Gil Taïeb est candidat aux législatives sur la 8ème circonscription des Français de l'étranger. Il revendique son indépendance et fait de son expérience associative et culturelle la pierre angulaire de sa candidature. Il présente son parcours et les grands axes de sa candidature. (Photos courtoisie GT)

lepetitjournal.com : Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs votre parcours ?

Gil Taïeb : J’ai 55 ans, je suis marié et j’ai 3 enfants. Je suis Docteur en chirurgie dentaire à Paris. J’ai derrière moi un long parcours associatif et culturel. Je suis notamment le président fondateur du festival " Onze Bouge ", un événement culturel dédié à la création artistique. Je peux m’enorgueillir d’avoir fait entrer les Arts de la rue à Paris.

J’ai également à mon actif une longue action sociale, orientée d'une part vers la communauté juive mais aussi ouverte sur la cité. Ainsi, à travers cet engagement social, j’ai été en contact avec le monde politique depuis une trentaine d’années.

Quelles sont les raisons de votre candidature ?

La création de ces 11 postes de députés est une opportunité à saisir afin de répondre aux demandes spécifiques et légitimes des Français de l’étranger. Ils sont des citoyens concernés et attentifs à ce qui se passe en métropole. Il faut également comprendre la question de la relation entre la France et les pays d’accueil de ces expatriés. Ils ont un rôle important à jouer dans ces relations. Jusqu’à présent, ils étaient considérés par certains Français comme des étrangers. Les expatriés et les binationaux redeviennent par la création de ces circonscriptions des citoyens à part entière.

Je les ai rencontrés, écoutés, et leurs problématiques sont multiples et spécifiques : en matière d’éducation, de jeunesse, de problèmes sociaux, de développement culturel, de francophonie... Quand on est expatrié, on a besoin d’un regard sur son port d’attache. Ces expatriés sont une chance pour la France, ils sont les vecteurs, les garants des valeurs de la République, mais également des relais économiques et du savoir-faire français. Je suis un humaniste engagé, et je mets l’homme au centre de mes préoccupations. En me présentant à la députation, je souhaite agir pour ces Français qui ont choisi de vivre hors de France. Ils doivent pouvoir le faire sereinement, tant sur le plan économique, sécuritaire que sur le plan de la stabilité politique.

Tous les candidats sont légitimes. Mais, par mon travail sur le terrain, dans cette circonscription, j’ai une légitimité qui est liée directement à mes réalisations. Ma motivation est intacte depuis vingt ans. On entend souvent dire que les hommes politiques arrivent avec des promesses. De moi, on dit que j’arrive avec des réalisations et de l’expérience liée à cette action sociale et culturelle que j’évoquais.

Quel regard portez-vous sur la représentation politique des Français de l’étranger ?

Sur le terrain, il y a d’énormes carences. Certes, il y a des représentants à l’AFE, mais ils n’ont qu’un rôle consultatif. Il leur manque le pouvoir du législateur, pour faire concrètement aboutir leurs propositions. C’est ce que les députés apporteront.

Le secrétariat d’Etat doit être maintenu. On ne peut pas envisager des députés des Français de l’étranger sans les moyens qui leur seront nécessaires, à travers un représentant au sein de l’exécutif. Il y aura entre ces entités une complémentarité.

Il sera nécessaire également de redéfinir les rôles et les fonctions de chacun. Partout où je travaille, j’installe des relais locaux, que ce soit en Israël, en Italie, en Grèce. Mon objectif est que ces relais soient les référents locaux des Français installés dans ces pays. Ils seront chargés de me faire remonter les informations du terrain. Ainsi, je serai la voix des Français à l'Assemblée nationale.

Un autre élément sur lequel je veux insister est le fait qu’il faut absolument mieux faire connaître les pays d’accueil de nos expatriés. Nos expatriés constituent un trait d’union entre toutes ces nations. Les Français à l‘étranger sont une chance pour abattre ce mur de l’incompréhension et de la haine qui existe parfois entre certains états.

Enfin, si je suis élu, je m’engage à aller une fois par mois dans un pays de la circonscription.

Un élément important est que je suis indépendant mais pas isolé. Il ne faut pas confondre les deux. J’ai, par mon action locale et ma représentativité,  des rapports avec tous les partis fréquentables de ces pays. De par ces relations politiques, j’ai les moyens de faire aboutir des projets.

Quelles sont les thématiques que vous souhaitez mettre en avant dans cette campagne ?

Mon rôle sera de faire entendre les espoirs de nos concitoyens qui participent à l’essor des pays dans lesquels ils vivent et obtenir les soutiens qu'ils  attendent  de la communauté nationale à laquelle ils appartiennent. Je serai attentif à leur situation économique personnelle, aux projets qu'ils ont entrepris dans ce contexte de crise qui pourrait mettre à mal des années d’efforts.

Je serai à l' écoute sur les questions sociales de retraite, d’accès aux soins, de besoin de solidarité, à l' écoute sur l’éducation de leurs enfants, de leur pratique du Français, à leur écoute pour maintenir un lien culturel fort entre la France et les pays de la circonscription.

Une des questions récurrentes est celle des retraites. Il faut mettre en place des accords afin que les Français qui ont cotisé en France, puissent bénéficier des maisons de retraite à l’étranger. J’ai des projets concrets et des investisseurs prêts à mettre en place des maisons de retraite en Grèce et en Israël.

En tant que député, il faut travailler à l’égalité des droits entre les Français de l’étranger et ceux de la métropole. Il faut donc obtenir, en collaboration avec les 10 autres députés, des droits pour les expatriés.

Un mot sur les résultats du 1er tour de la présidentielle ?

Gil Taïeb a lancé le festival " Onze Bouge " dédié à la création artistique

Je retiens avant tout la faible participation des expatriés, notamment en Israël où elle a atteint 15%. C’est grave. Il faut se battre pour créer des relations avec ces Français établis hors de France. Nous nous battrons pour leurs droits et leurs aspirations légitimes, mais en retour, ils se doivent de participer et être acteurs de leur destin.

Ensuite, il y a l’inquiétude que suscite le score du FN. Je ne diabolise pas les électeurs de Marine Le Pen. La faute revient à l’UMP et au PS qui ont refusé d’aborder les vrais problèmes, ou qui se sont contentés de promesses non-tenues. Ils ont ainsi participé à la création de la bulle Mélenchon et renforcer Le Pen.

Il faut de la force et du courage pour aborder les grands sujets et pour faire en sorte que les extrêmes n’aient pas le terrain nécessaire pour cultiver leurs jardins.

La faible participation est due aussi aux manques de moyens du réseau consulaire. Dans certains pays, c’est la croix et la bannière pour aller voter ! Pour certains, il fallait faire plus de 100km pour aller voter. C’est un axe sur lequel il faut travailler : faciliter le vote et la communication avec les expatriés. Il faut avoir deux à trois fois plus de bureaux de vote. Les Français installés à l’étranger se doivent de voter, mais il faut leur faciliter la tâche ! Aujourd’hui, on essuie les plâtres.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

A travers ma candidature indépendante, centriste et humaniste, vous voterez pour les libertés.

Ensuite, ces législatives sont une élection à part. Il ne faut pas voter automatiquement pour le parti du candidat pour lequel on a voté à la présidentielle. Ces élections sont celles du terrain, d’un individu compétent. On choisit un homme, pas un parti.

J’ai 20 ans de service à mon actif et je veux continuer dans cette direction. Quelles que soient leurs difficultés, les Français de la 8eme circonscription peuvent compter sur moi.

Propos recueillis par Luc Allain (www.lepetitjournal.com) lundi 30 avril 2012

En savoir plus

Le site de campagne

La fiche de candidature de Gil Taïeb

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