#REVIENSLEON – Qu’en pensent les expatriés ?


Une dizaine de chefs d'entreprise français appellent les expatriés français à revenir au pays en démontrant à quel point les start-ups françaises sont attractives. Le message a-t-il convaincu ?

"Rappelle toi Léon. Il y a quelques années le monde de demain s'inventait partout, sauf dans l'Hexagone. Aujourd'hui tout à changé" plaident des patrons de start-ups françaises dans une tribune publiée la semaine dernière dans Le Monde.

En 2015, on estime en gros à 3.000 le nombre de postes à pourvoir dans ces start-ups françaises (potentiel dont les expatriés n’auraient pas conscience). La concurrence est féroce pour recruter or beaucoup de talents, confirmés ou débutants, sont partis à l’étranger. D’où cette initiative, soutenue au plus au niveau par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique.

Certains de ces cerveaux ayant réussi à l’étranger ont pris la peine de répondre aux auteurs. C’est le cas de Julien Barbier, co-fondateur de while42 (réseau rassemblant les ingénieurs français autour du monde) et de TechMeAbroad.com (plateforme qui liste les offres de start-up de la Silicon Valley sponsorisant des visas ou des permis de travail). Il a publié un billet dans L’Opinion. Pour lui, il est injuste de montrer du doigt les expatriés français. “Nous ne faisons rien pour aider la France, et à la lumière de certains articles et tweets de ces derniers jours, nous la dépouillons même de son prometteur avenir” écrit-il. Or “depuis longtemps, les pays ne sont plus limités par leur frontières géographiques. (…) Ces expatriés apportent beaucoup à la France : nous sommes un relais pour tous les Français qui voyagent, nous aidons les sociétés françaises à croître à l’international, nous avons un carnet d’adresse qui n’a pas de prix, nous avons vu, vécu, et appris beaucoup de choses qui n’auraient pas pu l’être en France. Et nous partageons tout cela avec qui en a besoin. (…) Nous perdons notre temps et notre argent à tenter de faire revenir des talents. Si demain tous les expatriés français rentraient, ce serait une catastrophe pour le pays”. Bref, Julien Barbier renouvelle ses encouragements au départ :“Hit the road Léon, pars voyager".

Pourquoi sont-ils partis ?

Pour Tanguy Rambaud, cofondateur de Sutunam au Vietnam et lauréat du Trophée Entrepreneur des Français de l’étranger 2015, “tous ces Français sont les meilleurs ambassadeurs de la France, pourquoi les faire revenir si tôt? La vraie question est peut-être plus pourquoi on est parti plutôt que de rester? Pourquoi il est plus facile de monter sa start-up aux USA plutôt qu’à Paris? Sans parler de l'esprit entrepreneurial et risque des autres pays: en France on a encore peur de l’échec et du succès".

Tanguy déplore aussi le retard pris par la France: “on n’a pas les mêmes infrastructures ou elles sont toutes récente: 42.fr vient d'ouvrir ses portes, la Halle Freyssinet est un projet pour 2016, etc. Pour le moment, on a aussi moins de fonds d'investissements par rapport à la culture américaine, Hong Kong, Singapour...” Il faudrait donc développer le capital risque en France.

Pour lui, il y a peut-être plus “d’intérêt à concentrer notre énergie dans la promotion de cette nouvelle identité digitale de Paris, qui limitera la fuite des cerveaux dans un futur proche mais surtout permettra d'accueillir de nouveaux cerveaux et être le berceau des entreprises de demain! Et ceux qui sont partis reviendront alors peut-être d'eux mêmes sans aides car ce sera l'endroit idéal pour la suite de leur carrière/aventure”.

Accueillir de nouveaux cerveaux étrangers

Pour Sylvain Kalache, un développeur français installé à San Francisco, la France a “tout pour attirer des étrangers qualifiés qui sont déjà prêt à venir. (…)L’initiative #ReviensLeon illustre parfaitement la situation mais tente uniquement de faire rentrer les talents Français partis à l’international, au lieu de profiter de ces talents étrangers, bien plus nombreux, qui ne rêvent que d’une chose: venir travailler en France". Paris est en effet dans le top 3 des destinations rêvées par les étrangers, après New York et Londres. A l’instar du modèle qui a fait le succès de la Silicon Valley, “non seulement des profils internationaux très pointus aideraient nos entreprises à se développer à large échelle, mais ils permettraient en plus de pénétrer plus facilement les autres marchés.”

"Ne luttons pas contre la mobilité internationale, embrassons-là, renchérit Julien Barbier, qui dénonce les pleurnicheries des Français. Embauchons des talents américains, des talents algériens, des talents chinois... Et remercions «nos» cerveaux partis vivre à l’étranger".

MPP (www.lepetitjournal.com) jeudi 4 juin 2015

En savoir plus : REVIENS LEON – Comment inciter les expatriés à revenir en France
Le site de l'initiative : http://reviensleon.com/

 
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