Étudiants

ECOLE POLYTECHNIQUE – Frank Pacard : "Nous voulons gagner en lisibilité à l’international"

 

Le monde de l’enseignement supérieur, très concurrentiel, évolue vers une plus grande ouverture à l’international. Petite révolution, l’École polytechnique ouvre un bachelor pour la rentrée 2017 avec pour objectif une part de 60 % d’élèves internationaux. Frank Pacard, directeur de l’enseignement et de la recherche à l’X, nous explique en quoi ce nouveau cursus répond à une vision stratégique.

Le rapport de Bernard Attali dédié à l’École polytechnique en juin 2015 proposait plusieurs pistes de réflexion et recommandait d’accroitre l’ouverture à l’international. Avec l’ouverture d’un bachelor à la rentrée, l’X cherche à attirer de nouveaux talents et à augmenter l’attractivité des études supérieures en France. Il y aura 3 vagues d’admission (décembre, janvier et mai) au cours desquelles les élèves seront sélectionnés.

Lepetitjournal.com : l’École polytechnique jouit en France d’un prestige incontesté, son excellence est-elle aussi reconnue à l’étranger ?

Frank Pacard, directeur de l’enseignement et de la recherche (photo): Parfaitement ! Nous avons de nombreux partenaires académiques à l’étranger parmi les établissements les plus prestigieux.
Dans le cadre du « cycle ingénieur de Polytechnique », la 4e année est une année de spécialisation qui se déroule en France ou à l’étranger. Près de la moitié de la promotion part faire un diplôme de Master à l’étranger dans des établissements tels que Stanford, le MIT, Harvard ou Cambridge. Ces établissements apprécient beaucoup la qualité de nos étudiants et notre formation très scientifique, caractérisée par une prépondérance en mathématiques tout étant résolument pluridisciplinaire.

Ce cycle ingénieur polytechnicien fonctionne très bien, il est reconnu à la fois par les acteurs du monde académique et par les entreprises. On y accède grâce à un concours très sélectif mais passer un concours après une classe préparatoire est un mode de recrutement dont le fonctionnement n’est pas toujours bien compris à l’étranger. Nous avons donc ouvert plusieurs centres de concours à l’étranger, pour pouvoir recruter des étudiants qui ont fait leur premier cycle (qui correspond au niveau licence ou prépa en France) et nous mettons en place, avec l’ouverture du bachelor, un cursus qui est adossé à la recherche et qui sera plus en phase avec les standards internationaux.

Pourquoi est-il important aujourd’hui d’être conforme à ces standards internationaux ?

Nous voulons gagner en lisibilité à l’international. Les étudiants du monde entier sont mobiles à des périodes précises de leur parcours et l’X a développé récemment des formations qui répondent à ce calendrier. Juste après le bac, au niveau « undergraduate », les élèves peuvent choisir de faire un bachelor en 3, 4 ans en dehors de leur pays. C’est ce que nous proposons avec ce nouveau cycle de formation en trois ans dispensé en anglais.
Ensuite, avec nos Graduate degrees, nous proposons des diplômes de master de haut niveau, très proches des besoins des entreprises et à finalité professionnalisante. Enfin, nous avons lancé un programme doctoral sur 5 ans (PhD Track), qui permet d’attirer au niveau master des étudiants talentueux qui se destinent à faire un doctorat en leur proposant des bourses dès le master. Cette offre de formations nous donne tous les attributs d’une université de sciences et technologies de classe mondiale. 

Quels étudiants ciblez-vous avec ce bachelor ?
Nous souhaitons recruter des étudiants ayant un très haut potentiel, qui ont d’excellentes capacités de travail. L’objectif est de recruter au moins 60% d’étudiants étranger. Les étudiants francophones devront avoir un niveau d’anglais suffisant pour suivre les cours et des cours de français et de culture française seront dispensés aux étudiants non francophones.

Nous avons par ailleurs signé un partenariat avec l’AEFE, parce que nous savons que des élèves des lycées français à l’étranger, qui se tournent habituellement vers les universités anglo-saxonnes, peuvent être intéressés par ce cursus.

Quelle formation proposez-vous ?

Dans le bachelor, chaque parcours s’appuiera sur un socle scientifique pluridisciplinaire avec un fort accent sur les mathématiques, qui est un peu le dénominateur commun des enseignements à l’École polytechnique. Tout au long de leur formation, les étudiants bénéficieront également d’enseignements en sciences humaines et sociales, en langues et ils devront faire du sport. La découverte de l’entreprise fera également partie intégrante du cursus. En deuxième et troisième année du bachelor, les étudiants se spécialiseront dans l’une des trois voies suivantes : mathématiques-informatique, mathématiques-physique ou mathématiques-économie. En troisième année, il est également prévu que les étudiants puissent passer un semestre dans un établissement partenaire de l’École polytechnique.

À l’issue du bachelor, les étudiants pourront poursuivre leurs études en France dans les meilleurs Masters, au sein de l’Université Paris-Saclay par exemple, ainsi que dans de prestigieux établissements étrangers. Les étudiants pourront également poursuivre par un Graduate degree de l'X ou candidater au nouveau programme doctoral d’excellence dans les laboratoires de l’X. Ils auront également l’opportunité de passer le concours du cycle ingénieur polytechnicien par la voie universitaire.

Cette adaptation aux standards internationaux ne marque-t-elle pas une inflexion par rapport au système des classes prépas ? Le système français des Grandes écoles est-il toujours adapté aux enjeux d’aujourd’hui ?

Nous restons très attachés au système des classes préparatoires qui fait la force des Grandes Écoles. Les classes préparatoires sont parfois critiquées, mais si elles ne conviennent pas à tous, cela reste un enseignement très formateur qui a fait ses preuves. Les élèves des classes préparatoires que nous sélectionnons pensent vite et juste. Grâce à leur formation scientifique, ils ont une formidable capacité à aborder des problèmes complexes et à imaginer des solutions originales. Nous souhaitons absolument préserver cette filière de recrutement tout en élargissant et en diversifiant notre offre de formations, notamment avec le bachelor, pour détecter et recruter des talents avec le même potentiel dès le niveau Bac.

Avec ce bachelor, vous souhaitez faire la promotion à l’étranger de l’excellence de l’enseignement scientifique français ? 

Tout à fait, il y a pour l’X un objectif académique, mais au-delà, nous avons une approche plus large. Je trouve dommage que certains élèves étrangers de très haut niveau ne pensent pas forcément à la France pour faire leurs études de premier cycle dans l’enseignement supérieur. Les universités anglo-saxonnes disposent de moyens très importants pour attirer ces élèves, mais l’X offre également d’excellentes conditions d’études et est reconnue pour l’employabilité qu’elle offre à ses diplômés (je me permet de rappeler que l’X est classée 6e établissement mondial au classement QS concernant l’employabilité de ses diplômés). Nous mettons en avant nos atouts, non seulement notre socle scientifique mais aussi notre modèle pédagogique unique basé sur l’enseignement scientifique au meilleur niveau, la pluridisciplinarité, l’enseignement des Humanités et des Sciences sociales et notre proximité avec les entreprises. L’approche culturelle joue un rôle essentiel pour attirer ces talents en France, notamment en leur proposant l’apprentissage du français et de la culture française. Dans le cycle ingénieur polytechnicien, pendant que les élèves Français sont en stage de formation humaine et militaire, les élèves internationaux non francophones effectuent un stage de français intensif pendant 4 mois, en immersion ! Cela permet ensuite d’avoir, dans les promotions, une excellente intégration des élèves issus de cultures et de pays différents.

Nous constatons que les étudiants sont de plus en plus mobiles, ce dont nous nous réjouissons. Sur le campus, nous avons actuellement plus de 3000 étudiants, dont 30% d’étudiants internationaux. L’objectif est de porter cette part d’étudiants internationaux à 40%. Il est important pour la France de se donner les moyens d’attirer des étudiants internationaux de haut niveau et ce brassage multiculturel des étudiants va devenir de plus en plus important dans un monde globalisé en constante mutation.

Propos recueillis par Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com)

Plus d’informations sur : www.polytechnique.edu/bachelor/fr

 
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