ROLAND GARROS – Nadal, Serena et les autres

Paris,
Samedi 25 Mai 2013
Annoncée à l’issue du conseil des ministres la semaine dernière, la suppression de la prise en charge des frais de scolarité devrait être effective dès la rentrée 2012, conformément aux souhaits exprimés par François Hollande durant sa campagne (Photo TD/LPJ)
Gratuité des frais de scolarité
Mesure phare de Nicolas Sarkozy à destination des expatriés, la PEC permettait aux enfants d’expatriés scolarisés dans les établissements scolaires étrangers de bénéficier d'une prise en charge des frais de scolarité. La mesure, instaurée en 2007, avait été progressivement étendue aux classes de première puis de seconde. Elle avait également fait l'objet d'un plafonnement sur les niveaux de frais de scolarité établis pour l'année 2007/2008. De nombreuses personnes font référence à cette mesure comme une "gratuité" de la scolarisation par raccourci, ce plafonnement, combiné à la hausse des frais d'inscription dans la majorité des établissements, limitait la prise en charge des frais par l'Etat à 70% dans le meilleur des cas.
En juin 2010, un rapport parlementaire établissait les coûts engendrés par cette mesure : les montants relatifs à la seule PEC représenteraient 39,3 millions d’euros en 2010, 47,4 millions d’euros en 2011, 55,8 millions d’euros en 2012, et 65,6 millions d’euros en 2013. Ainsi, sur quatre ans, la charge financière de la PEC augmenterait de près de 67 %. C’est ce coût important engendré qui valait à la PEC les foudres de ses opposants.
Si Nicolas Sarkozy avait promis d’étendre cette "gratuité" aux classes de collège notamment, François Hollande était lui opposé à cette mesure et souhaitait la supprimer au profit d’un système de bourses. Au cours de la campagne, il avait déclaré : "Ce sera revu parce que je mettrai plutôt un mécanisme de bourses à un niveau assez élevé pour que les expatriés Français, qui eux travaillent et permettent à notre pays d'être représentés partout, puissent avoir des frais de scolarité moins élevés". Pour lui, "la prétendue gratuité pour les lycéens ne profite qu'à 2% des enfants français à l'étranger, sans considération du revenu des familles." Cette suppression était également confirmée par Laurent Fabius sur le plateau de France 2012 (voir à partir de 21:00). En visite au Japon il y a quelques jours, le Ministre des Affaires étrangères a déclaré : "le système de la PEC était coûteux et créait de grandes inégalités. Il n'y a aucune surprise dans sa suppression que nous avions annoncée".
Fin de la prise en charge dès septembre 2012
Suite à l'annonce de la fin de la prise en charge dès le mois de septembre 2012, le Ministère des Affaires Etrangères a tenu à préciser : “Cette réforme est nécessaire dans un but d’équité et de justice sociale. Elle l’est aussi dans le but de retrouver une capacité de maîtrise budgétaire qui permettra de financer de façon pérenne le dispositif d’aide à la scolarité.”
Lycée Français à Bangkok
Dès la rentrée scolaire 2012, l’Etat ne prendra donc plus en charge les frais de scolarité des enfants à l’étranger. Ainsi le collectif budgétaire précise que la PEC n’a "concerné qu'une minorité d'élèves, soit 8.000 sur les 86.000 élèves français qui sont scolarisés dans un établissement de l'AEFE (Agence pour l'enseignement français à l'étranger), alors qu'elle mobilise 25% de la dotation de soutien aux élèves” ajoutant que ce dispositif était attribué “sans condition de ressources”. Le gouvernement minimise également les conséquences de cette suppression estimant qu’elle “n'aura pas d'impact anti-redistributif, puisque les familles éligibles continueront de bénéficier du système de bourse sur des critères tenant compte du revenu ainsi que des charges assumées par les familles (impôts, loyers, cotisations, garde d'enfant...)". Enfin, le collectif precise également qu’”une partie de l'économie engendrée sera utilisée pour des mesures d'accompagnement exceptionnelles des élèves scolarisés à l'étranger”
Mais cette mesure a provoqué des remous, malgré son annonce durant la campagne. Parents d’élèves, élus de l’opposition ou membres du Parti Socialiste, beaucoup de voix se sont élevées contre cette annonce.
Des voix discordantes au sein du Parti Socialiste
Jean-Daniel Chaoui, conseiller AFE et ancien candidat dans la 10ème circonscription avait dénoncé la méthode du gouvernement. Dans un billet publié sur son blog, il écrivait : La suppression de la PEC est faite dans la hâte, sans aucune consultation des élus socialistes députés et Sénateurs, sans aucune consultation de l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger). La méthode est détestable voire insupportable", allant même jusqu’à condamner "fermement” la décision du gouvernement.
Levée de boucliers à droite
L’opposition n’a pas non plus bien accueilli l’annonce du gouvernement. Francis Huss, vice-président de l’AFE, dénonçait quant à lui que "le clientélisme électoral, aux dépens de l'égalité républicaine qui prévaut dans l'éducation en France” ajoutant que "par cette mesure inique, les Français établis hors de France sont les oubliés de la République."
De son côté, Frédéric Lefebvre, ancien candidat UMP dans la 1ère circonscription, a même adressé une lettre au Président dans laquelle il déplore une mesure qui "constitue une discrimination entre jeunes Français suivant leur lieu de vie. C'est pousser à l'extrême la logique du droit du sol contre le droit du sang, dans un pays qui a toujours veillé à l'équilibre entre les deux". Interrogé dans le JDD, il avait déclaré: “Le principe de la gratuité ne peut être à géométrie variable, c'est-à-dire être considéré comme choquant à l'étranger et comme un acquis social en France. C'est incohérent"
Les 3 députés UMP élus, Claudine Schmid, Alain Marsaud et Thierry Mariani ont par ailleurs rédigé un communiqué dans lequel ils dénoncent la méthode employée pour une décision prise “sans concertation” et qui "mettra de nombreuses familles dans des difficultés financières". Les trois députés ont par ailleurs deposé deux recours contre le projet de loi de finance rectificatif pour 2012. Discuté cette semaine en même temps que le texte, l’un des deux amendements concerne la suppression de la PEC et vise à annuler la décision du gouvernement.
Témoignages d'expatriés en colère
Dominique R.
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La PEC est la prise en charge (partielle) de la scolarité des élèves français de la seconde à la terminale qui poursuivent leurs études dans un Lycée Français à l'étranger. Cette aide n'est pas négligeable dans un pays comme les Etats-Unis. Vivant à San Francisco (coût du Lycée Français dans ces classes : 25 000$), j'avais posé la question à l'équipe de Corinne Narassiguin (à présent député d’amérique du Nord) pour savoir si la mesure serait supprimée dès cette rentrée, 'étant donné notre budget, nous n'étions pas sûr de réinscrire nos enfants en cas de non prise en charge pour notre ainé, la scolarité du plus jeune étant déjà de 18 000 $) Voici ce que l'on m'avait répondu : "Bonsoir, Cette mesure ne sera pas effective en Septembre 2012 mais en Septembre 2013. De plus, la prise en charge sera remplacée par un doublement du montant global des bourses, donc vous auriez vraisemblablement droit a une aide en fonction de vos revenus, aide qui peut aller jusqu'a 100%. Bien Cordialement, Christophe Monier Pole Education - Equipe de Campagne de Corinne Narassiguin" Or voilà, 2 mois avant la rentrée l'aide vient d'être supprimée, obligeant des familles à trouver 20, 40 000 $.. Une belle promesse de campagne non tenue. Avant les élections nous pouvions communiquer avec ces candidats, et aujourd'hui : silence radio ! Non les Français de l'étranger ne sont pas tous de richissimes évadés fiscaux, certains sont partis pour éviter le chômage en France, pour vivre et faire vivre à leur famille une expérience enrichissante et revenir plein d'idées nouvelles en France. Nous avons envie que notre pays se redresse mais pour ça il doit être ouvert sur ce qu'il se passe ailleurs et non pas se replier sur ses acquis. Nous sommes nombreux à être très en colère (et très embarrassés pour trouver ces sommes), mais pire encore peut-être, très triste !
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Isabelle O. / Courrier adressé au Consul de Barcelone
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Bonjour, |
Guy, émigré au Mexique depuis 1995
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La mesure pour le retrait du soutien financier de l'éducation des enfants de francais à l'étranger n'est pas très socialiste, on dirait que Mr Sarkozy était plus social que Mr Hollande. C'était une bonne idée d'aider les francais de l'étranger à maintenir leur culture et continuer à être des ambassadeurs de leur pays un peu partout dans le monde. C'est dommage de lâcher là-dessus, d'autant plus que la France éduque assez d'étrangers gratuitement sur son sol et qui ne payent pas forcément beaucoup d'impôts et recoivent beaucoup d'allocations.... |
Laurent R.
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N'ayant pas d'enfants bien sur ca ne me concerne pas , mais voyant la difficulté de certains amis concernant leurs enfants , je me pose une question. Pourquoi toujours voir le Français de l’Étranger comme un nanti , un expat où tout est payé par la société qui l'envoie à l’étranger . Un grand nombre de Français vivant a l’étranger travaille en contrat local , généralement, il n'y a pas de secu , ni de chomage, ni d'aides diverses , pas d'allocation logement. Les frais de scolarité au lycée Français sont très très chers. Alors je me demande ... pourquoi en France les Étrangers en situation irrégulière ont tout les droits , l’assistance medicale gratuite etc ... alors que le Français de l’étranger n'a droit a rien. Sommes nous considérés comme des citoyens de seconde zone ? des sous Français ? je trouve lamentable de privilégier une souche de population et délaisser une autre. |
Alexandre Bezardin, délégué UMP en Italie
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Comme beaucoup de nos compatriotes, j’ai été surpris par la rapidité avec laquelle le gouvernement français s’est empressé de supprimer dans le projet de loi de finances rectificative 2012 la prise en charge de scolarité dès la rentrée prochaine. Ce n’est pas tant la décision qui me choque, c’est avant tout la méthode de la nouvelle majorité socialiste qui a décidé sans aucune concertation de mettre un terme à une mesure qui pouvait certainement connaitre des améliorations substantielles pour répondre à plusieurs principes : - D’une part le principe d’égalité entre tous les enfants de la république française. L’égalité républicaine devant le savoir ne saurait être abandonnée pour des économies qui n’ont pour seule finalité que la mise à l’écart des enfants d’expatriés face à l’enseignement français ! - D’autre part le principe de justice sociale alors même que les conditions financières sont parfois beaucoup plus rudes à l’étranger qu’en France. L’égalité de traitement doit être la même pour tous et il serait profondément injuste d’interdire à nos enfants de pouvoir continuer leur scolarité au sein d’établissements français en raison de frais de scolarité qui sont très souvent exorbitants. Cette décision est immorale car elle équivaut à une dénonciation unilatérale du principe de gratuité de l’enseignement public. |
Corinne R.
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Visiblement je ne vais pas faire l'unanimité au sujet de la suppression des frais d'ecolage a l'etranger, mais je suis pour. Nous sommes expatriés aussi, nous avons des enfants aussi, on aimerait tous bien que tout soit gratuit, mais il faut revenir a la réalité de temps en temps. |
Valérie, expatriée à Madrid
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Encore un coup de pied aux fesses des “affreux français expats”, rajoutez-y encore 6% d’augmentation (une année de plus dans le cas de l’Espagne), quant à l’accès aux bourses scolaires: laissez moi rire!.... Les contribuables français savent-ils qu’ils paient une partie la scolarité de TOUS LES ENFANTS non-français (un bon 50% il me semble dans nos écoles en Espagne- qui ne participent certes pas au développement de la France à l’étranger-) exactement au même-titre que celle des enfants français (frais d’écolage identiques pour tous)... pourquoi ne pas aider un peu plus les Français et un peu moins les autres?... Nos lycées français n’auront bientôt plus rien de français car aucune famille de revenu moyen de pourra continuer à y scolariser ses enfants ; arrêtons alors tout de suite la supercherie, faisons de réelles économies puisque nous y sommes et cessons d’avoir des Lycée français “publics” à l’étranger!!! cela devient une vaste fumisterie... En attendant, “affreux expats”, resserrez vos ceintures d’un bon cran si vous le pouvez encore...ou oubliez et que vous êtes français et investissez les écoles publiques locales...ou retournez en France alourdir le taux de chômage français en profitant enfin de toute la solidarité de notre pays: gratuité de l’enseignement, droit au chômage et à une sécu vraiment sécurisante, allocations diverses et variées... Bref mieux vaut être assisté en France, qu’entrepreneur et volontaire à l´étranger!!! Mrs les politiciens, arrêtez donc de nous passer de la pommade, “les expatriés français qui travaillent et permettent à notre pays d’être représentés à l’étranger” (je cite), vous interressent autant que votre dernière chemise! |
N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions à cette annonce en nous faisant parvenir vos témoignages à elections@lepetitjournal.com .
Luc Allain (www.lepetitjournal.com) lundi 9 juillet 2012
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