses. Le nouveau dispositif doit s’inscrire dans la durée et permettre une distribution beaucoup plus large des aides à la scolarité. Les familles aux revenus moyens, exclues jusqu’alors, devront pouvoir en bénéficier dès la rentrée de janvier 2014 pour l’hémisphère Sud et l’automne 2013 pour l’hémisphère Nord.

Qu’en est-il des élèves non français ?

Notre réseau est victime de son succès. La qualité de notre enseignement et de notre démarche pédagogique sont largement reconnues. Au-delà des familles françaises, un nombre croissant de familles choisissent notre réseau scolaire parce qu’il constitue un tremplin pour leurs enfants.

Notre réseau a une double mission : scolariser les enfants français et aider au maintien de notre influence culturelle au travers de notre langue. Si nous souhaitons continuer à assumer cette double mission tout en répondant à l’augmentation moyenne de 4% par an des demandes de scolarisation, nous devons aujourd’hui diversifier et redéployer nos moyens d’action. Le français peut être enseigné de diverses façons : au travers du programme FLAM (français langue maternelle) ou de l’ouverture de sections bilingues par exemple. Cette réflexion doit cependant être collective et s’enrichir des propositions que feront les élus et les diverses associations de parents d’élèves et d’enseignants.

L’organisation du réseau consulaire est le second chantier que votre ministère entend mener : allez-vous engager une réflexion avec les élus ?

Cette réflexion est déjà ouverte. J’ai constitué un groupe de travail, dirigé par l’ambassadeur Daniel Lequertier. Il doit synthétiser, d’ici le mois de novembre, l’ensemble des missions et évaluations réalisées ces dernières années. Cela fait quinze ans que l’on parle de la nécessité d’une réforme qui n’a jamais été menée. J’avais constaté, en tant que conseillère AFE puis sénatrice, que les agents consulaires ont perdu, au gré des économies demandées au ministère,  les  moyens de réaliser leurs missions. Si la France veut continuer à bénéficier d’un réseau universel, elle doit les réviser. Daniel Lequertier me remettra des propositions en ce sens avant la fin de l’année. Ne peut-on pas redéployer les compétences ? Faut-il continuer à déployer des moyens homogènes sur l’ensemble de la planète, ou devons-nous, au contraire, renforcer notre présence à certains endroits ? Notre ambition n’est pas simplement de faire un bilan et de l’ajuster : il s’agit de planifier l’avenir. Les changements que nous entendons mener seront donc entrepris avec une projection à 5 ou 10 ans, en anticipant les demandes qui vont être faites.

Pendant la campagne, on a parlé d’un moratoire pour la fermeture des consulats...

Il n’y a pas eu de moratoire ou de promesse en ce sens. Notre réseau évolue en fonction des besoins de nos compatriotes expatriés et de leur localisation qui évolue avec le temps.

Lors de sa campagne, François Hollande avait placé la jeunesse et l’emploi au centre de ses priorités. Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour développer la mobilité internationale des jeunes ?

Favoriser cette mobilité suppose une approche interministérielle avec notamment les ministères de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur.  Mon objectif est d’aboutir à la création d’un guichet unique ayant pour objet d’aider les jeunes qui souhaitent s’expatrier. Il importe cependant de réfléchir également aux conditions de retour et de les faciliter. La mobilité internationale est désormais constante. Elle est devenue une réalité universitaire et professionnelle que nous devons accompagner.

Propos recueillis par Thibaut Devémy et Constance de Guernon (www.lepetitjournal.com) actualisé le vendredi 14 septembre 2012


Retrouvez le discours d'Hélène Conway-Mouret lors de la 17ème session plénière de l'AFE

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