Portraits

VIRGINIE SIMON – Une entrepreneuse au service du partage de la connaissance

Ingénieure éprise de philosophie, Virginie Simon a vite compris que pour combiner projet passionnant, discipline et liberté, l’entreprenariat  était la meilleure option. Elle s’est installée à San Francisco depuis deux ans, au cœur de la technologie de l’open data afin de développer MyScienceWork, la plateforme qu’elle a cofondée pour favoriser l’accès à la littérature scientifique. C’est la lauréate du Trophée Humanis Entrepreneur.  

Les femmes dirigeantes sont encore sous-représentées dans le monde des affaires. En Europe, seules 15% des startups sont fondées par des femmes. Virgine Simon est l’une d’entre elles et fière de l’être. « Je n’avais pas décidé d’être entrepreneuse », dit-elle pourtant.  

A la fin de ses brillantes études (diplôme d’ingénieur en biotechnologie, mais également licence de philosophie), elle fait un stage dans une startup à Paris, Nanobiotix, spécialisée en nanotechnologie, puis une thèse en cancérologie, affiliée à un laboratoire INSERM. « Pendant cette thèse qui a duré 3 ans, je faisais de la biologie cellulaire, de la microscopie focale… et je voyais la structure de la startup évoluer, les levées de fonds successives, l’équipe grandissait. Parallèlement, j’avais des frustrations car je n’arrivais pas à avoir accès à l’information scientifique, il me fallait beaucoup de temps pour la trouver. »

Virginie se dit qu’elle veut construire la plateforme qu’elle aurait rêvé avoir. « J’avais 27 ans. C’était une évidence, je voulais travailler dans la transdisciplinarité, dans internet, dans tout ce qui était plateforme avec du web sémantique. Je ne me voyais pas dans une structure traditionnelle comme salariée, j’avais besoin de liberté. Je n’avais pas d’enfants, d’emprunt, je n’avais pas d’appréhension ». Pendant 6 mois, elle s’informe et se forme, cherche un associé : « je suis allée dans des salons d’auto-entrepreneurs, j’ai consulté d’autres passionnés, porteurs de projets. Il y avait cette énergie positive dont j’ai vraiment besoin. Après réflexion, je me suis associée avec mon copain, mon actuel mari, Tristan Davaille. On avait des parcours très différents, lui a fait une école de commerce. C’était un bon choix, car la question de la confiance est très importante ! »

Le couple passe 3 ans à l’incubateur Paris Pionnières : « tout ce qui est entreprenariat au féminin m’a toujours intéressé. Au départ on n’avait aucun moyen. On écrivait des articles pour nous faire connaître, on a formé une communauté assez importante, les gens ont commencé à s’intéresser à nous. Il fallait pouvoir s’appuyer sur une technologie assez lourde, assez forte pour lancer le projet. Il fallait qu’on lève des fonds. Et pour notre plateforme scientifique interdisciplinaire, on ne voulait pas se limiter à la France. » C’est au Luxembourg, au cœur de l’Europe, qu’on leur fait la meilleure proposition en termes de levée de fonds.

En parallèle, ils reçoivent au Luxembourg d’importantes subventions de l’Etat à travers l’aide Jeune entreprise innovante, « des montants suffisamment importants pour que l’on puisse embaucher le premier developer, la première personne en R&D, construire quelque chose de solide avec une visibilité de plusieurs années ». En 2013,  la plateforme à destination des chercheurs MyScienceWork.com est donc lancée.

Un timing parfait

Le courant open source open data commençait à se mettre en place. « Avant cela, lorsque les chercheurs voulaient publier leurs découvertes, c’était le seul modèle au monde où les gens doivent payer deux fois en perdant tous leurs droits d’auteur. Les éditeurs ont des accords avec les grands établissements publics et on avait accès à la littérature mais lorsque j’étais en thèse dans le privé on n’avait pas accès à la connaissance. On a été précurseurs, une révolution scientifique s’est mise en place. La mise à disposition de la connaissance scientifique est maintenant acquise. »

Cette mise à disposition est un cercle vertueux. Les étudiants, les chercheurs peuvent ainsi lire, lire, collaborer, échanger. « Pour le scientifique, c’est très important qu’il soit cité, cela renforce l’impact de ses travaux, l’institution au sein de laquelle il travaille en est plus prestigieuse, attire plus de talents, etc. »

Le postulat de MyScienceWork est de proposer la base de données « la plus transdisciplinaire, la plus exhaustive et la plus propre. On couvre 30 disciplines, du droit à la chimie, de l’informatique aux sciences humaines. Aujourd’hui on est capable de proposer 60 millions d’articles scientifiques, 6 millions de brevets, on indexe plus de 40.000 journaux. On a un million de visiteurs par mois. Et les structures comme Google scholar identifient qu’on fait du travail de qualité donc on a 1,7 million d’articles indexés chez eux. C’est notre vitrine ».

L’équipe est sélectionnée pour intégrer un programme d’accélération de  start-up dans la Silicon Valley. Les voilà au cœur de la technologie de l’open data. « On est revenu enthousiastes pour faire nos valises. On a proposé à notre équipe d’une dizaine de personnes de déménager avec nous, finalement on est parti à 5 à San Francisco ».

Ils lancent alors une offre à destination des universités et organismes de recherche : Polaris. « C’est stratégique pour eux de savoir le nombre de publications, de collaborations, leur impact, les nouveautés or ils ont une mauvaise connaissance de ce qu’il produisent en interne. Avec Polaris, ils ont cette information en temps réel. Cela leur permet de faire des communiqués de presse, des rapports d’évaluation. On détermine aussi pour les sociétés, dans cette masse d’information, là où ils sont les meilleurs. Dans telle unité, votre équipe de génétique c’est la meilleure au monde, vous pouvez le faire savoir. Chez vos  post-doctorants, vous êtes les premiers en termes de brassage de personnalité, vous pouvez communiquer. On trouve leurs points forts, différenciant, personnalisés. »

Mettre les femmes en lumière

À San Francisco, Virginie est entourée des « vibrations positives » qu’elle recherchait, sans pour autant se sentir loin de France, puisqu’elle est en contact quotidiennement avec les équipes de Paris et du Luxembourg. « Ici, il y a un sacerdoce par rapport au travail, on ne s’arrête jamais », note-t-elle. Jeune maman de 34 ans, elle estime que cela inquiète un peu ses interlocuteurs, « pour eux, ce n’est pas un gage de sérieux ! La France est tellement en avance sur ce plan !»
Loin d’abandonner son coté famille, elle s’engage auprès de nombreuses associations pour le leadership des femmes : « même au sein de notre site, on fait beaucoup d’efforts pour interviewer des femmes d’exception dont les médias ne parlent pas beaucoup, on donne la parole aux femmes chercheur, on aide aussi des initiatives qui les mettent en lumière ».

Combien de temps durera cette aventure américaine ? « On s’est rendu compte qu’on était éligible sur des dossiers talents pour la green card. Aux USA, ils adorent les profils entrepreneurs, chercheurs. Ce sont des dossiers qu’ils préfèrent. La thèse est très valorisée, ça fait du bien. Il faut montrer les publications, les prix que l’on reçoit. » Le trophée Entrepreneur tombe donc à pic ! Pour autant, le jeune couple reste ouvert aux opportunités.

La plus grande réussite de Virginie est d’avoir pu associer l’aventure entrepreneuriale à l’aventure humaine : « Le principal n’est pas de travailler pour soi mais pour la réussite du projet, que tout le monde se mobilise en ce sens là. Pour faire réussir une entreprise, il faut vraiment mettre un maximum de chances de son coté, et être très unis. »

MPP (www.lepetitjournal.com) mardi 7 mars 2017

 
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